Première partie : Les règles limitant la pratique irrégulière des prix de transfert
Lors des opérations entre entreprises multinationales, il est indispensable que les entreprises internationales domiciliées au Cameroun effectuent des transactions avec des entreprises du même groupe mais domiciliées hors Cameroun.
Ces entreprises sont souvent soupçonnées de fixer des prix sur ces transactions qui ne sont pas conformes, faussant leur base d’imposition. Et dans ce cas, font l’objet de transfert indirect des bénéfices si la législation fiscale de cet État n’est pas très claire du fait de sa politique fiscale.
Telle est la problématique que pose les prix de transfert, relativement à la fixation, à l’analyse et à l’ajustement des prix pratiqués par les entités liées et implantées dans des pays différents au regard des biens cédés, des services fournies ou des droit concédés.
D’où l’importance de la maitrise des prix de transfert aussi bien pour le contribuable que pour l’administration fiscale camerounaise.
Le Cameroun dans le but de protéger sa base d’imposition et de traiter la problématique que pose les prix de transfert, d’améliorer et rendre transparente sa fiscalité, a adhéré à des organismes internationaux qui eux, préconisent des règles internationales devant s’appliquer aux prix de transfert ( Chapitre 1 ) et dont la législation et la doctrine fiscales camerounaise s’en approprient ( Chapitre 2 ).
Chapitre 1 : Le choix des règles internationales applicables en matière de prix de transfert
Conscients de la problématique que pose les prix de transfert au sein des différents Etats membres, les organismes internationaux ( Section 1 ) dans le but de faire face à cette problématique, ont mis ou ont pour projet de mettre sur pieds des règles relatives aux prix de transfert.
Mais du fait que certains de ces organismes ont encore pour projet de mettre sur pieds ces règles, on s’est attelé sur celle déjà en application mise sur pieds par l’OCDE ( Section 2 ).
Section 1 : Les organismes internationaux proposant des règles.
Dans le but d’aider les Etats à lutter contre la corruption, la fraude et l’évasion fiscale, des organismes internationaux ont vu le jour notamment l’OCDE ( Paragraphe 1 ) et l’ATAF ( Paragraphe 2 ), qui avec leur coopération, ont pour projet de fournir des programmes d’assistance technique sur les prix de transfert à nombre de ses pays membres, devant être mise en œuvre par les entreprises multinationales et les administrations fiscales pour encadrer les prix de transfert.
Paragraphe 1 : l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique ).
L’OCDE est une organisation internationale qui ayant un rôle défini ( A), encadre les prix de transfert tout en mettant sur pieds des méthodes devant servir à la fixation des prix de transfert (B).
A : Rôle de l’OCDE
L’OCDE est une organisation internationale ayant vue le jour en 1961 à Paris, qui a un secteur d’activité défini (1) et des missions définies (2).
1- Secteur d’activité
L’Organisation de Coopération et de Développement Économique en abrégé OCDE, est une organisation internationale qui collabore avec d’autres organismes internationaux ( Commission de l’Union Africaine et bien d’autres ) dans des secteurs où des stratégies internationales qui à travers les échanges d’informations ou renseignements entre différents pays et organismes, transparence, encourage une coopération internationale efficace, qui améliore les résultats économiques et la vie quotidienne des Etats.
Cette collaboration ou coopération ou encore échange de renseignements et transparence, a permis à l’OCDE de mettre sur pieds des normes internationales à des fins fiscales (conventions ) en occurrence la convention ONU et OCDE en matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale auquel le Cameroun est la 70e juridiction à s’y joindre.
L’évasion fiscale internationale quant-à elle se comprend comme étant ‘’ le fait pour une entreprise de localiser tout ou partie de ses profits imposables dans les paradis fiscaux par la pratique des prix de transfert. 17’’en d’autre terme, c’est le fait pour une multinationale d’exploiter de manière légale ou illégale les failles et les différences entre régimes fiscaux afin de s’acquitter d’un montant d’imposition nettement inférieur au taux d’imposition légal.
Dans le but de s’enrichir et d’appauvrir l’Etat les accueillant18.
2- Missions de l’OCDE
Ayant un secteur d’activité extrêmement vaste, l’OCDE vise à promouvoir les politiques aptes à améliorer le bien être économique et social partout dans le monde.
L’OCDE dans le domaine de la fiscalité, aide non seulement des Etats, mais aussi des entreprises dans la réalisation d’une fiscalité optimale, et cela passe justement par la mise sur pieds des conventions multilatérales, des rapports d’examens conformes aux standards internationaux auxquels les Etats et entreprises devront s’en tenir pour mettre sur pieds leurs propres règles.
B : Méthodes de fixation des prix de transfert proposées par l OCDE
L’OCDE dans Les principes applicables en matière de prix de transfert à l’intention des entreprises multinationales et les administrations fiscales, distingue en effet cinq méthodes de fixation des prix de transfert, classées en deux grands groupes. Notamment les méthodes traditionnelles fondées sur les transactions (1) et celles transactionnelles fondées sur les bénéfices (2)
17 Lexique des termes juridiques Dalloz 22e édition P.440
18 MADELEY (J), « Les multinationales et les pays en développement : Puissance commerciale et pauvreté », Le Courrier ACP-UE, n°196,2003,P.36 et s.
1- Méthodes traditionnelles fondées sur les transactions
Cette méthode a pour objet de mesurer soit le prix en partant sur les transactions sur le marché libre, soit le coût, soit la marge brute.
Elle consiste de manière plus simple à mesurer si les conditions financières et commerciales des entreprises sont des conditions de pleine concurrence; elle fonde la détermination des prix de transfert sur l’étude des caractéristiques des transactions entre entreprises associées19.
On distingue trois méthodes traditionnelles fondées sur transactions :
* La méthode du prix comparable sur le marché libre
Cette méthode consiste à comparer les prix des biens, services des transactions contrôlées à celui des biens, services des transactions sur le marché libre dans les circonstances comparables.
En d’autre terme, ça vise à comparer le prix des transactions entre entreprises associées à celui des mêmes transactions par les entreprises ‘’référentes’’20 ou indépendantes.
L’élément essentiel à comparer ici est le prix du marché. S’il est identique aux deux entreprises, il respecte le principe de pleine concurrence, s’il ne l’est, il ne respecte le principe de pleine concurrence et dans ce cas opérer des correctifs.
Ces correctifs visent à entraîner une homogénéisation des termes de comparaison à condition de tenir en compte toutes les différences sur la situation du prix contrôlé, analysé avec celui dans lequel se trouvent les entreprises indépendantes. 21
Cette méthode porte sur les produits tels que les matières premières et adapter aux entreprises spécialisées dans la commercialisation des marchandises couramment vendues sur le marché.
Cette méthode est la plus fiable pour déterminer les prix de transfert, mais on relève quelques limites notamment elle n’apporte pas suffisamment de données de qualité sur les opérations non contrôlées ; il n’est pas possible de quantifier de façon plus fiable les différences entre les opérations contrôlées et celles non contrôlées.
* La méthode transactionnelle du prix de revente
Cette méthode tout d’abord porte sur le prix auquel un bien ou service est acheté à une entreprise associée et revendu à une entreprise indépendante.
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