La culture : définitions, origines et débats

Définitions de la culture, origines et débats

Définitions de la culture, origines et débats

Chapitre I :

Culture et développement durable : un préalable à la réflexion

Ce premier chapitre vise avant tout à considérer deux notions qui bien qu’évoluant ensemble depuis maintenant quelques années, méritent d’être étudiées l’une au regard de l’autre.

En effet, aborder la question des liens entre culture et développement durable nécessite avant toute démarche une définition précise et une fixation du contexte dans lesquelles celles-ci évoluent. Il conviendra dans ce premier chapitre à la fois de définir clairement l’aspect culturel et à travers lui l’ensemble de ses dimensions.

Au fil des âges et des évolutions philosophiques et plus généralement scientifiques, le terme de culture n’a cessé de se modifier pour devenir un « tiroir » dans lequel sont rangées nombre de notions aussi diverses que la connaissance, l’apprentissage, les objets d’art, les modes de vie et de socialisation…

Il conviendra donc dans un premier temps de dresser une définition exhaustive de la culture au regard de l’axe de réflexion arrêté pour ce travail de recherche.

Un rapide historique de la notion de culture permettra également la nécessaire compréhension de sa nature actuelle. Une fois la notion de culture définie, une interprétation en sera proposée, interprétation qui conditionnera le terme dans la suite de l’exercice.

De la même manière, le terme de développement durable se verra redéfinit dans ses fondamentaux en axant notamment sa relecture en le considérant en tant qu’objet culturel à part entière. Une nouvelle fois, une certaine interprétation de la notion de développement durable en tant qu’objet sociétal sera proposée.

Corrélativement aux piliers fondateurs du développement durable, l’accent sera mis sur la dimension globale du développement durable recoupant l’omniprésence de la notion de culture telle que définie précédemment.

Cette lecture particulière permettra enfin de pouvoir mettre en lumière à la fois l’émergence des liens entre culture et développement durable et de constater l’efficience de ces liens.

Lier culture et développement durable reste encore aujourd’hui relativement neuf et une mise en perspective de cette relation entre deux notions complexes est importante à mener. Le travail de recherche qui est introduit par ce premier chapitre est un exemple concret de mise en perspective des liens entre culture et développement durable.

Ainsi, étudier comment et en quoi cette interrelation propose des externalités intéressante est un préalable à une réflexion plus précise.

D’un angle de vue justement plus précis, prendre conscience et connaissance de certaines des externalités générales de cette relation mise au jour permettra également de pouvoir se projeter dans une optique très empirique de réflexion dont les liens entre culture et développement durable restent un corollaire d’approche incontournable.

Ce premier chapitre a vocation à présenter et à définir les deux notions au regard l’une de l’autre et en fonction d’écrits d’autorité sur la question.

Ces définitions argumentées serviront de cadre directeur à la poursuite des recherches qui dépasseront finalement ce premier cadre global pour proposer une déclinaison empirique et théorique des potentialités rendues ainsi possibles.

1.1 Définitions de la culture

1.1.1 Origines et débats autour de la culture

La culture est un objet excessivement complexe à interpréter et à considérer tant ses définitions et ses lectures peuvent être diverses.

Cette première sous partie aura vocation à présenter les différentes lectures simples de la culture, au regard des interprétations qui en sont communément faites mais sans l’étudier au prisme de sciences précises tel que ce sera l’objet dans la seconde sous partie consacrée à la lecture sociologique et anthropologique de la culture.

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Politiques culturelles et durabilité : développement durable

Politiques culturelles et durabilité : Introduction au management de projet culturel et durable

Politiques culturelles et durabilité : management de projet

Université d’Artois
UFR EGASS

Mémoire de Master 2 Professionnel, Développement des Territoires, Aménagement, Environnement
Politiques culturelles et durabilité : Introduction au management de projet culturel et durable
Politiques culturelles et durabilité :
Introduction au management de projet culturel et durable

Romain Plichon

Sous la Direction Universitaire de
Madame Anne-Charlotte TAILLANDIER

Sous la Direction Professionnelle de
Monsieur Thomas WERQUIN

Année Universitaire
2010/2011

« La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert »
André Malraux

Table des abréviations

CGLU : Cités et Gouvernements Locaux Unis
EPCI : Etablissement Public de Coopération Intercommunale
FMI : Fond Monétaire International
GIEC : Groupement International d’Expert sur le Climat
ONU : Organisation des Nations-Unies
PNUE : Programme des Nations-Unies pour l’Environnement
PNUD : Programme des Nations-Unies pour le Développement
PIB : Produit Intérieur BrutSMOB : Scène Mobile en campagne
UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture

Remerciements

Préface du mémoire de recherche

Longtemps oubliée des politiques locales de développement durable, la culture s’est affirmée au cours de la dernière décennie comme un formidable levier de durabilité des territoires.

Désormais consacrée comme 4ème pilier du développement durable, elle porte à elle seule l’ensemble des attentes soulevées par le concept, tout en confirmant la dimension profondément humaine de celui-ci, tournée vers l’épanouissement de chacun, aujourd’hui et demain.

Le déploiement d’ « éco-festivals » ces dernières années a en effet consacré le poids de la culture comme vecteur de changement et de développement local durable, mettant en lumière ses capacités à générer attractivité, dynamisme, créativité, diversité, lien social, développement économique, solidarité mais également conscience collective et sens des responsabilités à travers l’envoi de messages positifs auprès d’une audience toujours plus large.

Fortes de ces expérimentations, qu’elles ont massivement soutenues et encouragées, les collectivités territoriales françaises s’engagent toutefois encore timidement vers des politiques culturelles aux engagements de durabilité affirmés de type Agenda 21 de la culture, préférant encore trop souvent laisser ces préoccupations aux manifestations ponctuelles portées par les acteurs culturels locaux.

Or le développement durable ne peut être que s’il est porté à toutes les échelles et par tous les acteurs d’un territoire, et il en va de même pour des politiques culturelles durables.

C’est dans cette perspective, et dans le sillage de la réussite de Lille 2004, que le Conseil Régional du Pas de Calais, la Communauté d’Agglomération de l’Artois et la ville de Béthune se sont associées pour monter un projet culturel ambitieux, Béthune 2011 Capitale Régionale de la Culture, pensé pour allier la force de frappe de l’évènementiel et la perspective de long-terme d’une politique culturelle durable.

Non sans soulever certaines réticences, la culture étant encore largement considérée sur les territoires comme un divertissement fastueux quelque peu déplacé en période de difficultés financières.

Pourtant, à travers cet évènement, c’est bien le développement durable du territoire qui est pensé, Béthune2011 ayant comme objectif de remobiliser les habitants autour des arts et de la culture, de soutenir les acteurs culturels locaux, de restaurer et faire découvrir le patrimoine et les lieux de diffusion culturelle,… dans la perspective d’une revalorisation auprès de ses habitants et des secteurs alentours d’un territoire souvent considéré sinistré, et de développer son attractivité, et donc d’assurer son déploiement économique, dans une perspective de développement durable.

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Comment repenser la mobilité individuelle? Moteur électrique

III.6. Conclusion : comment repenser la mobilité ?
Afin de voir se réaliser un changement profond du système actuel de mobilité individuelle, le simple remplacement du moteur à combustion interne par un moteur électrique ne suffira pas. Même si ce remplacement constitue un changement important pour les constructeurs automobiles, il ne permettra à notre avis pas à lui seul de résoudre les nuisances multiples qui ont pour cause un système de transport de personnes fondé sur la voiture particulière. Il n’est donc pas un changement de paradigme, ou pour utiliser le vocabulaire de la théorie de la transition, il n’est pas un changement du régime sociotechnique. Pour reprendre une formule attribuée à Albert Einstein, on ne résout pas un problème en utilisant les modes de pensée qui l’ont généré.
Pour parvenir à instaurer une transition vers une mobilité qui tienne compte des limites environnementales et énergétiques et réduise ses nuisances, il convient d’après nous d’envisager une approche systémique parce que la mobilité individuelle motorisée s’inscrit et réside au cœur même d’un mode de vie particulier. Elle peut donc être appréhendée en tant que telle, mais il ne sera pas possible de faire l’économie d’une approche plus large de la société pour en comprendre les ramifications et en atténuer les incidences négatives. Voyons quelles pistes pourraient selon nous être suivies pour arriver à une refondation de la mobilité individuelle et si des exemples sont déjà en œuvre ou s’il est possible de dégager des

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Économie de fonctionnalité Car Sharing, Motorisation électrique

III.5. Économie de fonctionnalité : Car Sharing Clubs
Pour parvenir véritablement à diminuer les incidences du système actuel de transport individuel, il convient à notre avis de le modifier plus profondément que par le simple changement du mode de propulsion et du modèle commercial. Un certain nombre d’initiatives issues d’abord d’autres domaines d’activité que celui des transports et que les économistes appellent « économie de fonctionnalité » sont apparues ces dernières années [Buclet, 2005]. Selon les partisans de cette solution, les entreprises, plutôt que de vendre des objets, devraient vendre des services tout en restant propriétaires des objets qu’elles mettent à disposition. Car ce qui devrait intéresser le consommateur en premier lieu, ce n’est pas la possession d’un objet mais bien le service que celui-ci peut lui rendre.166 L’utilité première d’un objet est indépendant de sa possession et réside dans le service qu’il rend à celui qui l’utilise. Acheter une voiture n’est pas intéressant en soi, ce qui est intéressant c’est ce qu’on peut en faire, c’est-à-dire pouvoir se déplacer. Dès lors on pourrait en théorie satisfaire les besoins avec moins d’objets (puisqu’un même objet pourrait être utilisé alternativement par différents utilisateurs), ce qui diminuerait les impacts liés à la production. Par ailleurs, cela pousserait aussi les producteurs à mettre sur le marché des objets plus durables et rendrait caduque la tentation de l’obsolescence programmée167 : il serait dans l’intérêt des

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La voiture devient un téléphone portable, Projet Better Place

III.4. La voiture devient un téléphone portable : le projet Better Place
Du point de vue de l’utilisation, tous les désavantages de la voiture électrique par rapport à la voiture thermique sont dus à la batterie. Temps de recharge beaucoup plus long, autonomie réduite, incertitudes sur la durée de vie des batteries et prix plus élevé à cause de celles-ci, voilà les freins principaux à l’adoption de la motorisation électrique. Pour pallier tous ces problèmes en même temps, la société Better Place158 a mis au point un système d’échange de batteries automatisé qui se déroule en quelques minutes dans des stations d’échange, principalement construites en dehors des agglomérations. Il est aussi prévu de déployer en même temps un réseau de chargeurs rapides dans les zones plus densément peuplées. L’objectif de Better Place est de déployer un réseau de stations suffisamment dense que pour permettre à ses clients d’utiliser leur voiture électrique comme s’il s’agissait d’une voiture électrique. Elle espère aussi faire baisser le coût de revient pour l’utilisateur en achetant les batteries en grand nombre. Des accords ont déjà été passés avec l’alliance Renault-Nissan pour la fourniture de véhicules compatibles avec le système de batteries échangeables et avec les États danois et israéliens pour le déploiement des stations. Par ailleurs quelques Toyota RAV4 utilisées comme taxis à Tokyo réalisent un essai grandeur nature du système, qui sera aussi réalisé en Californie.159 Le modèle économique repose sur la vente

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Constructeurs de voiture électrique: Renault, Nissan, Tesla

voitures électriques Renault

Constructeurs de voiture électrique Renault Nissan et Tesla

Partie III: Vers un changement de paradigme ?

III.1. Théorie de la transition : une grille de lecture du système actuel de mobilité individuelle motorisée

Afin de prendre la mesure du changement que peut représenter l’avènement des voitures électriques dans le système de transport, une lecture qui nous semble pertinente est celle de la théorie de la transition.137

Celle-ci postule que les sphères d’activité (ou systèmes) ont 3 niveaux en interaction les uns avec les autres :

  • le paysage : niveau global des mouvements de fond, caractérisé par les grandes tendances socio-culturelles, démographiques, économiques, etc. Il englobe les différents régimes sociotechniques.

    Les acteurs du régime sociotechnique n’ont pas vraiment de pouvoir d’influence sur le paysage ;

  • le régime sociotechnique : l’ensemble des objets, infrastructure, règles et normes, représentations, comportements et pratiques qui constituent le mode dominant de réalisation d’une fonction sociale à un moment donné ;
  • les niches : lieux d’expérimentation qui repensent fondamentalement le régime sociotechnique en place.

Dans ce cadre, des crises ou des modifications profondes du paysage (dans les domaines technologique, culturel, législatif, comportemental, énergétique, écologique, etc.) dans un temps rapproché, déstabilisent le régime sociotechnique qui est remis en question, notamment en lui opposant des solutions différentes proposées par les niches.

La transition est alors un processus qui voit l’équilibre du régime sociotechnique en place être rompu. Il s’en suivra soit l’apparition d’un autre régime qui le remplace, soit une mutation plus ou moins profonde du régime existant, qui tentera de s’adapter au nouveau paysage [Boulanger, 2008].

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Voitures électriques et Politiques de l'Union Européenne

II.4.3. Politiques de l’Union Européenne
II.4.3.1. La règlementation sur les rejets de CO2
Le règlement CE 443/2009 sur les rejets de CO2 des voitures publié en 2009123 prévoit une moyenne de rejets par constructeur limitée à 130 g de CO2 par km pour 2015 et à 95 g de CO2 par km pour 2020. Afin d’accompagner les constructeurs dans ces efforts de réductions, la mesure est d’application de façon progressive : à partir de 2012 ce sont 65% des véhicules qui doivent respecter cette limite, et chaque année cette proportion augmente pour atteindre 100% en 2015. Cette moyenne est calculée sur l’ensemble des véhicules vendus par un constructeur.124 En cas de non-respect de cette limite, les constructeurs devront s’acquitter d’une amende assez dissuasive de 95 € par voiture vendue et par g de CO2 excédant la limite tolérée.125 Cette décision constitue certainement un pas en avant, créant un cadre clair pour les constructeurs et les incitant à faire des efforts pour réduire les émissions des voitures vendues. Pourtant ces mesures décidées portent aussi en elles des risques importants d’effets pervers et de contournement de la règle par les constructeurs automobiles.
Les rejets de CO2 sont calculés au niveau du pot d’échappement et donc sans aucune considération pour le reste du cycle de vie du véhicule. Les voitures électriques qui n’émettent pas directement de CO2 sont donc considérées par ce règlement comme émettant 0 g de CO2 par km. Dès lors, puisque le calcul se fait sur la moyenne des ventes, pour chaque voiture

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Voitures électriques et politiques publiques aux États-Unis

Tesla

Voitures électriques et politiques publiques aux États-Unis

II.4 Politiques publiques

Il existe à vrai dire un très grand nombre de politiques publiques qui influencent, de près ou de loin, différents aspects des voitures électriques.

Pour essayer de s’y retrouver, nous commencerons par tenter d’en faire une catégorisation, ensuite nous donnerons deux exemples de politiques publiques (un en Europe et un autre aux États-Unis) en essayant de voir quels sont les buts poursuivis.

Enfin, nous donnerons quelques exemples de politiques publiques européennes.

II.4.1. Catégorisation des types de politiques publiques

Il existe une large gamme de moyens d’action pour les politiques qui souhaitent intervenir sur le marché de la voiture électrique, pour autant qu’ils jugent pertinent de le faire.

Afin de gagner en lisibilité, voici une tentative de catégorisation de ces différents outils.100

100 Cette catégorisation se base sur le travail de [Zimmer, 2009].

Notons préalablement que comme toujours pour ce type d’exercice de généralisation, certaines initiatives peuvent être rangées dans plusieurs catégories ou se trouver à la frontière de quelques-unes.

II.4.1.1. Incitants financiers

Une première famille d’incitants financiers sont ceux qui sont directement destinés aux acheteurs.

Afin de soutenir vente de VE, leur prix d’achat peut être diminué, soit par une prime à l’achat, qui est directement remboursée à l’acheteur, soit par une mesure fiscale, à savoir une réduction d’impôt (l’automobiliste peut diminuer ses impôts d’un montant fixe).

Les coûts liés au véhicule peuvent aussi être diminués.

Soit fiscalement, par un allègement de la taxe unique ou de la taxe annuelle (appelées respectivement taxe de mise en circulation et taxe de roulage en Belgique) qui sont en Europe de plus en plus souvent liées aux émissions directes de CO2 et dès lors nulles pour les voitures électriques.

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Possibles effets négatifs des voitures électriques

II.3.6. Possibles effets négatifs

La voiture électrique présente, par rapport à celle à moteur à combustion interne, des avantages indéniables de par sa technologie. Néanmoins elle fait naître aussi, en dehors de ses caractéristiques techniques, un certain nombre d’inquiétudes parmi les observateurs les plus aiguisés qui s’y sont intéressés.91

II.3.6.1. Effet rebond

Les caractéristiques propres d’une voiture électrique par rapport à une voiture électrique risquent de générer un effet rebond, c’est-à-dire qu’un avantage apparent induit un changement de comportement qui annule les effets positifs de cet avantage. Autrement dit, une pollution, une émission ou une consommation est diminuée, ce qui en augmente une autre et au final la diminution est annulée : on arrive donc à un statu quo, voire à une augmentation. Dans le cas de voiture électrique il existe d’abord un risque d’effet rebond de nature économique. En effet, les voitures électriques sont comparativement plus chères à l’achat mais moins chères à l’usage que les voitures thermiques, comme nous l’avons vu. L’automobiliste habitué à la structure de coûts d’une voiture thermique va donc trouver qu’une fois la voiture électrique payée, rouler est relativement bon marché et il risque dès lors de rouler plus. De plus, la consommation d’électricité à des fins de mobilité va être noyée, dans la facture électrique mensuelle, au milieu des autres consommations électriques. Le montant payé à la pompe est au contraire visible et porteur d’un aspect

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Avantages et limites de la voiture électrique VE

Avantages et limites de la voiture électrique VE

II.3. Avantages, limites et possibles effets négatifs de la voiture électrique

II.3.1. Pollution, changement climatique et bruit

On peut lire çà et là, et particulièrement dans la communication qui émane des constructeurs automobiles, que les voitures électriques ne polluent pas. D’autres, un peu plus modestes, annoncent plus simplement zero emission soit l’absence d’émission, en faisant référence implicitement aux émissions de polluants et de gaz à effet de serre.

Ces affirmations sont en fait trompeuses : il s’agit bien sûr uniquement des émissions directes.

Il est exact qu’il faille soustraire au bilan environnemental de la voiture électrique les pollutions et émissions dues au moteur thermique dont elles sont dépourvues. Néanmoins, il faut lui ajouter celles qui trouvent leur origine dans la génération de l’électricité ainsi que dans la batterie, comme nous l’avons vu.

La voiture électrique est donc, de par sa plus grande efficience énergétique, dans la majorité des cas moins émettrice de gaz à effet de serre et plus émettrice de polluants que la voiture thermique, mais la différence d’émission entre ces deux types de voitures dépendra donc du mix énergétique considéré.

Pour l’Europe la diminution en termes de CO2 équivalent se situe autour de 50% et pour la Belgique la diminution est un peu plus importante, d’après les estimations que nous avons pu trouver.

Notons cependant que comme le montrent les calculs de l’ADEME, pour faire véritablement baisser de façon spectaculaire les émissions de gaz à effet de serre GES, en dehors de la mobilité douce (marche et vélo), ce sont uniquement les transports en commun ferrés électriques et sans énergie embarquée (train, tram et métro) qui représentent un véritable saut quantitatif en termes de diminution [ADEME, 2008].

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Effets positifs de la voiture électrique sur le réseau, l’énergie verte et le système V2G

Découvrez comment la voiture électrique et le concept Vehicle-to-Grid (V2G) pourraient stabiliser le réseau, réduire les prix de l’électricité et favoriser l’intégration des énergies renouvelables, malgré des incertitudes technologiques et économiques.


II.2.8. Effet positif sur le réseau, sur la production d’énergie « verte » et Véhicule To Grid V2G

Si l’introduction à grande échelle de voiture électrique inspire certaines craintes, elle est aussi porteuse de promesses d’effets positifs pour le réseau.

Rappelons d’emblée qu’il s’agit ici aussi d’effets théoriques ; en effet, quoiqu’ils commencent à être étudiés sérieusement dans des projets de terrain pour les mettre à l’épreuve, ils ne sont nulle part à l’œuvre puisque la voiture électrique VE n’est pas utilisée en assez grande quantité. A priori, on ne voit pas bien en quoi l’augmentation de la demande en électricité qui résulte de l’arrivée de voiture électrique peut avoir un effet positif pour le réseau. Cela pourrait pourtant être le cas.

Premièrement, si la voiture électrique est rechargée la nuit, elle peut a priori, comme nous l’avons vu, le faire en utilisant de la production d’électricité qui actuellement n’est par moment pas utilisée.

Deuxièmement, en allant un pas plus loin dans l’intégration de la voiture électrique dans le réseau, il est même théoriquement possible de faire de chaque voiture électrique une petite unité de stockage d’électricité.

En s’appuyant sur l’existence d’un réseau de type smart grid, le concept de vehicle-to-grid (v2g) est l’idée que chaque voiture électrique a une batterie qui est a priori sous utilisée. D’une part parce que le véhicule est à l’arrêt en moyenne plus de 80% du temps et d’autre part parce que la totalité de l’énergie qu’elle contient n’est pas

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Industrie automobile électrique et Demande en électricité

II.2.7. Demande supplémentaire en électricité et craintes pour le réseau
Une crainte avancée par certains détracteurs de la voiture électrique est de voir la demande en électricité augmenter très fortement et d’être obligé d’y répondre en ayant recours à des sources d’énergie très polluantes comme le charbon. D’autres pensent que l’électrification des voitures aura pour conséquence une augmentation du recours à l’énergie nucléaire ou servira en tous cas de prétexte pour ne pas réduire son utilisation. En effet, les centrales nucléaires n’ont, de par leur fonctionnement, pas la possibilité de réagir rapidement à la demande et fonctionnent donc en continu. L’électricité produite la nuit est donc perdue si elle ne répond à aucune demande. Le lobby nucléaire est dès lors tout à fait enthousiaste à l’idée qu’une grande quantité de voitures électriques rechargées la nuit réduise ce gaspillage et augmente la légitimité de cette industrie. Cette argumentation est également en partie valable pour les centrales au charbon qui souffrent du même défaut et fonctionnent en continu.
Cette crainte est battue en brèche au moins par un double argument. D’une part, les deux débats (l’électrification de la propulsion des voitures et l’utilisation du nucléaire ou du charbon pour la production d’électricité) n’ont pas de lien logique entre eux. La voiture électrique n’a pas besoin d’énergie nucléaire ou de tout autre type d’énergie pour être rechargée et inversement on n’a pas attendu l’arrivée des voitures

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Perspectives d'amélioration technologiques, Industrie automobile

II.2.6. Perspectives d’amélioration
Avec la prise de conscience, même au sein de l’industrie automobile, de l’émergence de nouvelles contraintes environnementales et énergétiques, des solutions, pour certaines ignorées pendant des décennies, commencent à apparaître dans le discours et les actes des constructeurs. Il existe en fait selon certains auteurs un très grand potentiel de réduction des besoins énergétiques des automobiles. Pour rappel, l’efficience a fait d’énormes progrès ces trente dernières années, permettant de consommer autant voire légèrement moins, avec des voitures toujours plus puissantes et toujours plus lourdes. Mais dans le même temps les distances ont augmenté et avec elles les émissions. Or comme le montre le rapport Syrota, s’il existe un lien direct, qu’on peut comprendre intuitivement, entre masse et consommation qui augmentent de concert, il en va de même pour la puissance. Plus un véhicule est puissant, c’est-à-dire plus grande est sa capacité d’accélération et sa vitesse de pointe, et plus sa consommation sera importante, comme le montre l’analyse de différentes motorisations équipant le même véhicule [Syrota, 2008]. Pourquoi dès lors ne pas détourner les gains d’efficience réalisés, engloutis par l’amélioration des performances pour les rediriger vers plus de sobriété ? C’est la solution qui commence à être adoptée et qu’on appelle downsizing c’est à dire que les moteurs sont de plus petite cylindrée et donc moins puissants et moins consommateurs de carburant. Cette technique à elle

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Émission de polluants atmosphériques et Véhicule électrique

II.2.5. Émission de polluants atmosphériques
Avec l’attention toute particulière que la société accorde au CO2, suite aux discours du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) et à la prise de conscience du problème du réchauffement climatique, certaines études font l’impasse d’une analyse des émissions de polluants ou lui accordent une moins grande importance. Pourtant il serait très préjudiciable que l’aveuglement à ne vouloir résoudre que le problème du changement climatique conduise à une augmentation substantielle de ces polluants. C’est d’ailleurs ce qui a pu être observé récemment avec la politique de réduction fiscale à l’achat de voiture, basée uniquement sur les émissions de CO2 et qui a favorisé la mise sur le marché d’un grand nombre de petites voitures au diesel bon marché. Or celles-ci ne sont pour la plupart pas équipées de filtre à particules ce qui les rendait donc, en termes de pollution atmosphérique, bien plus polluantes que les voitures à essence. Voyons ce qu’il en est pour les voitures électriques.
Il est aussi important de souligner d’entrée que la grande différence entre les gaz à effet de serre GES et les polluants atmosphériques est que si les premiers ont des conséquences globales, à savoir le changement du climat de la planète, les seconds agissent plus localement. Dès lors dans le cas de voiture électrique qui n’émet pas directement, la population potentiellement affectée par la pollution est limitée. En effet, la partie de l’électricité à base de

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Efficience comparée voiture électrique et voiture thermique

Efficience énergétique du puits à la roue pour les voitures électriques et les voitures thermiques

II.2.3. Efficience comparée voiture électrique et voiture thermique
Maintenant que nous avons fait le tour des difficultés inhérentes au calcul de l’efficience énergétique et des émissions des voitures électriques, préalable essentiel à toute comparaison avec une voiture thermique, penchons-nous d’abord sur les résultats obtenus par quelques auteurs qui se sont essayés à calculer l’efficience. Nous reprenons les résultats pour l’efficience du réservoir à la roue dans le tableau ci-dessous :
Tableau 2 : Efficience énergétique du réservoir à la roue pour les voitures électriques
Efficience énergétique du réservoir à la roue pour les voitures électriques
Pour ce qui est des voitures thermiques, l’efficience est en comparaison bien moins grande en raison de plusieurs facteurs. D’abord, il se fait que le moteur thermique, plus encore que le moteur électrique, atteint son efficience maximum lorsqu’il est proche de son régime maximum. Or le régime maximum n’est que rarement atteint, surtout en circulation urbaine. Ceci explique que la consommation extra-urbaine est supérieure à la consommation urbaine pour les voitures thermiques [Kendall, 2008]. Ensuite le moteur à combustion interne perd une grande quantité d’énergie dissipée en chaleur dans le

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