2. L’opposabilité : une tentative de renforcement du droit au logement
Face aux difficultés rencontrées par « le droit au logement » pour s’imposer dans l’ordre juridique, le législateur a voté la loi du 5 mars 2007 rendant le droit au logement opposable.
« L’encre de la dernière loi est à peine sèche que l’on annonce une huitième », soupire Yves Jegouzo, professeur à l’Université Paris 1 59. Et d’ajouter « on est conduit à se demander si la solution du problème (…) est dans la multiplication des lois ou s’il n’est pas plutôt dans leur application ! » En effet, le domaine du logement fait l’objet d’une activité législative intense, laissant penser que le droit au logement résulte plus de la politique du logement que l’inverse.
Il semblerait que le législateur ait cherché à introduire une logique nouvelle dans la régulation du domaine du logement, en instaurant le droit au logement opposable : « passer d’un droit à des dispositifs à un droit au recours, d’une obligation de moyens à une obligation de résultat. »
En effet, l’opposabilité du droit au logement semble avoir été conçue pour contourner les obstacles à l’effectivité du droit au logement.
Il s’agissait de compenser le manque de juridicité de ce droit en introduisant un mécanisme de justiciabilité, c’est-à-dire la possibilité d’en demander au juge la protection et la garantie.
Mais « l’épithète opposable pourrait-elle donc modifier le droit positif français ? », s’interrogeait Jacques