Vers un nouveau modèle du contrat d’assurance automobile?
Chapitre 3. Vers la fin du modèle traditionnel du contrat d’assurance automobile ?
Peu importe ici le stade d’automatisation du véhicule, son déploiement bouleversera l’approche des enjeux de responsabilité du conducteur en cas d’accident mais également le montant, le type et la souscription de l’assurance automobile.
Un tel bouleversement arrivera plus tôt que l’on ne le croit, c’est pourquoi les assureurs vont devoir s’emparer du sujet, qu’ils soient sceptiques ou non vis-à-vis de cette transformation potentielle, parce qu’ils jouent un rôle essentiel dans le déploiement des voitures autonomes.
Section 1. Le bouleversement induit par le déploiement de véhicule à conduite déléguée en assurance.
§1. Une baisse de sinistralité significative: quel avenir possible ?
La répercussion principale sera certainement la baisse de fréquence des accidents (qui en soit, n’est pas une chose dont se plaindront les assureurs).
On parle de 80% d’ici 2040 (selon une étude du cabinet KPMG réalisée en juin 201571).
71 Ghanimé N. Le véhicule autonome va transformer la façon dont les assureurs évaluent le risque, 14 août 2016 – Journal le Monde: http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/08/14/la-rupture-technologique-du-vehicule-autonome-va-transformer-la-facon-dont-l-industrie-evalue-les-risques_4982511_3232.html
En termes d’indemnisation, ce sont surtout les dommages corporels qui coûtent cher aux assureurs, on peut donc imaginer qu’avec moins de sinistres, les cotisations seront moindres car elles sont fonction de ces derniers.
La « matière assurable » comme on pourrait l’appeler risque de s’amenuiser de plus en plus et induire par la même une répartition des risques différente.
On peut s’attendre à un rabais de prime plus considérable avec des taux de prime déjà plus bas que la normale en raison d’une conduite plus sûre avec de tels dispositifs.
C’est le système de mutualisation qui serait remis en question selon certains spécialistes. Selon une analyse actuarielle du cabinet KPMG effectuée en 2014, il se pourrait que dans 25 ans le marché de l’assurance automobile pèse 40% de moins qu’actuellement.
§2. Une toute nouvelle concurrence: des constructeurs automobiles assureurs ?
Certains constructeurs automobiles ont commencé à évoquer la possibilité pour eux, lorsque les véhicules automatisés seront commercialisés, d’intégrer dans le prix d’achat le coût de la souscription d’une assurance automobile.
Ce qui serait une menace supplémentaire pour les assureurs automobiles…
