L’Humanité : les émeutes de 2005 reflet d’un mal aise social

B. L’Humanité : les émeutes reflet d’un malaise social
En comparaison avec les autres quotidiens, L’Humanité a été un petit peu plus tardivement sensible aux premiers incidents. En effet, si dans les autres quotidiens les événements apparaissent en une dès le 29 octobre et font l’objet d’au moins un ou deux articles conséquents, à cette date, L’Humanité ne leur consacre qu’un encadré de quelques lignes, en bas d’une page de la rubrique « Société ». Il faudra attendre la prochaine édition, le 31 octobre et la marche silencieuse des familles et des habitants de Clichy-sous-Bois à la mémoire de Zyed et Bouna, pour qu’un titre, « Clichy-sous-Bois. Une marche de la dignité », apparaisse en une et qu’une page entière soit consacrée aux événements. Le 2 novembre, la couverture du quotidien devient tout à fait équivalente du point de vue de l’espace consacré, à celle du Monde, du Figaro et de Libération. Les événements font la une principale et environ cinq articles, répartis sur trois pages, leur sont consacrés. Pour autant quelques points marquent une différence entre la couverture de L’Humanité et celle des

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Libération et les émeutes  2005 : faire parler les jeunes de la vie quotidienne

II. DES JOURNAUX AU TRAITEMENT PLUS SOCIAL : LIBERATION ET L’HUMANITE
A. Libération : l’occasion de faire parler les jeunes de la vie quotidienne
L’importance accordée aux événements par Libération en terme de quantité d’articles, de une et d’espace, est un petit peu plus élevée que pour Le Monde et Le Figaro. En effet, si l’on reste globalement dans le même ordre de grandeur, on note tout de même un nombre un peu plus important d’articles – 227 au total, soit en moyenne neuf articles par éditions344 – et un nombre de pages, au plus fort du traitement des événements, un peu plus conséquent – Libération ira jusqu’à leur consacrer neufs pages et une vingtaine d’articles, le 8 novembre. En revanche, aucun décalage en ce qui concerne le début de la couverture des premiers incidents. Comme pour la majorité des quotidiens de notre corpus, Libération les fait apparaître en une – sous la forme d’un titre en colonne – et leur consacre ses premiers articles dans l’édition du week-end du 29 et 30 octobre. Et dès le 31 octobre, les événements constituent la une principale du quotidien. Sous une photo de la marche

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Le Figaro : violences émeutières, réactions politiques et suites judiciaires

B. Le Figaro : violences émeutières, réactions politiques et suites judiciaires très suivies
Dans les pages du Figaro, les émeutes de l’automne 2005 ont occupé un espace comparable à celui consacré par Le Monde. Un peu plus de 200 articles et une trentaine de tribunes ont été publiés sur le sujet, soit sensiblement le même nombre d’écrits pour les deux quotidiens. Leur réactivité face aux premiers incidents est également comparable. Le Figaro mentionne également en une les premières violences à Clichy-sous-Bois dès l’édition du 29 et 30 octobre315. Et cet encadré, qui ne constitue que quelques lignes, intitulé « Clichy-sous-Bois après les émeutes », augure une série de plus d’une quinzaine de une sur les événements. En effet, dès le 31 octobre, les événements constituent la une principale du journal (« Violences urbaines : la banlieue parisienne sous le choc ») et il en sera ainsi jusqu’au 10 novembre. Les événements font également l’objet d’un traitement abondant en terme d’espace et d’articles.
Dès les premiers jours de novembre, c’est une page complète qui leur est entièrement consacrée et

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Le Monde et les émeutes 2005 : des acteurs politiques très présents

Un discours médiatique spécifique et hétérogène selon les quotidiens – Partie II :
Le discours journalistique sur les émeutes de novembre 2005, a été particulièrement hétérogène selon les quotidiens. En effet, si dans l’ensemble, chaque journal a abordé les événements émeutiers, la situation socio-économique des banlieues, les réactions politiques ainsi que la gestion des événements par le gouvernement281, tous ne l’on pas fait de la même manière, ni dans les mêmes proportions. Chacun a privilégié certaines de ces thématiques, en a “délaissé” d’autres ou les a abordées de manière différentes. Le Monde, Le Figaro, Libération, L’Humanité et Le Progrès ont adopté des traitements spécifiques et développé des discours hétérogènes, comme nous allons le voir. Pour autant, trois grands registres de lecture et d’approche des événements peuvent être dégagés. Le premier, que l’on peut qualifier de “politique”, car les journaux concernés (Le Monde et Le Figaro) axent leur traitement sur la gestion et les réactions des acteurs politiques institutionnels, le second que l’on peut qualifier de “social” ou tout

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Des émeutes urbaines en France depuis les années 1970…

II. DES EMEUTES INSCRITES DANS L’HISTOIRE DES VIOLENCES EMEUTIERES
Si les émeutes de 2005 ont surpris par leur ampleur et si les observateurs s’accordent sur leur caractère inédit – nous venons de le voir – il n’en reste pas moins que ce ne sont pas les premières que connaît la France, et qu’au regard de leurs aspects les plus généraux, elles s’inscrivent dans l’histoire d’un quart de siècle d’affrontements et de violences en banlieue, mais aussi dans une histoire plus longue du phénomène émeutier. En effet, selon Didier Lapeyronnie, malgré leurs spécificités, ces émeutes « ne présentent sûrement pas une “rupture” de cette histoire, bien plutôt la consolidation de logiques et de situations déjà lourdement présentes dans les quartiers populaires »220. C’est pour cela que nous avons choisi de revenir sur cette histoire du phénomène et sur l’émergence de sa médiatisation.
A. Des émeutes urbaines en France depuis les années 1970…
Les émeutes urbaines que connaît la France en 2005 ne sont donc pas une nouveauté. Depuis le début des années 1970, le pays connaît des cas d’émeutes dans les

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Les émeutiers, raisons de leur colère et classe politique française

C. Les émeutiers et les raisons de leur colère
Les informations sur les émeutiers sont peu nombreuses. Seules les données tirées des interpellations policières permettent d’obtenir des éléments sur le “profil” des émeutiers, s’il en existe un. Mais rien n’assure que l’échantillon des jeunes interpellés corresponde réellement au profil de la population qui a participé aux émeutes et cela d’autant plus que plusieurs sources indiquent que de nombreuses « interpellations […] se sont produites après les violences, pour beaucoup d’entres elles le lendemain matin. Dans ces cas, les personnes ont été interpellées sur identification par des policiers »194. Les données ainsi recueillies peuvent donc être biaisées car cela a peut-être poussé « les policiers à n’interpeller que dans le périmètre des jeunes qui leur sont connus, voir (dans le plus biaisé des cas) à profiter du désordre ambiant pour interpeller Untel qu’ils espéraient voir tomber depuis longtemps, et contre lequel ils n’avaient pas encore réuni d’éléments suffisants. »195
Toutefois, et avec toutes les précautions que cela requière, un “profil”

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Le déclenchement et le déroulement des émeutes de l’automne 2005

Des émeutes inédites par leur durée et leur ampleur à replacer dans l’histoire des violences urbaines – Partie I :
Afin de mieux appréhender le traitement médiatique des émeutes de l’automne 2005 et de cerner les enjeux de ce discours, il nous paraît nécessaire, dans cette première partie, de revenir sur les émeutes de 2005. Quand ont-elles éclaté ? Où ? Et pour quelles raisons ? Où ont-elles eu lieu ? Pendant combien de temps ? Et sous quelle forme ? Quelle gestion politique et policière en a-t-il été fait ? Et quelles réactions politiques ont-elles suscitées ? Qui étaient les émeutiers ? Quelles étaient les raisons de leur colère ? Sont-elles les premières que connaît la France ou s’inscrivent-elles dans une longue histoire de violences émeutières ? Autant de questions qu’il convient de solutionner pour pouvoir, ensuite, prendre la pleine mesure du discours médiatique et en comprendre tous les aspects. Ainsi, nous nous attacherons, dans un premier temps, à présenter les émeutes de 2005, leurs spécificités et leurs logiques, pour, dans un second temps, voir en quoi elles s’inscrivent dans une histoire plus longue de

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Etude sur les émeutes de l’automne 2005 en France

Problématique et hypothèses
Tous ces éléments, soulevés par les précédentes études que nous avons abordées, nous amènent à nous questionner sur le discours médiatique, ses logiques et son fonctionnement ainsi que sur la manière de l’envisager. Ils nous amènent à questionner également, la place et le poids des médias dans le type de discours produit sur les émeutes. Lors d’événements comme ceux de l’automne 2005, où aucun leader ni représentant n’a véritablement porté la voix des émeutiers – s’il y en avait une – quel type de discours produisent les médias ? Alors qu’il n’y a aucun représentant pour contre balancer ou imposer une vision des événements, comment les médias construisent-ils leur discours ? Sur quelles bases ? Les représentations qu’ils se font des événements, du répertoire d’action utilisé mais aussi des jeunes des cités, de la banlieue et encore plus généralement de l’immigration et de l’islam influencent-elles le discours produit sur les émeutes ? En d’autres termes, le principe d’objectivité, tant mis en avant par la déontologie journalistique, est-il valable ou les journalistes

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Immigration, islam, post-colonialisme et les émeutes de 2005

Immigration, islam, post-colonialisme : d’autres représentations qui peuvent peser
Si les travaux scientifiques sur les émeutes de 2005 mettent au jour certaines représentations que peuvent avoir les individus sur les événements, d’autres représentations plus générales, peuvent intervenir dans la perception des émeutes de 2005. Ainsi, ces précédents travaux peuvent être éclairés par d’autres travaux sur les représentations de la société française dans son ensemble mais aussi des médias, sur l’immigration, l’islam ou encore le post-colonialisme. Et ces travaux sont intéressants au regard de notre objet d’étude car très souvent, un amalgame est opéré entre banlieue, immigration et parfois même islam et qu’une vision post-coloniale peut persister dans la perception des immigrés.
Cette amalgame entre jeunes des quartiers, immigration et islam est notamment mis en évidence par Vincent Geisser, sociologue, dans son livre La nouvelle islamophobie125 :
« alors que la grande majorité des enfants issus de l’immigration africaine, maghrébine et turque sont aujourd’hui des nationaux français, les taxinomies persistent

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Des études sur les émeutes de 2005 aux interprétations diverses

Des études scientifiques sur les émeutes de 2005 aux interprétations diverses
Si des luttes d’interprétation ont lieu, dans les médias, pour imposer une définition légitime des émeutes – nous l’avons vu avec G. Mauger – ce type de débat se retrouve également dans les productions scientifiques. Nombre d’auteurs, au travers de leurs études, tentent de définir ces émeutes, de les expliquer et de leur donner un sens. Au centre de leur questionnement : ces émeutes sont-elles un mouvement social ? Voire même politique ? Pourquoi ont-elles eu lieu ? Qu’elles en sont les causes ? etc. Et nous allons le voir, leurs avis peuvent être assez divergents. Mais au-delà du débat purement scientifique, ces prises de position, ces visions des événements peuvent être éclairantes sur celles que peuvent mobiliser les médias. En effet, les différentes analyses produites par le champ scientifique nous sont utiles pour envisager le type de représentations que peuvent avoir les individus à propos des émeutes de 2005. Il s’agira pour nous d’identifier la présence ou l’absence de certaines représentations repérées dans les travaux scientifiques,

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Traitement médiatique spécifique aux phases d’émeutes en France

Un traitement médiatique spécifique aux phases d’émeutes
Sur le traitement médiatique des émeutes et de ce type d’événement plus généralement, la littérature, même restreinte, apporte également des éléments de réflexion. C’est le cas de l’ouvrage Médias et violences urbaines47, d’Angelina Peralva et Éric Macé, qui porte sur le traitement médiatique des violences urbaines par les médias français. Les auteurs identifient trois régimes distincts de traitement des violences urbaines : un régime de routine, un régime d’exception – propre aux émeutes – et un régime d’amplification. En régime de routine, on observe que généralement les violences urbaines, « devenues invisibles par banalisation »48, sont très peu présentes dans l’espace journalistique. Mais il arrive aussi qu’elles soient parfois subitement dramatisées. En effet, si face à des événements de faible intensité les journalistes réduisent le traitement de ces violences urbaines ou en occultent même l’existence, d’autres acteurs vont tenter de créer l’événement et d’attirer l’attention des médias. C’est le cas notamment des élus ou des

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Les émeutes de l’automne 2005 dans les médias

Les émeutes de l’automne 2005 dans les médias :

Institut d’Etudes Politiques de Lyon

Mémoire de recherche de Master 2 de Science politique

Les émeutes de l’automne 2005 dans les médias :
Les émeutes de l’automne 2005 dans les médias :
étude comparée du traitement de cinq quotidiens français

DEPEYRE Mélissa

Sous la direction de HAMIDI Camille

Année universitaire
2007-2008

Remerciements

Introduction  :

27 octobre 2005. Des incidents éclatent dans la cité du Chêne-Pointu à Clichy-sous-Bois, à la suite de la mort par électrocution de deux adolescents qui, se croyant poursuivis par la police, se réfugient dans un transformateur EDF.
Indignés par la mort de leurs amis, les jeunes du quartier brûlent des voitures et des affrontements ont lieu entre jeunes et forces de l’ordre.
Dans les jours qui suivent, les émeutes1 s’étendent géographiquement et touchent progressivement de nombreuses communes du département de la Seine-Saint-Denis, puis de la région parisienne (Aulnay-sous-Bois, Bondy, La Courneuve, Grigny, Asnières…) et enfin du territoire national dans son ensemble (Rouen, Toulouse, Rennes, Lille, Lyon, Strasbourg…). Pendant près de trois semaines, les banlieues françaises s’embrasent. Environ 300 communes signalent des incidents de gravités diverses2.
Près de 10 000 voitures de particuliers et presque 30 000 poubelles sont incendiées. Plusieurs centaines de bâtiments publics (écoles, mairies, gymnases, commissariats …) sont dégradés ou incendiés et des centaines de bus, voitures de police et camions de pompiers sont “caillassés” et

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L’élaboration d’une licence contractuelle et les phonogrammes

L’élaboration d’une licence contractuelle et les phonogrammes

Section 3 – Des négociations en cours : l’élaboration d’une licence contractuelle

Face aux incertitudes quant à la viabilité du système actuel de licence légale, des négociations ont été amorcées entre les chaînes et les producteurs. Le déroulement et le contenu de ces tractations sont bien entendu tenus secret par les intéressés.

Nous savons cependant que trois chaînes hertziennes (dont les chaînes et ) et la SPPF y participent (contactée, la SCPP n’a pas souhaitée répondre à nos questions). Il s’agissait pour les différents protagonistes du système de redéfinir les contours de la licence légale au lendemain de la décision du 29 janvier 2002.

La Cour de cassation emploie dans cet arrêt le terme « d’incorporation » (repris par la suite dans son arrêt du 19 novembre 2002), sans en donner de définition précise1. Nous avons vu les différentes interprétations qui en ont été faites.

Pour les plus pessimistes, la licence légale ne s’appliquerait plus à la télévision (du moins concernant l’exonération du droit d’autorisation des ayants-droit, puisque en pratique les chaînes s’acquittent toujours de la rémunération équitable), pour d’autres elle continuerait de s’appliquer concernant la seule diffusion des programmes contenant un ou plusieurs phonogrammes mais tout acte de reproduction préalable serait soumis au droit exclusif.

En pratique, la SPRE indique que les chaînes de télévision ont continué de payer une rémunération équitable en 2002 et 2003. La question qui se pose alors est de savoir

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L’avenir du système de la licence légale : Des solutions à apporter

L’avenir du système de la licence légale : Des solutions à apporter

Chapitre 3 – L’avenir de la licence légale

La licence légale survivra-t-elle ? Les décisions rendues par la Cour de cassation, suite à la contestation des producteurs de phonogrammes, qui soumet l’incorporation d’un phonogramme dans un vidéogramme à l’autorisation exclusive des producteurs, furent l’occasion pour les chaînes de découvrir le coût prohibitif et injustifié de la rémunération soit disant équitable qu’elles versaient.

En l’état actuel des choses, les professionnels du secteur télévisuel et les juristes en charge des questions relatives au droit d’auteur et aux droits voisins sont partagés quant à l’interprétation à donner à la jurisprudence récente de la Cour de cassation. Tous considèrent que les solutions apportées ne sont pas suffisamment claires et, expectants, certains nous ont fait part de leur point de vue personnel (car officiellement, les chaînes de télévision « ne communiquent pas sur ce sujet »).

La position prétorienne est confuse voire abstruse, elle est source de nombreuses interprétations de la part des protagonistes du système de la licence légale (section 1). Les solutions au débat restent à apporter (section 2), un règlement transigé du différend étant par ailleurs en gestation (section 3).

Section 1. Des interprétations divergentes des décisions de la Cour de cassation

La licence légale ne s’applique plus à la télédiffusion. Pour certains professionnels, la licence légale ne s’appliquerait plus à la télévision. En

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Le taux d’utilisation de phonogrammes du commerce en France

Le taux d’utilisation de phonogrammes du commerce en France
§ 2. Le taux d’utilisation

La prise en compte d’un taux d’utilisation dans la formule de calcul de la rémunération équitable. Nous savons que, vu l’importance des sommes prises en compte dans l’assiette de calcul, l’application d’un taux même minime grèvera lourdement le budget des chaînes.

Ainsi, si on prend en compte une assiette brute de 1 100 millions d’euros2 l’application d’un taux d’utilisation de 1 % engrange une redevance 220 000 euros. Or le taux retenu par la SPRE est nous allons le voir, nettement supérieur (A) et ne semble pas correspondre à la ‘‘consommation’’ réelle des chaînes de télévision (B).

A. Le taux fixé par la SPRE

Proportionnalité. Toutes les chaînes de télévision s’acquittent de la rémunération légale au prorata de leur ‘‘consommation’’ de phonogrammes du commerce, la faculté prévue par l’article L. 214-1 du Code de la propriété intellectuelle d’un paiement forfaitaire sans corrélation avec le chiffre d’affaire de l’utilisateur n’étant pas utilisée dans le domaine des médias3.

Ce taux prend en compte la durée de programmes sonorisés par des phonogrammes du commerce par rapport à la durée totale de programmation de la chaîne (24h/24 pour la plupart d’entre elles). Ce taux pourra donc être très différent pour chaque chaîne, selon la programmation de celle-ci.

1 Les principaux groupes de sociétés dans le domaine télévisuel en France sont TF1, M6, France Télévisions, TPS, Multithématiques, Canal+/Vivendi, AB

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