Formation du prix selon la théorie de l’efficience insuffisante
Première partie – La théorie économique bouleversée par la force explicative de la finance comportementale
Toute la finance moderne s’est construite sur la base de la théorie de l’efficience des marchés financiers. S’appuyant sur les mathématiques, elle fut qualifiée par la quasi-totalité des auteurs, et c’est encore l’opinion dominante, de paradigme scientifique.
Evoquer simplement sa remise en cause aurait relevé de l’hérésie. Seul le marché osa en révéler les faiblesses (I), rendant alors possible l’avènement de la finance comportementale. Celle-ci a eu l’occasion de présenter sa conception des marchés financiers, et le résultat est surprenant (II).
I. Une théorie de l’efficience insuffisante
La pensée économique néolibérale a largement influencé l’analyse des marchés financiers faite par la finance classique. Son raisonnement, dont la rigueur s’inspire des démonstrations mathématiques, semble infaillible (A). Mais bénéficier d’une assise théorique solide ne suffit pas à appréhender les marchés. Adoptant une approche platonicienne, la théorie de l’efficience tente de nier le réel, mais celui-ci finit par le rattraper (B).
A. Une construction théorique puissante
Toute la finance moderne s’est construite sur la théorie de l’efficience des marchés financiers (1). La transparence et les obligations d’information sont la traduction juridique de cette théorie (2).
1. La formation du prix selon la théorie de l’efficience insuffisante
Au sens courant,
