Béthune 2011 : politique culturelle ou événementielle ?

Béthune 2011 : politique culturelle ou événementielle ?

2.3 Une vision empirique : Béthune 2011, capitale régionale de la culture

2.3.1 Béthune 2011 : politique culturelle ou événementielle ?

Comme nous l’avons démontré précédemment, il apparait complexe de pouvoir considérer de manière distincte politique culturelle et événementiel culturel.

Les théories évolutionnistes et les états de fait avancés dans les écrits précédents ont avancé l’idée d’un événementiel culturel de qualité qui pourrait représenter une nouvelle étape de la politique culturelle.

Malgré tout, cette impossibilité de différenciation laisse entendre que la politique culturelle pourrait être considérée comme un ensemble d’événements culturels correspondant aux ambitions générales de la politique culturelle communément admises.

Ainsi, la politique culturelle constituée d’un ensemble d’événements culturels au dessein bien défini pourrait représenter l’actualité de la majorité des projets culturels.

A travers la présentation et l’analyse du projet de capitale régionale de la culture notamment appliquées à Béthune 2011, il conviendra de discuter de la nature de la politique culturelle et de sa tendance événementielle à travers une vision empirique.

Deux réflexions majeures sont corrélées aux démonstrations précédentes et à venir. La notion de politique culturelle répondant à une évolution de la société à travers notamment une tendance à l’événementiel culturel, qui semble de fait être partie intégrante des politiques culturelles, laisse entrevoir deux études particulières.

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L’événementiel comme évolution des politiques culturelles ?

L’événementiel comme évolution des politiques culturelles ?

2.2.3 L’événementiel comme évolution des politiques culturelles ?

D’une manière globale, il apparait que les politiques culturelles souffrent de maux récurrents qui font jusqu’à douter certains auteurs de leur avenir. Bureaucratisation, gestion administrative en lieu et place du soutien à la création, manque de réflexion sur ses desseins, la politique culturelle dans son ensemble en tant que tout, présente ainsi des limites concrètes.

Or, lorsqu’un objet quel qu’il soit présente des limites intrinsèques, il apparait bien souvent qu’ils doivent évoluer afin de continuer à exister voire à disparaitre au profit d’éléments mieux armés pour faire face au contexte changeant qui est le sien.

Bien entendu, il est aisé de lire ici une extrapolation hasardeuse de la théorie de Charles Darwin mais le modèle ainsi présenté pourrait être pris en considération.

En effet, les limites dénoncées tant par Dijan que par Saint Pulgent montre en finalité une perte de sens de la politique culturelle dans un contexte qui évolue très rapidement à l’image de l’arrivée massive de biens technologiques qui se substituent aux pratiques culturelles traditionnelles.

Héritières d’un trop symbolique passé et organisées de manière trop administrative, les politiques culturelles semblent aux yeux des auteurs cités dans la sous partie précédente avoir perdu une forme d’identité propre à chaque politique entreprise.

Considérant que globalement, l’identité des politiques publiques reste d’agir dans l’intérêt commun et en fonction d’impératifs fixés par le législateur, les politiques culturelles qui sont des politiques publiques à part entière doivent au minimum répondre à cette forme « d’identité d’action » qui sont à l’origine de sa création mais en plus y ajouter une dimension culturelle, artistique qui demande un approche particulière.

Cette approche pourrait être inspirée par ce que Georges Steiner nomme la « théologie de la création ». Cela consiste finalement à considérer la création artistique qu’elle soit littéraire, graphique, musicale, cinématographique, d’art plastique comme le but et la nature même de la politique culturelle.

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La politique culturelle : la fin d’un mythe ?

La politique culturelle : la fin d’un mythe ?

2.2.2 Politique culturelle : la fin d’un mythe ?

Aborder la question de la dimension événementielle de la politique culturelle c’est également interroger l’état des politiques culturelles actuellement. En effet, comment ne pas interpréter la recrudescence des événements culturels comme un palliatif à une politique culturelle en perte de vitesse ?

La sous partie suivante aura vocation à répondre à cette interrogation particulière mais il apparait clairement que certains auteurs et acteurs du monde culturel remettent en cause le principe de politique culturelle et cela, pour ces nombreuses raisons.

Parmi ces détracteurs, Jean Michel Dijan, dont il est fait ici l’empreint du titre d’un de ses ouvrages majeurs, Politique culturelle : la fin d’un mythe, évoque les raisons qui poussent à croire que la politique culturelle telle que désirée par Malraux et héritière d’une histoire monarchique sans pareil est en passe de devenir obsolète.

D’autres voies s’élèvent pour dénoncer tout à la fois une technocratie de la culture, parfois un manque de volonté politique et un échec du principe de démocratisation culturelle.

Il convient donc de dresser un panorama des limites observées de la politique culturelle telle que définie dans les écrits précédents afin de pouvoir considérer la nature événementielle de la culture.

Il conviendra donc dans un premier temps de présenter les limites technocratiques et politiques de la politique culturelle avant de proposer une explication qui prend racine dans les écrits de Dijan au prisme d’une relecture cognitiviste notamment basée sur les écrits d’Edgar Morin et du principe de la connaissance de la connaissance.

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Définition et typologie des démarches événementielles

Définition et typologie des démarches événementielles

Chapitre II :

Politiques culturelles et événementielles : définition, contexte et enjeux

2.2 La démarche événementielle en question

2.2.1 Définition et typologie des démarches événementielles

La notion d’événement présente un double sens, il s’agit tout d’abord de « quelque chose qui arrive » et d’un « élément qui a de l’importance ». Ces éléments d’information très sommaires laissent cependant la possibilité de comprendre les fondements de la notion d’événement.

Les deux bases de l’événement impliquent donc une existence de fait sur un laps de temps donné et qui relève d’un certain attrait, cristallisant l’attention sur lui d’une manière ou d’une autre.

Le terme d’événement peut donc être résumé en tant qu’objet ponctuel attrayant et marquant. Les potentialités à ce propos sont donc grandes dans la mesure ou l’événementiel culturel est donc susceptible, par définition, de marquer les esprits et d’être un élément attrayant même ponctuellement.

Les déclinaisons en fonction des aspects durables semblent donc pouvoir s’esquisser. L’événement n’est pas en soit suffisant pour comprendre l’étendue de ce que l’intitulé de la sous partie laisse présager. En ce sens, une définition empirique de l’événementiel culturel est à travailler.

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La durabilité au sein des politiques culturelles

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Définition de la politique culturelle en France

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La culture : Objet de développement durable Agendas 21 culturels

La culture : Objet de développement durable Agendas 21 culturels

1.3.3 La culture comme objet de développement durable : l’exemple des Agendas 21 culturels

Un des actes fondateurs de la politique systémique de développement durable reste l’engagement fort pris à Rio en faveur de l’Agenda 21. Preuve supplémentaire des liens et des perspectives possibles dans les liens entre culture et développement durable, la politique de l’Agenda 21 est dorénavant appliqué au domaine culturel.

Cette état de fait place encore une fois les relations entre culture et développement durable au rang d’une complexité réelle dans la mesure ou une fois de plus, le fait culturel joue sur deux registres différents mais complémentaires.

La culture est en effet partie intégrante du développement durable en tant que quatrième pilier au regard de la métaphore de Brundtland et, est donc à ce propos assujetti aux politiques en faveur du développement durable mais est tout à la fois un élément général du développement durable en tant que construction culturelle.

Les Agendas 21 globaux se doivent donc d’intégrer en leur sein la notion de culture notamment dans son interrelation avec les autres piliers (notamment économique et social).

La culture se voit cependant bénéficier de démarche Agendas 21 qui lui est propre. Il apparait donc que la culture se présente comme un élément particulier dans la construction de la notion de développement durable.

En ce sens, il est intéressant non seulement d’analyser la construction du développement durable en tant qu’objet culturel (à l’image de son évolution détaillée dans le propos précédent) mais également de noter les interrelations et la dimension globale de la culture dans une démarche de durabilité.

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La culture au service du lien social

La culture au service du lien social

1.3.2 La culture au service du lien social

La notion de pilier social du développement durable est peut être son essence même au regard notamment de sa définition. En effet, penser le legs fait aux générations futures que l’on parle de culture, d’environnement ou d’économie est avant tout un élément de « cohésion sociale prospective ».

En ce sens, définir la dimension durable du fait social n’est pas totalement utile car elle est d’une certaine manière inhérente à la notion. Penser le social, la cohésion, la démocratisation ou l’équité implique forcement de penser à long terme en matière par exemple de réinsertion ou d’effets sociaux conséquences des politiques mises en place.

Social et durabilité vont ainsi de pair et l’articulation de cette sous partie, à la différence des liens entre culture et économie et territoire ne basera pas sa réflexion sur une vision durable du fait social car existant de fait mais plutôt autour de la recherche de l’équité et de la cohésion sociale à travers l’outil culturel.

Cette interrogation se pose à bien des égards, tant d’un point de vue global à la recherche d’une politique sociale juste et équitable par le biais de la culture mais aussi à travers la considération de l’influence culturelle sur le fait social.

L’apport du structuralisme de Lévi-Strauss constitue une bonne base de réflexion dans la dimension sociale du fait culturel. Il convient de rappeler que ce courant pense la culture en tant que principe organisateur et constitutif des sociétés et donc en tant qu’outil privilégié de cohésion sociale.

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La culture : Outil de marketing territorial et de développement durable

La culture : Outil de marketing territorial et de développement durable

1.3 Externalités et potentialités de ce nouveau paradigme

1.3.1 La culture comme outil de marketing territorial et de développement économique durable

La viabilité des territoires se base en majeure partie sur leur attractivité et sur l’image, la notoriété dont ils jouissent. En ce sens, et depuis l’évolution institutionnelle développant la politique de l’aménagement du territoire de manière très centralisée dans les années 1960 pour progressivement se diriger vers plus d’autonomie locale qui plus est dans un contexte large de concurrence européenne entre les territoires, les collectivités sont en grande partie maitresse de leur direction en matière d’animation culturelle.

De plus, les vagues de décentralisation successives ont achevée d’offrir aux collectivités locales de nouvelles compétences y compris en matière culturelle pour laquelle d’ailleurs les collectivités locales démontrent un réel engagement.

Ce sujet reste malgré tout particulier et il apparait clairement que la culture est celui qui déclenche le plus de passion lors des débats en assemblée municipale ou communautaire.

Quoi qu’il en soit, la culture se présente comme un moyen à part entière pour les territoires de travailler leur image et de réponde à des enjeux qui dépassent parfois la simple question culturelle.

La dimension très large de la culture présentée jusqu’à présent nous laisse penser que ses applications peuvent être très diverses concernant le marketing territorial et l’attractivité des territoires.

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Emergence d’un lien progressif entre culture et développement durable

Emergence d’un lien progressif entre culture et développement durable 1.2.3 Emergence d’un lien progressif entre culture et développement durable Ecrire une double définition de la culture et du développement durable sous un prisme mutuel était un préalable au travail de recherche qui se veut éclaircir les liens entre ces deux notions qui restent aujourd’hui encore … Continuer la lecture

Une dimension culturelle de la notion de développement durable

Hehe, Nuage vert

Une dimension culturelle de la notion de développement durable

1.2.2 Une dimension culturelle de la notion de développement durable

Avant de conclure cette sous partie sur la mise en perspective des liens entre culture et développement durable par l’étude de l’émergence d’un lien progressif des deux notions, il convient d’analyser la composante culturelle du développement durable et de son histoire.

En effet, après avoir défini longuement la culture au regard de nombreuses théories qui ont permis son éclaircissement, nous sommes maintenant en mesure de considérer la culture dans ses aspects les plus divers et une perception du développement durable en fonction de ses aspects permettra de comprendre toute la dimension culturelle de la notion.

De la même manière, le développement durable, son évolution et ses aboutissements ont fait l’objet d’un travail historique et de mise en perspective.

Selon les conclusions et informations issues de ces travaux, il conviendra d’opérer une relecture des faits par rapport aux diverses composantes de la culture. La définition de la culture nous servira donc de base d’information pour pouvoir discuter la nature et l’histoire du développement durable.

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Liens entre culture et développement durable, Diversité culturelle

Liens entre culture et développement durable, Diversité culturelle 1.2 Mise en perspective des liens entre culture et développement durable 1.2.1 La diversité culturelle au cœur des préoccupations Comme les recherches jusqu’ici menées le prouvent, les liens entre culture et développement durable ne sont pas des plus évidents et le cheminement entre ces deux notions pourtant … Continuer la lecture

Le développement durable comme construction culturelle

Le développement durable comme construction culturelle

1.1.3 Le développement durable comme construction culturelle

Devant l’impératif et l’urgence de la situation mondiale, les consciences se mobilisent et sont interpellées par la répétition des facteurs et des risques encourus par les multiples crises qui occupent quotidiennement l’actualité des agendas politiques nationaux et internationaux.

C’est en ce sens que se développent de manière toujours plus forte les idées, débats et expériences en faveur d’un autre mode de développement.

C’est pourquoi il convient d’analyser cette « évolution sociétale » dans la mesure ou les facteurs d’évolution de pensée sont en soit une construction culturelle au regard des différents courant d’analyses qui ont été développés lors des propos précédents, mais également un exemple atypique des relations pouvant exister entre culture et développement durable.

En effet, les crises qui seront succinctement présentées dans la continuité du propos sont en grande majorité de nature culturelle. La notion de culture recoupant, comme nous l’avons vu, nombre de dimensions de l’organisation quotidienne des sociétés humaines, son interprétation au regard de l’évolution de la pensée globale est intéressante à mener.

La connaissance de cette complexité est ici un réel facteur de compréhension, les facteurs culturels entrainant des réactions globales dont les réflexions autour d’un nouveau mode de développement participent à la construction d’un nouveau modèle culturel de pensée.

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La culture : la définition sociologique et la définition anthropologique

La culture : la définition sociologique et la définition anthropologique

1.1.2 Une affirmation anthropologique et sociologique de la culture

Ces deux sciences sont interdépendantes l’une de l’autre et leur co-construction permet une nouvelle définition de la culture en fonction de deux angles de recherche.

A travers l’évolution de l’interprétation de la notion de culture et son analyse au regard de l’anthropologie puis de la sociologie, une définition la plus exhaustive possible pourra être donnée.

Pour cela, il convient tout d’abord de présenter rapidement l’historique de l’interprétation de la notion de culture qui est communément reconnu comme le facteur premier de l’analyse anthropologique puis sociologique de la culture.

La science sociologique est le fruit d’un travail avant tout anthropologique qui lui-même fut rendu possible par l’accumulation de données diverses sur l’homme et sa construction.

L’anthropologie n’est pas une science innée et bien qu’existante depuis des siècles, elle ne fut théorisée que très récemment à l’échelle historique.

Le premier anthropologue connu pourrait être Hérodote qui compila de nombreuses informations sur la manière dont s’organisaient les sociétés de la Grèce Antique concernant les peuples méditerranéens notamment.

Ces sujets d’études alors occupés par les mœurs, les actes de la vie quotidienne et les croyances de ces peuples représentaient déjà une amorce à la définition globale et commune de la culture.

Avec la Renaissance et les grandes épopées maritimes, les récits de voyages côtoyant les réflexions philosophiques humanistes ouvrent le champs de recherche et de pensée sur la question de la culture.

L’anthropologie dans son axe d’étude consacré au domaine social et culturel (anthropologie sociale et culturelle qui se différencie de l’anthropologie biologique) est enfin adoubée par la création en 1799 de la société des observateurs de l’Homme puis en 1842 aux Etats-Unis avec l’officialisation de l’American Ethnological Society.

Ces créations précédent la publication en 1851 de l’ouvrage de Morgan consacré au peuple Iroquois, Ancient Society, généralement reconnu comme le premier ouvrage ethnographique.

L’anthropologie sociale et culturelle

L’anthropologie sociale et culturelle pouvait donc naitre et avec elle, l’étude des phénomènes culturels complexes qui organisent la société humaine. Ces précisions fixent les origines d’une discipline maitresse dans l’étude du fait culturel.

L’anthropologie sociale et culturelle se définit communément comme la science qui s’intéresse aux groupes humains organisés en étudiant notamment les phénomènes sociaux qui s’expliquent par des facteurs culturels.

Cette science est donc centrale dans l’affirmation de la culture comme objet d’étude à part entière.

De manière préalable mais complémentaire, il convient de noter que ce cheminement intellectuel et scientifique fut également secondé par un lourd travail de réflexion philosophique au cours du dix-huitième siècle notamment en Allemagne.

En effet, la tradition littéraire (Goethe ou Hengel) et politique (Bismark) allemande fut toujours notablement influencée par le passé germanique et le désir de grandeur nationale.

Cette première approche philosophique du fait culturel est expliqué par le fait que les penseurs d’alors considéraient l’historicité et l’ethnicité du peuple allemand comme prédominantes et surtout fondatrices du Volksgeit, l’esprit du peuple allemand. Cette approche marque le soubresaut d’une analyse factorielle et culturelle d’un ensemble organisé, ici le peuple allemand.

Max Weber développera notamment l’idée que le Volksgeit serait le fondement réel de la totalité des manifestations culturelles d’un ensemble humain organisé et dont la langue et la transmission de savoirs seraient les outils privilégiés de pérennisation (vision hégélienne du fait culturel).

Cet ensemble idéologiquement ancré reste une des bases inspirante du tournant anthropologique dans la définition du fait culturel.

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