C. L’exercice des droits patrimoniaux : la gestion collective
Le Code de la propriété intellectuelle suggère une mise en œuvre des droits patrimoniaux certes séduisante mais d’une simplicité trompeuse. Le seul titulaire des droits (moral et patrimoniaux) envisagé par le texte est l’auteur.
Or, la nécessité d’une gestion collective est apparue concomitamment à la reconnaissance du droit d’auteur, à la fin du XVIIIème siècle et un exercice à la fois individuel et efficace des droits patrimoniaux a toujours été perçu comme impossible à réaliser. Très tôt, des sociétés d’auteur ont vu le jour.
Nous allons à présent nous intéresser à un point essentiel de notre étude. L’examen des fonctions et du fonctionnement des sociétés de perception et de répartition des droits (SPRD) permet de comprendre pourquoi, dans la pratique, le droit d’auteur n’est pas un obstacle à la sonorisation de programmes audiovisuels par des musiques du commerce.
En effet, une mise en œuvre du droit d’auteur telle qu’elle est conçue dans le livre premier du Code de la propriété intellectuelle aboutirait à une paralysie du droit de synchronisation, une gestion individuelle ne pouvant pas, eu égard à l’importante consommation de phonogrammes du commerce à des fins de sonorisation par les différentes sociétés audiovisuelles, se conjuguer aux impératifs de rapidité et de rentabilité caractérisant depuis le milieu des années 19801, le paysage audiovisuel français. Les développements qui suivent mettent en