La marge de manœuvre des fournisseurs de produits émotionnels

2) La marge de manœuvre des fournisseurs de « produits émotionnels »

Voyons maintenant un autre outil stratégique, plus récent, qui nous servira d’approche davantage ciblée par rapport à notre étude, axée sur le marketing sensoriel.

Georges Chétochine distingue les marques dans le cadre de la grande distribution comme nous distinguerons ici les produits offerts par des fabricants de prêt-à-porter à des magasins multimarques. L’auteur du Marketing des émotions voit dans les marques les variables plaisir, anxiété et attachement37. Celles-ci permettent selon lui aux acheteurs d’exercer plus ou moins de pression sur leurs fournisseurs.

Ossature de notre interprétation :

Imaginons que les Galeries Lafayette soient notre magasin multimarques de référence. Il a un positionnement luxe et se caractérise par sa volonté de soigner l’environnement de l’espace de vente. Nous ne tiendrons pas compte, dans ce cas pratique, qu’il abrite des marques aux statuts différents, certaines étant présentes sous-forme de corners indépendants où les salariés dépendent de la marque de vêtement qu’ils représentent et non des Galeries Lafayette. Ainsi, on agira comme si le référencement de tous les articles des enseignes présentes dans le multimarques était soumis à la décision du grand magasin.

On définira la variable plaisir comme la qualité d’un produit à procurer un agrément à son consommateur, la variable anxiété comme l’insatisfaction d’un client

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La matrice BCG, un révélateur de pouvoir de force

La matrice BCG, un révélateur de pouvoir de force

C. L’art de la négociation

On pourrait ici énumérer et analyser des techniques de négociation recommandées par certains professionnels des Achats : se fixer un objectif minimum, un objectif « raisonnable » et un objectif maximum, avancer des arguments généraux ainsi que des arguments de menace, prévoir une « dynamique du succès » qui veut que l’on évoque en premier avec notre fournisseur les points les moins délicats, élaborer une grille d’entretien… Cela dit, ceci reviendrait à parler trop généralement de procédés, dont l’application doit pourtant être propre à chaque situation.

Il semble plus intéressant de proposer une interprétation de deux modèles managériaux qui nous permettront de classifier les fournisseurs selon leur pouvoir de négociation. Cet examen visera à définir comment aborder tel ou tel fournisseur.

1) La matrice BCG, un révélateur de pouvoir de force

Dans le but de classifier les fournisseurs de sorte à procéder au choix des partenaires amont, Olivier Bruel propose d’observer l’état de leur portefeuille d’activités et intègre un modèle utilisé en sciences du Marketing : il utilise la matrice du Boston Consulting Group pour évaluer la position du fournisseur par rapport à ses acheteurs35.

Plus qu’un critère de sélection des fournisseurs, nous verrons ici une façon de savoir comment négocier avec eux. A cet outil du BCG nous agrègerons l’analyse du cycle de vie du produit de façon à croiser les angles de vue et à estimer au mieux le rapport de force entre

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L’acheteur, les fournisseurs et le marketing achat

L'acheteur, les fournisseurs et le marketing achat

L’acheteur, les fournisseurs et le marketing achat

2) L’acheteur comme interlocuteur des fournisseurs

La recherche d’un fabricant

Il s’agit à présent de trouver LE bon fournisseur pour LE bon client, le processus d’évaluation et de sélection des fournisseurs étant, selon les professionnels de l’Achat, la démarche centrale du travail de l’acheteur26.

26 BRUEL Olivier, (2008), op. cit. (page 99)

Dans cette tâche, la première étape pour l’acheteur est de connaître les différents acteurs susceptibles de répondre aux attentes des clients de son entreprise.

Pour ce faire, il est censé se documenter grâce à une multitude de sources d’information mises à sa portée.

Hormis les listings de fournisseurs avec lesquels l’entreprise travaille déjà, l’acheteur peut se référer à divers supports, la liste suivante ne prétendant pas être exhaustive :

  • Les catalogues des producteurs, papiers ou électroniques, permettent en général d’accéder à des descriptifs détaillés des produits qu’ils proposent, ainsi qu’à leurs tarifs, leurs conditions générales de vente, etc.
  • Les représentants sont un moyen privilégié d’entrer en contact avec un fabricant mais ils ont un intérêt économique à « vendre » la société qui les mandate et ne sont donc pas impartiaux.
  • La presse professionnelle présente l’avantage d’être objective et même critique.
  • Les annuaires sont relativement complets et régulièrement mis à jour.

L’acheteur peut également obtenir des informations auprès de fédérations, de syndicats professionnels, lors de salons ou de congrès.

De plus, une façon efficace et rapide pour l’acheteur de s’informer sur les fournisseurs est le recours à son réseau personnel :

Les acheteurs confrères, à condition bien sûr qu’ils ne travaillent pas pour une entreprise concurrente, constituent un excellent moyen d’avoir des indications sur le taux de service et la qualité de tel ou tel producteur.

Concernant l’étape de présélection des fournisseurs, notons la pertinence de s’adresser à des agences de notation financière, qui permettent d’évaluer la santé économique des industriels.

Bien que ce soit la partie acheteuse qui les paye et non l’inverse, il est utile de savoir si leurs finances leur permettent de produire les quantités prévues en temps et en heure et de livrer leurs revendeurs car la rupture de stock suppose un manque à gagner et coûte cher au distributeur.

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L’acheteur et le marché : les tendances et les clients

L'acheteur et le marché : les tendances et les clients

L’acheteur et le marché : tendances et clients

B. L’acheteur et sa connaissance du marché

« Il y a une richesse d’analyse pour rechercher la convergence entre les besoins de l’entreprise et le marché des fournisseurs, puisqu’un jour on travaille avec nos collègues du marketing, un autre jour avec les informaticiens » nous dit Françoise Odolant-Missant, Directrice des Achats d’abord de Valéo, puis d’Euro Disney et actuellement de la Caisse d’Epargne16.

Ces propos reflètent parfaitement le rôle d’interface qu’a l’acheteur entre d’une part les fabricants, constituant le marché amont, et d’autre part les clients internes et indirectement les clients externes, tous deux formant le marché aval.

Toutefois, la cible du marketing sensoriel étant le consommateur, nous nous concentrerons sur l’aptitude des acheteurs à faire se rencontrer l’offre d’un producteur avec la demande d’un client final.

1) La compréhension des tendances et des clients

Avant de réfléchir à son portefeuille fournisseurs, l’acheteur doit être en mesure de déceler les mouvements de mode et les tendances de fond et est supposé déchiffrer les goûts des consommateurs ciblés par son entreprise.

Ainsi, si la transaction opérée avec les fournisseurs a bien sûr lieu avant que le produit ne soit distribué aux clients, le travail de l’acheteur est comme qui dirait inversé :

Il consiste tout d’abord à étudier la clientèle, pour ne s’adresser aux producteurs qu’en fonction de la perception de celle-là.

Effectivement, l’acheteur ne peut ignorer les attentes de ses clients et référencer des produits qui ne répondraient qu’à ses critères de choix personnels.

C’est pourquoi le métier d’acheteur va bien au-delà de la rencontre et de la négociation avec les fournisseurs et comprend maintenant une démarche qui intègre des notions de marketing telles que le positionnement de la marque17.

Par conséquent, les métiers se chevauchent de plus en plus.

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L’acheteur : l’importance du rôle et de la mission

L'acheteur : l'importance du rôle et de la mission

L’acheteur, l’importance du rôle et de mission de l’acheteur

2) Acheteur, un poste de plus en plus valorisé

Acheter est une nécessité. Le faire de façon stratégique et optimisée l’est plus encore, et en périodes d’incertitude économique cela devient une priorité.

Il convient de prendre en compte l’énorme voie d’amélioration que la fonction Achats représente pour la création de valeur et l’équilibre du compte de résultat, surtout en moments de crise, durant lesquels l’augmentation des ventes est tout sauf garantie.

José Valderrama est directeur général de Fullstep, un cabinet de conseils spécialisé dans l’accompagnement de projets achats.

Celui-là déclare qu’avec un bon maniement de la fonction Achats, « une entreprise peut obtenir des économies supérieures à deux chiffres »9.

Qu’on en doute est une chose, mais on ne peut que reconnaître les atouts de cette fonction transverse qui, avant de proposer la solution la plus adaptée aux besoins des clients, analyse les contraintes de tous les services de l’entreprise (Département Financier, Recherche et Développement, Marketing, etc.).

9 VALDERRAMA José, op. cit.

L’émergence de cette fonction n’est plus à démontrer tant les publications qui relèvent de ce sujet sont fréquentes, aussi bien dans la presse spécialisée que généraliste.

Plus concrètement, il existe même des cabinets spécialisés dans le recrutement des acheteurs, tels que l’agence Big Fish.

Un nombre d’ailleurs grandissant d’offres d’emploi dans ce domaine est preuve de l’intérêt que ce

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La pertinence de la fonction Achats sur différents secteurs

La pertinence de la fonction Achats sur différents secteurs

La pertinence de la fonction Achats sur différents secteurs

Partie I

Les responsabilités de la fonction Achats

A. La place des Achats actuellement

Bien qu’encore parfois qualifiée de « fonction support » et non de « fonction stratégique », la fonction Achats est l’objet d’une considération grandissante parmi les acteurs économiques.

Depuis une trentaine d’années, de plus en plus d’entreprises revoient leur chaîne de valeur pour attribuer plus d’importance aux activités d’achats2.

Effectivement, les mérites qu’on attribue au service Achats sont riches et divers.

En outre, plus on accorde de poids à celui-ci dans l’organigramme de l’entreprise, plus il est en mesure de développer son potentiel et d’être source de Valeur Ajoutée.

1) La pertinence de la fonction Achats sur différents secteurs

Il va sans dire que le monde tel qu’il est aujourd’hui est chaque jour plus difficile à satisfaire, non seulement en termes de quantité mais aussi en termes de qualité.

Ceci est dû tout d’abord à l’accroissement de la population mondiale qui, faut-il le rappeler, a été multipliée par six en à peine deux cents ans3.

D’autre part, les habitants des pays industrialisés, suivis des pays émergents, consomment individuellement de plus en plus.

A titre d’exemple, on notera une voiture tous les deux habitants des Etats-Unis4, l’achat d’un véhicule se transformant en un acte beaucoup moins impliquant qu’en Europe.

A la croissance démographique et à l’augmentation du rythme de consommation, vient s’ajouter un troisième facteur, celui

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Optimiser le marketing sensoriel par les achats

La fonction Achats au service du marketing sensoriel

Découvrez comment le marketing sensoriel, en lien avec les méthodologies d’achats, peut devenir un atout stratégique pour les entreprises cherchant à se différencier sur un marché saturé.

Marketing sensoriel et fonction Achats : une alliance : Découvrez comment le marketing sensoriel et la fonction Achats se combinent pour optimiser la satisfaction client, révélant des stratégies innovantes pour les entreprises.

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La location d’espace : s’approprier une marque et ses valeurs…

La location d’espace : s’approprier une marque et ses valeurs…
Nous venons de voir que travailler sur l’identité de marque d’un lieu est un moyen de rassurer les parties prenantes, toutes confondues, afin qu’elles aient envie avant même qu’on les sollicite de prendre part aux valeurs défendues par cette marque-lieu.
La location d’espace autre levier de fonds propres est sans doute la manière la plus exaucée de prendre part au lieu et à son image puisque l’entreprise qui loue l’espace s’approprie physiquement ce lieu.
Parfois ce sera seulement pour l’espace en lui-même (tournages de films) mais bien souvent c’est également l’image que porte ce lieu qui avive la volonté de s’approprier tel lieu plutôt qu’un autre.
Or, une grande richesse des lieux culturels réside dans leur espace. Généralement spacieux, adaptés à l’accueil d’un vaste public et bijoux d’architecture, ils ont tous les atouts pour attirer des réceptions, des lancements de produits, des tournages de film ; en somme tout événement qui nécessite un lieu vaste, aux normes et esthétique.
Ce poste budgétaire, couramment appelé la « location d’espace » est un levier de ressources très intéressant pour les lieux culturels.
Peu à peu, on note une ouverture des lieux de spectacle mais plusieurs difficultés s’opposent à un fort développement. Il convient de les répertorier pour pouvoir dans une certaine mesure les déjouer.
Comme tout déploiement d’activité, louer ses espaces est

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Quand la marque rassure le banquier

Le recours aux actionnaires et aux concours bancaires : quand la marque rassure le banquier
Pour lancer une activité de spectacle dans le secteur privé, il est indispensable de recourir, au moins en phase d’investissements, à des actionnaires et à des concours bancaires pour faire face aux besoins de trésorerie.
Cette ressource propre est spécifique du secteur privé. Dans le secteur subventionné, ce sont les subventions d’investissement et de fonctionnement qui pallient ces difficultés financières intervenant notamment dans la phase de lancement des projets.
Comment attirer des actionnaires et plus encore des banquiers ? Rien n’est moins sûr que le succès artistique…
Pour les producteurs privés, il s’agit donc de façonner une image rassurante et engageante. Olivier Poubelle nous explique que l’achat de salles parisiennes prestigieuses de concert et de théâtre a d’abord été motivé par la volonté d’accroître leur « crédibilité ». Autrement dit, de donner envie au banquier de « faire crédit » à leur activité.
Ce mécanisme rejoint tout à fait la logique de marque. Avoir des marques, des symboles, à ses côtés, rassure le banquier, minimise le risque perçu par renforcement de la confiance. La Maroquinerie, Le Bataclan, La Flèche d’Or, le Théâtre des Bouffes du Nord sont autant d’atouts à mettre en avant pour bénéficier d’une assistance bancaire intéressante. De fait, la Maroquinerie et La flèche d’Or rapportent peu relativement à d’autres salles mais

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Mécénat et spectacle vivant, un couple conflictuel ?

Mécénat et spectacle vivant, un couple conflictuel ?

Le mécénat

Retour sur la définition

Le mécénat se traduit par le versement d’un don en numéraire, d’un don en nature (remise d’un bien immobilisé, stocks de marchandises, prestations de services, mise à disposition de moyens matériels, personnels ou techniques) ou d’un don en compétence (mise à disposition de ses compétences au bénéfice de l’organisme). L’arrêté du 6 janvier 1989 « relatif à la terminologie économique et financière » définit le mécénat comme : « Le soutien matériel apporté sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une œuvre ou à une personne pour l’exercice d’activités présentant un intérêt général ».
C’est ce « désintéressement », l’absence de contrepartie directe, qui différencie le mécénat du parrainage. Le parrainage n’est pas un acte philanthropique mais une véritable prestation de service, un acte de commerce et est valorisé comme tel comptablement.
La loi n°2003-709 du 1er aout 2003 relative au mécénat, dite loi Aillagon, a renforcé les déductions fiscales pour les particuliers et les entreprises, a assoupli les restrictions encadrant les contreparties attribuables aux mécènes et a modernisé le droit des associations et fondations.
Désormais, l’entreprise peut bénéficier d’une réduction d’impôt équivalente à 60% du don, dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaire. Elle peut étaler la réduction sur cinq exercices. De plus, elle peut bénéficier de contreparties si tant est qu’elles

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Services annexes et produits dérivés : étendre l’émotion ?

Profiter de services annexes, acheter des produits dérivés et des spectacles, mécéner, parrainer ou prêter : le sentiment de s’associer à une marque et de partager ses valeurs…
Construire une marque de lieu permettra de développer les leviers de fonds propres en ce sens où chaque fois, l’achat de tel ou tel service ou produit générant des fonds propres pour la structure sera motivé par la volonté de prendre part à la valeur qu’incarne la marque.
Services annexes et produits dérivés : étendre l’émotion ?
En général, la marque est un moyen de susciter des émotions chez le consommateur dont le désir d’achat sera sans cesse renouvelé par ces associations émotionnelles. Le vendeur doit travailler dans sa communication, dans le packaging et dans tout contact avec le client cet environnement émotionnel. Dans le cas du spectacle vivant, la marque vient après l’émotion en quelque sorte. L’émotion est indépendante de la marque, le spectacle est une succession d’événements qui revêtent une émotion si différente soit elle au grès des spectacles. Dès lors, la marque pourra venir ensuite seulement donner un nom générique aux émotions vécues. Il sera alors possible de passer du service fondateur aux services annexes et aux produits dérivés grâce au vecteur marque, générique des valeurs et « sentiments » attachés à ce bien expérientiel.
La cohérence, gage de la force de la marque
La marque se bâtit par la convergence, la cohérence de tout

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Quand la marque permet de rassurer, les fonds propres sont assurés

2.2 Quand la marque permet de rassurer, les fonds propres sont assurés
Pour toutes les raisons vues précédemment, la marque, parce qu’elle facilite l’adhésion si elle est construite avec pertinence, permet d’attirer plus aisément les publics des différentes propositions que peut faire un lieu de spectacle et qui génèrent des ressources.
Par publics, nous entendons toutes les parties prenantes extérieures de l’entreprise, tous ceux qui viennent chercher une place (de spectacle, sociale, économique) dans un lieu et apporte en contrepartie une ressource (paiement de la place, d’un service annexe, don philanthropique, etc.).
De la billetterie au mécénat en passant par la conception de produits dérivés et la location d’espace, tous ces leviers de fonds propres seront dynamisés par l’effet de marque.
La marque ou l’oubli du prix
Un des freins s’opposant à une réflexion poussée en matière de stratégie tarifaire à mettre en place dans les lieux subventionnés semble résider dans le souci de la « démocratisation culturelle » et de l’accès à tous aux spectacles.
Deux objections peuvent être dores et déjà relevées :
D’une part, le coût n’est pas l’obstacle qui empêche le « non-public » du lieu à venir puisqu’il a déjà été constaté maintes fois que ce même public n’accourt pas quand bien même une politique de gratuité est mise en place et au contraire sera capable de payer le prix fort pour assister au spectacle de son groupe préféré. Nous

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Des grandes marques et des petites marques

Des grandes marques et des petites marques
Dans le milieu culturel comme dans tous les secteurs économiques, on distingue des « pionniers » (l’Opéra national de Paris dans le spectacle vivant capte presque exclusivement les dons en mécénat) et des suiveurs ou des suivants. Il est souvent plus aisé de fidéliser lorsqu’on est une grande marque.
La grande marque ne fidélise pas par un miracle ou une vertu magique de son nom. Elle fidélise parce qu’elle en fait plus (plus de service, plus de relation, plus de réassurance) et qu’elle le fait savoir, ce qui par voie de conséquence crée des barrières à l’entrée de nouveaux concurrents.
Que faire alors quand on est plus petit, quand on est un challenger ?
Le challenger évite l’attaque frontale, mais capitalise sur la faiblesse du leader qu’il va révéler par ses actes.
Avec moins de ressources, le challenger doit faire des sacrifices : il ne peut imiter les actions du leader en plus petit. Il doit concentrer ses ressources sur un seul front. Enfin, il doit être plus créatif, réactif, plus proche du terrain, plus proche des gens (n’est pas ce qui a fait le succès de certains théâtres itinérants dit « théâtres en appartement » ? Ils ont en effet misé sur le service à domicile, brèche non comblée par les lieux de spectacle institutionnels). Face à l’évidence et la simplicité (acheter le leader omniprésent), le client doit avoir une vraie bonne raison pour acheter le challenger.
Kapferer développe également l’idée

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Se penser comme une marque, Devenir une marque

Se penser comme une marque
Devenir une marque
On ne nait pas marque, on le devient progressivement, on peut cesser de l’être. Il faut bien distinguer les préalables de la marque (disposer de l’exclusivité, d’un bon nom et d’un bon signe) et la construction du capital marque, c’est à dire d’une place privilégiée dans l’esprit et le cœur du public visé par cette marque et ses produits ou services.
On est vraiment devenu une marque lorsque, auprès d’une fraction croissante de la population visée, la seule mention du nom ou la seule vue du symbole évoquent des satisfactions exclusives, fortes et certaines.
Les ingrédients pour devenir une grande marque sont dès lors les suivants :
‐ définir sa différence
‐ cibler et peaufiner les facettes de notre différenciation (ce qui correspond au positionnement de la marque)
‐ avoir une stratégie de développement
‐ miser sur l’excellence opérationnelle et savoir récompenser les clients les plus importants
‐ savoir se maintenir par l’innovation permanente à tous les niveaux : produit, procès, service commercial, publicitaire, promotionnel, sponsoring, distribution, logistique…
Pour toutes les institutions non commerciales, se penser comme marque, c’est d’abord faire preuve de modestie car il faut déjà faire accepter en interne que l’on est un choix parmi d’autres sur un marché externe très concurrentiel. C’est ensuite faire preuve de perspicacité en diagnostiquant

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Qu’apporte la marque in fine ? Une prime de prix et de confiance

Qu’apporte la marque in fine ?
Un actif de plus
La marque est un modèle de management adapté à la situation concurrentielle des économies développées, le seul à pouvoir faire contrepoids à la tendance naturelle à mener la concurrence par les prix.
La marque est donc un levier plus fort de fidélisation que toute stratégie de fidélisation par les prix.
Certes, un programme de fidélisation prenant la forme dans le spectacle vivant de l’abonnement, peut être une opportunité pour démontrer pendant ce temps là que cette prison est un Eldorado. Encore faut-il que la marque ait travaillé sur sa différenciation et les moyens de la rendre tangible, de l’activer aux nombreux points de contact avec le spectateur.
En comptabilité, la marque est un actif. Qu’est-ce qu’un actif ? Un élément matériel ou immatériel, possédé par l’entreprise (elle peut donc le louer, le concéder ou le revendre) producteur de bénéfices au-delà de la période comptable de référence.
A contrario, mener des programmes de fidélisation fondés sur une baisse de tarif, des promotions, revient à contracter une dette croissante dont on espère qu’elle ne sera pas employée trop largement car l’entreprise ne serait pas à même d’y répondre. On finance un bénéfice à court terme par une dette à long terme.
En réalité la vraie fidélité est la fidélité à la marque. Kapferer indique très justement qu’un client vaut cher si ses ré-achats ne dépendent pas

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