3 – Méthode de la recherche
Dans un premier temps, nous axerons notre recherche sur le discours des journalistes et des sociologues du journalisme sur la nouvelle donne issue de la généralisation de la presse en ligne.
Entre critique qualitative et tentatives incomplètes d’adaptation au numérique, les éditeurs de presse ont d’abord peiné à s’adapter au nouveau contexte de production de l’information. Nous aurons recours à ouvrages spécialisés sur Internet pour mettre en évidence le décalage fondateur entre le journalisme traditionnel et l’essence révolutionnaire du Web participatif, le Web 2.0.
Nous en tirerons des conclusions sur les nouvelles contraintes éditoriales auxquelles les journalistes Web doivent se plier pour être acteurs de l’information sur Internet et reprendre un rôle de référence et de prescription de l’information.
Nous établirons dans une deuxième partie une mise en perspective de trois discours éditoriaux celui de Rue 89, de Slate et de Fluctuat. A travers l’étude des occurrences syntaxiques, sémantiques, de la présence de techniques de production interactive de l’information (commentaires de lecteurs, conférence de rédaction participative, charte de commentaires, forum de lecteurs, blogs de lecteurs etc.) nous évaluerons le rôle croissant des lecteurs dans la formation de l’information et la frontière de plus en plus ténue entre les journalistes et leurs lecteurs contributeurs.
Pour ce faire, nous décrypterons le discours éditorial des sites selon la double dimension programmatique et résultative de la ligne éditoriale.
D’un côté, nous mettrons en évidence les promesses éditoriales des sites face à la doxa de la culture Web. Pour ceux, les fondateurs des trois sites que nous avons étudiés ont accepté de témoigner sur le projet éditorial d’origine de leurs sites et aux évolutions qu’ils anticipent pour adapter leur média aux changements de l’espace numérique. Pascal Riché pour Rue 89, Johan Hufnagel pour Slate et Alexandre Boucherot pour Fluctuat ont dévoilé non seulement leurs