Communication par la transparence : le site web de crise

Communication par la transparence : site web de crise

b) La communication par la transparence

Tous les vecteurs d’information sont utilisables sur le Web : texte, image, son… Avec la Web Cam, Internet peut fonctionner dans une « démarche de communication par la preuve49 » comme l’explique Thierry Libaert.

L’internaute peut visualiser l’intérieur d’une entreprise et voir ce qui s’y passe 24H/24.

C’est ce qu’a mis en place la Cogema, à la Hague, face aux critiques et à la suspicion de manque de transparence dont elle faisait l’objet.

Le site www.cogemalahague.fr permet de visualiser les opérations de chargement et de déchargement des combustibles.

Une dizaine de Webcams ont été mises en place dans les installations de la Hague, et permettent ainsi de découvrir les différentes étapes de traitement des combustibles usés.

L’avantage des enregistrements vidéos, et webcams est qu’il permet de faire un constat « de ses propres yeux »

Toutefois, des critiques furent émises à l’encontre de La Cogema concernant cette initiative.

La distance et l’angle des webcams ne permettraient pas d’avoir une vision claire de ce qui se passe réellement dans les installations.

Ce qui est dommageable pour l’entreprise, car la communication sur Internet « se doit d’être au dessus de tout soupçon. Sinon, elle risque de devenir, en elle-même, un amplificateur de crise »50.

Toutefois, la volonté délibérée de Cogema, de communiquer de manière transparente sur son métier a le mérite d’être mis en avant.

Ce type de communication axée sur la transparence se

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Internet au cœur des crises : un média incontournable

Internet au cœur des crises : un média incontournable

III) Internet au cœur des crises
A) Un média incontournable en période de crise1) L’utilisation d’Internet en période de crise
a) Un outil qui se normalise
L’émergence
Le premier constat que l’on peut faire, concerne l’utilisation quasi systématique d’Internet en communication de crise depuis deux ans : que ce soit la montée en puissance de certains groupes fondamentalistes, la mise en cause de l’éthique de certaines entreprises, la présence de plus en plus marquée des groupes de pressions et autres activistes, ou bien encore le conflit en Irak, Internet devient systématiquement le relais des médias classiques et la première source d’information des journalistes. Comme l’a également constaté Didier Heiderich43, « Il n’y a plus d’actualité importante qui ne trouve Internet comme premier vecteur de communication. C’est en 2003 que Lord Hudson, ce magistrat anglais chargé de l’affaire Kelly a utilisé le net comme support de communication judiciaire. C’est encore en 2003 que les Etats-Unis ont prolongé la guerre de l’opinion sur Internet, en fournissant à tous, la possibilité de télécharger des rapports très officiels sur les armes de destructions massives. Et toujours en 2003, les activistes n’ont jamais été aussi présents sur Internet, menant des campagnes très bien orchestrées ».
Mais pourtant, beaucoup d’entreprises ne considèrent pas Internet comme prioritaire dans la gestion de crise. On a d’ailleurs peu d’exemples d’entreprises ayant

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La sécurisation des données sur Internet: un enjeu majeur

Le montant des paiements par carte bleue (paiement on et off-line)

C) La sécurisation des données: un enjeu majeur
1) Un environnement exposé
Le système d’information des entreprises est devenu vital pour leur développement : accès au réseau, transfert de fichiers, envoi d’emails, échange d’information sont devenues les composantes classiques d’une journée de travail.
Dans cet environnement mouvementé, les attaques et les menaces se multiplient. Les vulnérabilités des réseaux et l’importance croissante des conséquences néfastes de ces nuisances montrent que le niveau de sécurité informatique est loin d’être au niveau qu’il devrait être. La sécurité du système est une problématique qui touche l’ensemble des employés, et tous les départements d’une entreprise, quelle que soit sa taille ou son secteur. Les entreprises aujourd’hui se voient contraintes de développer et de mettre en place une politique globale de sécurité, qui devient même une partie intégrante de sa stratégie.
L’informatique est devenu un outil de gestion, d’organisation, de production et de communication. Le réseau de l’entreprise met en œuvre des données sensibles, les stocke, les partage en interne, les communique parfois à d’autres entreprises ou d’autres personnes. Mais aujourd’hui, il est impossible d’isoler le réseau de l’extérieur, ou de retirer aux données leur caractère électronique. Ces données sont donc exposées aux actes de malveillances dont la nature et les méthodes d’intrusion ne cessent d’évoluer. Les prédateurs s’attaquent aux entreprises et

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Cyber organisation: des entreprises dépendantes d’Internet

B) La cyber organisation: des entreprises de plus en plus dépendantes d’Internet

1) L’entreprise en réseau

Le cybermonde des affaires est loin de se limiter à des chiffres et des quantités. En 2001, 80% des transactions réalisées sur la toile sont B to B. Cela suppose donc une restructuration en profondeur de la façon dont opèrent les entreprises.
L’ensemble de son organisation doit se « mouler » sur la technologie qui relie à ses clients et à ses fournisseurs. Ses relations sur Internet avec les sous traitants, les consultants deviennent aussi importantes que ses activités propres.
Ce qui émerge de tout ça, c’est donc une économie en réseau dont le système nerveux est électronique.
Manuel Castells désigne sous l’expression « entreprise en réseau » : « l’organisation autour de projets réalisés en coopération par des segments différents de firmes différentes : ils s’interconnectent pour la durée de l’opération, et reconfigurent leurs réseaux différemment à l’occasion de chaque projet »35.
Des réseaux, comme ceux s’appuyant sur l’EDI36 et d’autres plus anciens, à base de fax et de lignes téléphoniques ont joué un rôle important dans la réorganisation structurelle des entreprises.
Libre choix du moment d’accès aux données, grosse capacité et vitesse de transmission, communication interactive : tous ces besoins ont été satisfaits par les réseaux de communication informatique, dont Internet.
Les sociétés en ligne et les firmes les plus novatrices de l’informatique et

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Les enjeux commerciaux d’Internet pour les entreprises

l’utilisation d’Internet dans l’entreprise

II) Les enjeux d’Internet pour les entreprises

A) Un nouvel environnement à fort potentiel

1) De nouvelles contraintes

L’apparition d’Internet et des technologies de l’information, qui vont avec, ont fait apparaître de nouveaux enjeux pour les entreprises. La globalisation des activités a eu un impact important sur la manière d’opérer des entreprises. Et ainsi, de nouvelles contraintes sont apparues :
¾ La technologie sert de plus en plus l’innovation et l’avancée des différents secteurs économiques. Le renouvellement et la rapidité sont devenus des mots incontournables.
¾ Les distances et les frontières n’existent plus : tout se joue désormais au niveau mondial, avec un nombre croissant de concurrents, venus de tous les horizons
¾ Le temps joue un rôle important : en effet, Internet permet la communication et la transmission de données instantanées. On parle de technologie en temps réel.
On peut également ajouter que l’image de l’entreprise, et la création de valeur, c’est-à-dire le « service ou le bien que l’on vend à l’acheteur » prend tout son sens. Tout se joue sur la valorisation de services, d’avantages non concrets, et sur l’anticipation de ces avantages.

2) Des enjeux commerciaux

Il ne faut pas non plus oublier le consommateur et les acheteurs. De nouvelles dimensions apparaissent pour lui : le choix s’élargit, toutes les informations sont à portée de main, les transactions sont rendues plus faciles. La compétition fait rage, les clients ont donc

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Le phénomène des communautés et des sites Web contestataires

2) Le phénomène des communautés et des sites Web contestataires
a) Les communautés
Pour parler de communauté, il faut retrouver certains éléments24 :
La présence d’échanges réels
Pour créer une dimension communautaire, il doit y voir des échanges entre les membres. Ces échanges peuvent être verbaux, écrits, visuels…

21 Voir p 64
22 Communicator, DUNOD, 2000 , p 48
23 D. Heiderich, Le rôle d’Internet dans le partage des savoirs en situation de crise, www.communication-crise.com, 2003
24 La dimension et le concept communautaire, www.abc-netmarketing.com, 27 décembre 2002

La création de valeur pour les membres
La création de valeur peut se traduire par l’échange de conseils, d’informations, mais également par le simple fait de « rompre » une situation d’isolement. Internet est devenu une tribune, où chacun peut se faire entendre. C’est aujourd’hui le moyen le plus accessible pour prendre la parole, alors qu’elle nous est rarement donnée dans les médias classiques.
Le sentiment d’appartenance
C’est un des éléments permettant d’affirmer que le groupe possède une dimension communautaire. Ce sentiment d’appartenance se traduit par une reconnaissance mutuelle entres les membres de la communauté, et le sentiment de partager des valeurs communes.
L’apparition de leaders
Comme tout phénomène de groupe, le développement de

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Connaître la culture du réseau : un avantage certain

C) Internet: un contre-pouvoir est né
1) Connaître la culture du réseau : un avantage certain
Beaucoup d’entreprises ont une approche verticale de la gestion de crise sur Internet, c’est-à- dire qu’elles se contentent juste de faire passer des informations.
Didier Heiderich20 explique très bien, comment les entreprises, d’une part, et les activistes, institutions et organisations d’autre part, utilisent le réseau : chacun y reproduit sa propre organisation. A titre d’exemple, Danone qui subissait, en 2001, une crise médiatique importante, limitait sa communication sur Internet à une diffusion de communiqués de presse, articles etc. A l’opposé, la même année, les membres du réseau Al-Qaida, s’informaient, et échangeaient des informations et surtout s’organisaient pour mettre en place les attentats destructeurs du 11 septembre. Les organisations fonctionnant en réseau ont su utiliser et maîtriser l’interactivité offerte par Internet, contrairement aux «grandes entreprises, hiérarchisées », qui restent encore très frileuses sur l’utilisation de ce média.
Deux logiques s’opposent donc :
* Les institutions, qui non seulement n’essaient pas de s’imprégner de la culture Internet, et s’en s’éloignent même beaucoup, (particulièrement en situation de crise), mais, en plus, tentent d’interdire, par des moyens juridiques,21 la démarche de réseau.
* Les ONG, institutions et réseaux terroristes qui, eux, maîtrisent parfaitement le fonctionnement en réseau, et particulièrement dans

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Les sources de crises : Communicationnelle et Technique

email-microsoft-virus

2) Les sources de crises
Nous pouvons distinguer 2 types de sources de crises sur Internet :
* Communicationnelle
La rapidité et la faculté de démultiplier les informations ainsi que le relatif anonymat fait d’Internet un nouveau lieu d’émergence de crise : informations erronées (volontaires, voire involontaires), canulars, site de contre-image (ex : anti-coca cola, anti Mc Donalds. Mc Donalds, sous diverses adresses, possède les sites les plus visités dans le monde) etc.
Internet peut également générer des crises via les forums de discussions.
Autre caractéristique d’Internet : l’effet de rémanence. Les informations restent longtemps en ligne, et même longtemps après l’exploitation médiatique d’une crise, une entreprise peut trouver des éléments la concernant et la dénigrant.
* Technique
Il s’agit de l’intrusion ou du piratage de sites, par l’envoi de virus, ou d’un nombre important d’informations dans le but est de saturer certains sites14.
a) Communicationnelle
– La désinformation
A ses débuts, Internet a été qualifié avec enthousiasme « d’autoroute de l’information ». Aujourd’hui, selon l’expression de Jean-Noel Kapferer15, Internet est la « nouvelle autoroute de la désinformation ».
L’apparition de crises nouvelles par le biais de la désinformation commence à devenir monnaie courante sur Internet. Elles sont quelquefois volontaires, afin de déstabiliser une entreprise16, en incriminant ses

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Historique d’Internet et description des internautes

le comportement des internautes en France

B) L’arrivée d’Internet a changé la donne
1) Historique d’Internet et description des internautes
a) Petit historique
Internet a été créé à des fins militaires. Mais il est important de préciser qu’il doit beaucoup à la culture scientifique et universitaire. Il est né de la contre-culture et de l’esprit communautaire des années 60. Au départ, ses fondateurs se comptaient par centaines, répartis dans les universités et les centres de recherche aux Etats-Unis, puis ensuite partout dans le monde. Les initiateurs se « nourrissaient » du partage, de la création, de la réalisation et de la reconnaissance mutuelle.
En 1962, l’US Air Force mandata des chercheurs afin qu’ils mettent au point un système de communication décentralisé dans le but de se prémunir en cas d’attaque nucléaire Soviétique. En 1969, le réseau Arpanet fut crée par l’ARPA11; il reliait quelques dizaines de nœuds aux Etats-Unis en 1970.
Internet apparaît réellement en 1977 avec le logiciel de réseau TCP/IP, crée par Robert Kahn, David Clark, Louis Pouzin et Vinton Cerf. Dès la fin des années 80, Internet atteint l’Europe, le Japon, et l’Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande). Vers la fin des années 90, on assiste à l’Euphorie du secteur de l’internet. La net économie est en vogue et bon nombre de start-up sont créées.
Internet est le fruit d’une contribution successive. Loin des schémas économiques, les inventeurs d’Internet, sans planifier de développement, voulaient créer un modèle

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Evolution des crises et de la communication de crise

2) Evolution des crises et de la communication de crise
a) Un environnement mouvementé
L’environnement des entreprises bouge de plus en plus ; toute entreprise, petite ou grande, est susceptible d’être touchée par une crise. Quelque soit le secteur d’activité, c’est un phénomène qui peut atteindre n’importe quel type d’organisation.
De plus, des éléments nouveaux permettent de comprendre pourquoi les crises s’accélèrent :
*** L’évolution et la complexité technologique : les organisations sont plus fragiles qu’auparavant : centrales nucléaires, raffineries, laboratoires pharmaceutiques etc. Notre société invente des nouveaux procédés, met au point des nouvelles matières premières. L’énergie nucléaire, les OGM8 cristallisent les peurs des individus, et cela d’autant plus que les effets sont souvent invisibles (un nuage radioactif ne se voit pas).
La complexité technologie passe également par l’organisation en réseau qui renforce le risque de détournement de données, de sites etc.
*** L’influence et le rôle des médias : nous vivons dans une société d’information, voire de surinformation. Plus nombreux, plus libres, les médias recherchent l’opportunité d’audience, l’exclusivité et le scoop.
*** La sensibilité à l’environnement accrue : la vision d’oiseaux mazoutés, de jets d’effluents toxiques insupportent de plus en plus les français.
*** Le pouvoir du monde associatif : il est devenu un facteur aggravant. Les associations de protection de

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Définition et origine d’une crise : Qu’est-ce qu’une crise ?

Le logo de la société Procter et Gamble et le satan

I) Crise et Internet: deux phénomènes en pleine évolution
A) l’évolution des crises
1) Définition et origine d’une crise
a) Qu’est-ce qu’une crise ?
Pour Patrick Lagadec2, une crise est « une situation où de multiples organisations, aux prises avec des problèmes critiques, soumises à de fortes pressions externes, d’âpres tensions internes, se trouvent brutalement et pour une longue période, sur le devant de la scène, projetées les unes contre les autres…le tout dans une société de communication de masse, c’est-à-dire en direct avec l’assurance de faire la « une » des informations radiodiffusées, télévisées, écrites sur une longue période. »
Pour Thierry Libaert3, « la crise est un événement inattendu, mettant en péril la réputation et le fonctionnement d’une organisation ».
Même anticipée, la crise étonnera et surprendra toujours. L’événement déclencheur peut avoir été anticipé ou prévu, mais ce sont les conséquences qui sont les plus dangereuses (en terme de ventes, d’image, de confiance etc.). De la rapidité de réaction de l’entreprise, de sa réaction vis à vis de l’accident et des victimes, dépendra la montée en intensité de la crise.
La crise est donc un événement multi facettes, dont l’association et l’engrenage avec d’autres événements peuvent se montrer destructeurs.
Par conséquent, deux expressions majeures entrent dans la définition d’une crise : « événement inattendu » et « conséquences imprévisibles ».
Voici

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Internet et la communication de crise: accélérateur de crise

Internet et la communication de crise Internet est-il un accélérateur de crise ?

Internet et la communication de crise : accélérateur de crise ?
Groupe ESA-Paris
Master Communication et Marketing

Mémoire de fin d’études
Internet et la communication de crise Internet est-il un accélérateur de crise ?
Internet et la communication de crise
Internet est-il un accélérateur de crise ?

Étude confidentielle
Christelle CARRER

Tutrice de mémoire:
Mme Muriel Veyret

Promotion 2004

Préambule

Contexte de l’étude :

Cette étude a été réalisée dans le cadre de la préparation d’un Master Communication et Marketing, au sein de l’école ESA3, afin de mettre en application toutes les connaissances et techniques acquises durant la formation.
La validation de ce mémoire est indispensable pour l’obtention du diplôme (Niveau II), homologué par l’Etat.
Remerciements
Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont accompagnée, d’une façon ou d’une autre, dans la réalisation de ce mémoire, à commencer par Mme Veyret pour ses conseils sur l’élaboration de cette étude.
Un remerciement tout particulier à M. Pierre-Samuel Guedj pour l’entretien qu’il m’a accordé ainsi que pour ses

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La petite phrase « sale mec » : étude sémantique

La petite phrase « sale mec » : étude sémantique

La petite phrase « sale mec » : étude sémantique

D) « Sale mec »

1) Etude sémantique

Avant de s’intéresser aux mots, il faut rappeler le contexte de cette « petite phrase ». Celle-ci a été prononcée par le candidat au cours d’un déjeuner informel avec des journalistes, pendant lequel, cependant, aucune personne de l’entourage du candidat ne précise que les discussions sont « off ».

De plus, François Hollande se met dans la peau de Nicolas Sarkozy et l’imite.

Nous sommes donc dans un moment plutôt officieux et un peu décalé.

L’adjectif « sale », qui vient du francique salo signifiant « trouble » est classé comme appartenant au registre « familier » et est défini pour cette acception par un seul synonyme : « méprisable » (Le Petit Larousse, 1995 : 911).

Quant au substantif « mec », il appartient également, selon la même source, au registre familier et signifie soit, « garçon, homme » ou encore « mari, amant, compagnon » (Ibid., 642).

D’emblée, l’expression « sale mec » peut être qualifiée par quiconque d’injurieuse, ou d’irrespectueuse. En effet, même en y réfléchissant, nous avons du mal à percevoir le moindre signe positif envers celui qui est traité ainsi.

Peut-on alors parler de dérapage de la part du candidat socialiste ?

Il est certain que si celui-ci avait prononcé ces mots devant une caméra ou en réponse à une question d’un journaliste, le dérapage eût été avéré tant les termes utilisés ne sont pas ceux que l’on attend de la part d’un homme politique, même pour qualifier son adversaire.

Mais ce

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Président normal, la petite phrase de François Hollande

Président normal, la petite phrase de François Hollande - Etude sémantique et portée stratégique de Président normal

Président normal, la petite phrase de François Hollande

C) « Président normal »

1) Etude sémantique

Comme on l’a évoqué au moment d’aborder la question des mots-clés d’extraction, c’est le mot normal qui est le marqueur de cette déclaration, celui-ci ayant été par ailleurs associé à d’autres termes ou décliné différemment : candidat normal, normalité.

Deux définitions nous sont proposées pour définir cet adjectif : tout d’abord « qui est conforme à une moyenne considérée comme une norme ; qui n’a rien d’exceptionnel, ordinaire, habituel », puis « qui ne présente aucun trouble pathologique » (Le Petit Larousse, 1995 : 702).

Il y a donc deux « niveaux » de définition : la proximité avec la « norme » et une approche plus « médicale ». A partir de ces deux points de vue, on peut s’interroger sur ce qu’à vraiment voulu dire le candidat socialiste.

S’il est un terme largement employé dans la langue française, c’est bien le terme « normal ».

On l’emploie très souvent et pour signifier des choses de la vie quotidienne : on peut donc s’étonner de le voir associé à cette fonction suprême qu’est celle de Président de la République.

De plus, on peut considérer que cet adjectif est rarement utilisé pour qualifier un individu, ou alors, en des termes assez peu flatteurs ; si ce n’est pour parler de sa santé, dire de quelqu’un qu’il est « normal », ne s’apparente pas vraiment à un compliment :

On aura plutôt tendance à penser qu’un individu ainsi qualifié n’a « rien d’exceptionnel », pour reprendre la

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C’est le rêve français que je veux réenchanter. Hollande

C’est le rêve français que je veux réenchanter

C’est le rêve français que je veux réenchanter. La petite phrase

B) « C’est le rêve français que je veux réenchanter »

1) Etude sémantique

A nouveau, rappelons tout d’abord le contexte. C’est le 16/10/2011 que le candidat socialiste prononce cette phrase, même s’il avait déjà évoqué cette idée du rêve dans des discours précédents et pour le titre d’un de ses livres.

Il fait donc cette déclaration le soir de sa victoire aux Primaires : comme pour la « petite phrase » précédente, il y a un « contexte », un « moment » spécial qui l’« entoure ».

Pour définir le rêve selon l’acception dans laquelle il est utilisé ici, il s’agit d’une « représentation, plus ou moins idéale ou chimérique, de ce qu’on veut réaliser, de ce qu’on désire » (Le petit Larousse, 1995 : 888).

Même s’il ne faut sans doute pas exclure d’emblée la définition première de ce terme : « production psychique survenant pendant le sommeil et pouvant être partiellement mémorisée ».

Nous y reviendrons.

L’utilisation de ce terme revêt une forte signification. En effet, prendre le risque d’incarner un rêve nécessite de disposer d’arguments ou d’une capacité d’action qui soient à la hauteur de cette idée.

Dans le même temps, ce terme offre une certaine souplesse : si la politique est la mise en œuvre d’actions concrètes, promettre du rêve permet de s’abstraire d’être précis et de mettre en face de ce mot une liste de réalisations concrètes et identifiées.

La petite phrase : généralités, 2 définitions et historiques

Nous sommes ici dans le symbole, dans l’idéalisation, qui confère à celui qui l’utilise un

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