Impact des stratégies visuelles sur les attitudes du consommateur

Impact des stratégies visuelles sur les attitudes du consommateur

7.1.2 Interprétation

La théorie d’adéquation des ressources n’est pas adaptée à nos résultats

Nous venons de voir que les résultats de l’interaction entre fatigue et complexité vont à l’encontre de la théorie d’adéquation des ressources. Nous observons que les publicités les plus efficaces ne sont finalement pas celles pour lesquelles il y a adéquation entre niveau de ressources disponible et niveau de ressources exigé.

Au contraire, dans le cas des salariés, ce sont même les cas d’inadéquation qui entrainent les meilleurs scores de rappel de la marque. Ainsi, de façon inattendue, ce sont les participants fatigués qui se souviennent le mieux de la marque lorsqu’ils visionnent les publicités complexes.

Le surcroit d’élaboration pour compenser la fatigue, observé à l’encodage, permet alors aux participants fatigués d’obtenir des traces durables des informations présentées, leur permettant ainsi de mieux se souvenir de la marque promue.

La théorie d’adéquation des ressources prévoyait que les participants fatigués n’auraient pas assez de ressources disponibles pour traiter les publicités complexes. Or, nous observons que les salariés mobilisent le peu de ressources disponibles pour traiter efficacement le message complexe.

Ainsi, plutôt que l’adéquation des ressources, ce serait plutôt le principe de stratégie dynamique d’adaptation des ressources (Desmond et Matthews, 1997; Matthews et al, 1996) qu’il semble pertinent de mobiliser pour expliquer nos résultats. Ce

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Profondeur de traitement des informations et Mouvements des yeux

Profondeur de traitement des informations et Mouvements des yeux

Chapitre 7

Discussion et limites de la recherche

7.1 Discussion

7.1.1 Synthèse des résultats

Influence de la profondeur de traitement des informations sur les mouvements des yeux

Nous avons trouvé dans notre étude préliminaire que le niveau de traitement influence significativement les indicateurs de mouvement des yeux. En particulier, un traitement profond de la publicité conduit à plus de fixations, qui durent en moyenne plus longtemps et sont associées à des saccades plus longues que lors d’un traitement superficiel.

Ainsi, le temps total passé à fixer un stimulus en condition de traitement profond est plus long que pour un traitement superficiel, et il en est de même pour la distance totale parcourue par le regard.

Nous avons également mis à jour un effet significatif de l’interaction entre le type de traitement et le niveau de complexité sur la plupart de nos indicateurs de mouvement des yeux.

Nous observons que les scores de la condition de traitement superficiel dans le cas des publicités simples sont les plus bas pour nos indicateurs globaux comme le nombre de fixations, le temps total de fixation et la distance totale parcourue.

En revanche, nous observons que pour nos indicateurs de moyenne – durée moyenne d’une fixation et longueur moyenne d’une saccade – les scores les plus élevés sont ceux de la condition de traitement superficiel dans le cas des publicités complexes. Du fait des difficultés potentielles rencontrées avec les publicités complexes, nous nous attendions plutôt à

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Mouvements des yeux : fatigue et complexité de la publicité

Mouvements des yeux : fatigue et complexité de la publicité

Mouvements des yeux : fatigue et complexité de la publicité

Chapitre 6

Effets de la fatigue et de la complexité de la publicité sur les mouvements des yeux, les attitudes, et la mémorisation

Nous venons de montrer que les niveaux de traitement de l’information peuvent se manifester par des mouvements des yeux spécifiques. Ils peuvent donc être mesurés à partir des mouvements des yeux.

Il est maintenant temps de regarder comment ces mouvements des yeux ainsi que les attitudes et la mémorisation se comportent face à la fatigue et à la complexité de la publicité.

Nous avons effectué une première expérience sur un échantillon d’étudiants en première année d’école de commerce. Nous obtenons ainsi une population homogène en termes sociodémographiques, d’éducation, et de rythme de vie.

Ainsi, nous nous assurons de la validité interne de nos résultats. Dans un deuxième temps, nous répliquons l’expérience avec un autre type de population.

Cette fois-ci, nous avons interrogé des salariés travaillant sur le campus de l’école de commerce.

Ce nouvel échantillon nous permet de capturer des stratégies de compensation de la fatigue différentes de celles employées par les étudiants. Nous nous attendons en effet à ce que les salariés appréhendent la fatigue au quotidien différemment des étudiants.

Nous faisons ainsi l’hypothèse que cet échantillon est plus enclin à être influencé par la fatigue et le niveau de complexité d’une tâche que nos étudiants.

Ces derniers ont en effet pour quotidien de trouver des parades efficaces pour faire face à la fatigue et aux activités exigeantes en termes de ressources cognitives.

Comme pour le chapitre précédent, nous débutons chaque expérience par la présentation de la méthodologie de l’étude.

Nous y décrivons l’échantillon, le plan expérimental, les stimuli publicitaires, et le déroulement de la procédure. Nous terminons avec la description des résultats de nos analyses et notre conclusion.

6.1 Etude 2A

6.1.1 Etude 2A – Méthode

Cette étude a pour objectif d’examiner l’effet de la fatigue et du niveau de complexité sur les mouvements des yeux, les attitudes, et la mémorisation.

Participants

Dans cette étude, quarante étudiants d’une école de commerce se sont portés volontaires pour participer à l’expérience. Nous les avons recrutés lors d’un cours d’introduction au marketing.

Le choix de prendre des étudiants répond à deux critères. Tout d’abord, la praticité.

En effet, comme nous le verrons tout à l’heure, nous demandons aux participants de venir trois fois dans la journée. Ainsi, il est plus commode de faire participer des étudiants logeant sur le campus.

Deuxièmement, c’est une population homogène, ce qui nous permet de contrôler plusieurs facteurs corrélés à l’effet du moment de la journée.

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La condition de traitement et la complexité de l’information

Effet d’interaction sur le nombre de fixations selon les niveaux de traitements et de complexité

La condition de traitement et la complexité de l’information

5.2.4 Interaction de la condition de traitement et de la complexité de l’information

MoyenneMoyenne

des carrés

ddlFη2
Nombre de fixations :

Profond Simple

Complexe Superficiel Simple Complexe

9,18a

9,47a

4,46

7,56a

184*15,2430,054
Durée moyenne d’une fixation en ms :

Profond Simple

Complexe Superficiel Simple Complexe

99 a

104 a

103 a

127

9112*16,1510,063
Somme des durées de fixation en ms :

Profond Simple

Complexe Superficiel Simple Complexe

1738 a

1784 a

844

1566 a

1,060 x

107**

17,6160,076
Longueur moyenne d’une saccade en mm :

Profond Simple

Complexe Superficiel Simple Complexe

30 a

33 a

31 a

39

111811,2830,014
Somme des longueurs de saccades en mm :

Profond Simple

Complexe Superficiel Simple Complexe

499 a,b

517 b

221

385 a

7,783

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Effet de la complexité de la publicité : négatif et significatif

Effet de la complexité de la publicité : négatif et significatif

5.2.3 Effet de la complexité de la publicité

Sur les indicateurs de mouvements des yeux

Au niveau de la publicité

Tableau 5 Différences de moyennes de nos indicateurs de mouvements des yeux, valeur de t et η2 en fonction du niveau de complexité de la publicité

MoyenneDifférencetη2
Nombre de fixations :

simple complexe

6,54

8,11

-1,56*-2,3090,010
Durée moyenne d’une fixation en ms :

simple complexe

109

99

-11**2,7650,011
Somme des durées de fixation en ms :

simple complexe

1226

1584

-358**-2,6580,014
Longueur moyenne d’une saccade en mm :

simple complexe

33

31

21,0840,002
Somme des longueurs de saccades en mm :

simple complexe

338

429

-91**-2,4960,011

*** p<0,001; ** p<0,01; * p<0,05

Le tableau 5 montre les résultats obtenus en effectuant un test t pour échantillons appariés sur nos différents indicateurs de mouvements des yeux suivant le niveau de complexité de nos

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Effet de la condition de traitement de l’information publicitaire

Elément de la publicité le plus longtemps regardé en fonction de la condition de traitement de l’information
Effet de la condition de traitement de l’information publicitaire

5.2.2 Effet de la condition de traitement de l’information

La procédure du test t pour échantillons appariés permet de calculer la différence de valeurs entre deux variables pour chaque observation et de tester si la moyenne diffère de 0. Par conséquent, nous utilisons cette procédure pour comparer les scores de reconnaissance, les temps de réponse, et nos différents indicateurs de mouvements des yeux suivant les conditions de traitement (traitement profond par rapport à traitement superficiel).

Sur les indicateurs de mouvements des yeux

Au niveau de la publicité

Tableau 3 Différences de moyennes de nos indicateurs de mouvements des yeux, valeur de t et η2 en fonction du niveau profond vs. superficiel de traitement

MoyenneDifférencetη2
Nombre de fixations :

profond superficiel

9,26

5

3,87***6,6690,116
Durée moyenne d’une fixation en ms :

profond superficiel

113

95

18***4,5810,068
Somme des durées de fixation en ms :

profond superficiel

1739

1070

669***5,9150,087
Longueur moyenne d’une saccade en mm :

profond

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Statistiques descriptives sur les indicateurs de mouvement des yeux

Schéma des séquences de fixations
Statistiques descriptives sur les indicateurs de mouvement des yeux

5.2 Résultats

5.2.1 Statistiques descriptives de l’échantillon sur les indicateurs de mouvement des yeux

Le tableau 2 présente les statistiques de l’échantillon pour chacun de nos indicateurs de mouvement des yeux. Nous pouvons y retrouver les moyennes des indicateurs par publicité et les moyennes par élément de chaque publicité (cf. les lignes « Titre », « Image », « Texte », ou « Logo »).

Nombre de fixations : Nous trouvons que nos participants effectuent en moyenne 7,32 fixations par publicité. Plus spécifiquement, l’image est fixée 3,66 fois en moyenne, le titre est fixé 2,13 fois, le texte entraîne 1,29 fixations, et finalement le logo est fixé 0,29 fois. D’après un test post-hoc de Bonferroni, chacun de ces nombres moyens de fixation par élément est significativement différent des trois autres (p < 0,001).

Durée moyenne d’une fixation : Une fixation dure en moyenne 104 ms. En ce qui concerne l’image, une fixation dure 208 ms en moyenne. Pour le titre, une fixation dure 107ms; une fixation sur le texte dure 67 ms; et quant au logo, une fixation dure 37 ms. D’après un test post-hoc de Bonferroni, chaque durée moyenne d’une fixation par élément est significativement différente des trois autres (p < 0,001).

Temps total de fixation : Lorsque les durées de fixation sont additionnées, nous trouvons que les participants passent en moyenne 1405 ms à fixer une publicité. Le temps passé à fixer l’image est de 750 ms; il est de 378 ms pour le titre; les participants fixent le texte

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Déroulement de la procédure de Craik et Tulving 1975 Stimuli

Procédure de la phase 2 = Test de reconnaissance

Déroulement de la procédure de Craik et Tulving 1975 Stimuli

Chapitre 5

Effet des niveaux de traitement de l’information sur les stratégies visuelles d’encodage des publicités

5.1.4 Déroulement de la procédure

La figure 12 représente schématiquement le déroulement de l’expérience. Lorsque les participants arrivent au laboratoire, ils s’installent devant l’oculomètre et nous procédons au calibrage de la machine.

Cette étape est importante car elle permet au Tobii 1750 de se familiariser avec les mouvements des yeux du participant. De cette façon, les mouvements des yeux sont correctement reconnus par la suite lors du visionnage des stimuli, ce qui nous permet de localiser ce qui a été vu précisément dans le stimulus et à quel moment.

Figure 12. Séquence des tâches de l’expérience

Séquence des tâches de l’expérience

L’expérience débute avec la phase d’encodage des stimuli. Nous présentons les six publicités-stimuli pour la première fois aux participants avec les instructions suivantes :

Instructions

La présente étude a pour objectif d’examiner votre manière de regarder des publicités, ainsi que votre temps de réponse à des questions relatives à ces publicités. Pour cela:

– Nous allons vous présenter plusieurs publicités.

– Mais avant chaque publicité, nous vous poserons une des deux questions suivantes (l’ordre est aléatoire):

soit « Voyez-vous du jaune quelque part dans la publicité? »

soit « D’après vous, cette publicité a-t-elle sa place dans un catalogue de papeterie / fourniture de bureau? »

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Effet du niveau de traitement de la publicité sur la stratégie visuelle

exemple de publicité simple

Effet du niveau de traitement de la publicité sur la stratégie visuelle

Chapitre 5

Effet des niveaux de traitement de l’information sur les stratégies visuelles d’encodage des publicités

L’objectif de ce chapitre est d’examiner le lien entre les niveaux de traitement de l’information et les mouvements des yeux. Nous cherchons à savoir s’il est possible d’observer à travers les mouvements des yeux la profondeur de traitement de l’information par l’individu lorsqu’il est exposé à la publicité.

Les informations contenues dans une publicité pouvant être traitées superficiellement ou en profondeur (Craik, 2002), le souvenir de ces informations est plus ou moins vivace selon le niveau d’élaboration des éléments de la publicité (Craik et Lockhart, 1972).

Cependant, les recherches portant sur les niveaux de traitement se heurtent souvent à l’absence de mesure objective de cette variable. Ainsi, il est reproché à certains résultats de ne pas prendre en compte l’endogénéité de l’opérationnalisation des niveaux de traitement (cf. Baddeley, 1978), et de suivre le raisonnement en boucle suivant: un niveau élevé d’élaboration conduit à une meilleure mémorisation, du fait que l’information ait été traitée en profondeur.

Nous cherchons donc dans ce chapitre à pallier l’actuelle absence dans la littérature d’une opérationnalisation satisfaisante des niveaux de traitement en ayant recours aux mouvements des yeux.

Cette étude préliminaire a pour objectif d’identifier un lien formel entre les niveaux de traitement de l’information et les stratégies visuelles

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Les mouvements des yeux et la publicité

Les mouvements des yeux et la publicité

4.5.3 Les mouvements des yeux et la publicité

Plusieurs études ont réussi à mettre à jour certains principes sous-jacents au visionnage des publicités. Il était important de trouver des principes indépendants de la nature des publicités, celles-ci pouvant varier de façon infinie. Premièrement, lorsque la publicité est visualisée dans le cadre d’un achat à venir, le consommateur va en général directement lire le texte (Rayner et al. 2001), et en particulier le titre.

Deuxièmement, bien que les logos et noms de marques prennent peu de place dans une publicité, ils reçoivent cependant plus de fixations par unité de surface que le texte ou l’image (Wedel et Pieters, 2000). Troisièmement, le texte a tendance à être l’élément de la publicité le plus longuement fixé, d’autant plus si nous rapportons le temps de fixation à l’unité de surface (Rayner et al, 2001; Wedel et Pieters, 2000).

Quatrièmement, Rayner et al. (2001) ont montré que les consommateurs ont d’abord tendance à lire le titre, ensuite le texte argumentaire, puis ils regardent l’image (même si certains commencent par un bref regard sur l’image).

D’après les auteurs, il n’existe donc pas d’aller-retour entre les parties du texte et la partie image de la publicité. Ils rapportent que les consommateurs explorent chaque partie de façon détaillée et séquentiellement. Au contraire, Radach et al. (2003) trouvent que les consommateurs opèrent des allers-retours entre les différents éléments de la publicité (allers-retours entre le titre, le texte

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Les mouvements des yeux, la lecture et le visionnage d’une image

Les mouvements des yeux, la lecture et le visionnage d’une image

4.5 Applications au traitement de l’information par le consommateur

4.5.1 Les mouvements des yeux et la lecture

La lecture est le champ d’étude privilégié des recherches sur les mouvements des yeux. Les individus traitent l’information en ayant recours à des stratégies spatiales apprises au fil du temps (Lohse, 1997). Ainsi, dans la culture occidentale, la lecture d’un texte commence par le coin supérieur gauche pour terminer par le coin inférieur droit, et il se lit du haut vers le bas.

Les stratégies de lecture sont fortement dominées par l’origine culturelle. Lam, Chau et Wong (2007) rapportent en effet que les personnes de langue maternelle arabe ou hébreu utilisent naturellement une stratégie de lecture allant de droite à gauche.

Les mouvements des yeux varient également en fonction des capacités de lecture.

Rayner (1998) par exemple rapporte de nombreuses différences individuelles selon le niveau de lecture. Ainsi, les lecteurs rapides effectuent des fixations plus courtes et de plus longues saccades que les lecteurs lents. Il en est de même pour les individus bilingues.

La nature du texte influence également les mouvements des yeux. Rayner (1998) rapporte que lorsque le texte devient de plus en plus difficile à comprendre, les durées de fixations augmentent et les longueurs de saccades diminuent. Des variables liées à la forme du texte – la typographie, la qualité de l’impression, la longueur des lignes de texte, ou l’espacement des lettres – vont impacter les mouvements des yeux

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Les mouvements des yeux à partir de l’oculomètre Tobii 1750

Le Tobii 1750
Les mouvements des yeux à partir de l’oculomètre Tobii 1750

4.4 Collecte de données de mouvements des yeux : design expérimental avec un oculomètre

4.4.1 L’enregistrement des mouvements des yeux à partir de l’oculomètre Tobii 1750

Un oculomètre permet d’enregistrer de façon continue la position exacte du regard d’un individu (le point de fixation). L’information est extraite d’une zone très précise du champ visuel, appelée la fenêtre de perception.

Et l’identification des détails contenus dans le stimulus n’est possible qu’à partir du moment où ils se trouvent dans la région fovéale. Ces spécificités confèrent aux mouvements des yeux la capacité d’indiquer la façon dont le stimulus a été traité. C’est ce que nous verrons plus en détail avec la définition des indicateurs de mouvements des yeux et leur interprétation.

L’utilisation d’un oculomètre a surtout l’avantage d’être une méthode de traçage moins intrusive que celle des protocoles verbaux ou celle des panneaux de présentation des informations (information display boards). Avec la technologie actuelle, la collecte des données peut s’effectuer sans que les participants ne gardent à l’esprit que les mouvements de leurs yeux sont enregistrés durant toute l’expérience (voir figure 7).

Figure 7. Oculomètre Tobii 1750

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Attention visuelle, Mouvements des yeux et Stratégies visuelles

Attention visuelle, Mouvements des yeux et Stratégies visuelles

4.3 Attention visuelle et mouvements des yeux

4.3.1 L’attention visuelle

D’après Wedel et Pieters (2000), les mouvements des yeux constituent d’excellents indicateurs de l’attention visuelle. En effet, ce sont des réponses physiologiques à un stimulus visuel, qui se trouvent être des mesures de l’attention plus objectives et plus fiables que les réponses à des questionnaires auto-administrés ou encore les scores de mémorisation (Rosbergen, Pieters, et Wedel, 1997).

Duchowski (2007) rappelle que les humains ne sont pas capables de porter leur attention sur une multitude de choses à la fois. Notre capacité de traitement des informations est limitée. L’attention sert ainsi à centrer nos capacités mentales sur une sélection d’informations sensorielles, ce qui permet à l’esprit de traiter le stimulus intéressant de façon efficace. La vision humaine fonctionne par extraction de fragments d’information, qui sont ensuite intégrés pour construire une représentation cohérente du tout.

L’attention correspond de façon simultanée à un renforcement du traitement cognitif de certains objets contenus dans le stimulus visuel (inclusion) et à la suppression d’autres objets (exclusion). De cette façon, l’incertitude liée à l’identité des objets présents dans le stimulus se trouve réduite, ce qui permet de mieux les discriminer (voir Pieters et Wedel, 2008; Wolfe, 2000).

Il existe des facteurs susceptibles d’attirer l’attention du lecteur : la taille de l’image, le type de consigne de

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Système visuel et Mouvements des yeux : saccades et fixations

Coupe anatomique de l’œil

Système visuel et Mouvements des yeux : saccades et fixations

Deuxième partie

Etudes expérimentales

Cette deuxième partie est consacrée à la mise en œuvre expérimentale du test de nos hypothèses et à la présentation de nos résultats. Nous cherchons à examiner spécifiquement les effets d’interaction du niveau de ressources exigé (la complexité de la publicité) et du niveau de ressources disponible (le niveau de fatigue) sur les stratégies visuelles de traitement de l’information.

Dans un deuxième temps, nous regardons comment ces stratégies visuelles influencent à leur tour les évaluations et la mémorisation des éléments de la publicité.

Les stratégies visuelles, à travers l’étude des mouvements des yeux, occupent une place prépondérante dans nos procédures expérimentales. En effet, les mouvements des yeux sont considérés comme des indicateurs fiables du comportement d’acquisition des informations (Janiszewski, 1998; Pieters et Wedel, 2004; Rayner et al, 2001).

Nous commençons en faisant le point sur les aspects théoriques et techniques de l’analyse des mouvements des yeux (chapitre 4), méthode phare des études portant sur l’attention visuelle.

Nous détaillons l’éventail des stratégies visuelles disponibles, calculées à partir des fixations et des saccades. Ensuite, nous décrivons notre première étude visant à déterminer un lien formel entre les niveaux de traitement de l’information et les stratégies visuelles d’encodage des publicités (chapitre 5). En effet, ce lien nous permet de pallier le manque de mesure objective des niveaux de

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Fatigue du consommateur, Complexité et Traitement de la publicité

Fatigue du consommateur, Complexité et Traitement de la publicité

3.3.3 Effets d’interaction de la fatigue et de la complexité sur le traitement de l’information publicitaire

Les trois dernières hypothèses de cette thèse concernent l’interaction entre la fatigue et la complexité. Pour les élaborer, nous nous appuyons sur la théorie de l’adéquation des ressources. Nous allons essayer de comprendre, selon cette théorie, quel est l’impact conjoint de la fatigue et de la complexité sur les mouvements des yeux (hypothèse 7), sur les attitudes (hypothèse 8), et sur la mémorisation (hypothèse 9).

Selon la théorie d’adéquation des ressources (Anand et Sternthal, 1989, 1990), un faible niveau de ressources disponible rend les consommateurs plus réceptifs aux publicités requérant peu de ressources exigées.

Comme nous l’avons mentionné plus haut, nous considérons la fatigue comme déterminant du niveau de ressources disponible et la complexité comme déterminant du niveau de ressources exigé. Ainsi, l’esprit général de nos hypothèses est de postuler que l’efficacité de la publicité est à son optimum s’il y a adéquation du niveau de fatigue de l’individu et du niveau de complexité de la publicité.

En effet, lorsque des consommateurs fatigués visionnent des publicités complexes, le niveau de ressources demandé excède celui des ressources disponibles, la publicité ne peut donc être traitée dans sa totalité et de façon optimale. Ils sont en revanche capables de traiter des publicités simples, exigeant moins de ressources. Ainsi, pour des individus fatigués, les

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