Adhésion des acteurs de l’AP-CP

Adhésion des acteurs
Adhésion des acteurs de l’AP-CP

3) Obtenir l’adhésion des acteurs

Les techniques des autorisations de programmes et crédits de paiement AP-CP sont délicates à comprendre. Des efforts de clarification, de vulgarisation sont souvent nécessaires.

L’incompréhension suscite mal entendus, sentiment d’être lésé, déresponsabilisation.

Le recours aux autorisations de programmes et crédits de paiement AP-CP suppose quasiment toujours d’anticiper les modes d’information aux acteurs, les formations nécessaires auprès des agents techniques, des gestionnaires et des élus, et les modes de collaboration entre les techniciens et les financiers.

Les instruments financiers extrabudgétaires que sont les programmations pluriannuelles des investissements PPI, facilités par le recours à la technique des autorisations de programmes et crédits de paiement AP-CP pour assurer la bonne régulation des dépenses, constituent ainsi à la fois des moyens de gestion opérationnelle visant à mettre en œuvre les politiques publiques d’investissement, et des outils de participation à l’élaboration de la planification stratégique, dans la mesure où ils aident à hiérarchiser, à prioriser les interventions, et à s’interroger à la segmentation stratégique.

Ils participent donc de la culture des choix et intègrent une logique d’objectifs. Ils relèvent également d’une logique de résultats, puisqu’ils évaluent le réalisé, et proposent des actions correctrices quand des écarts sont constatés. Ils sont ainsi garants de la performance des réalisations des investissements.

La grande liberté accordée par le

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Autorisation de programmes et règles de bonne gestion

Autorisation de programmes et règles de bonne gestion

III. Une nécessaire prudence dans le recours à l’outil

1) Avant chaque AP, évaluer les marges de manœuvre

Le principal risque de la gestion en autorisations de programmes et crédits de paiement AP-CP est la déconnexion progressive entre le montant total des AP voté, et le montant total maximum de CP inscrit au BP.

En effet, l’échelonnement de vote d’AP sur les exercices successifs peut conduire, à terme, à la constitution d’un stock d’AP auquel les CP de chaque exercice ne peuvent plus faire face.

La collectivité doit donc veiller au rapport entre le stock d’AP et le montant des CP annuels. Ce rapport constitue le taux de couverture des AP en nombre d’années en CP.

Le calcul de ce ratio vise à assurer une capacité d’anticipation suffisante de la collectivité pour assumer l’intégralité des AP sur le mandat.

L’échelonnement du montant total des CP est sans cesse amené à évoluer, du fait du vote de nouvelles AP induisant de nouveaux CP, du fait des modifications de l’échelonnement de certains CP (parce qu’une opération a pris du retard, parce qu’une autre doit être accélérée)… Il s’agit donc d’évaluer avec précision le besoin annuel de CP.

Ce besoin annuel de CP doit être comparé avec la capacité maximum de paiement120. Si le besoin annuel de CP vient à dépasser la capacité maximum de paiement annuelle, la collectivité sera contrainte de réduire son besoin en CP en lissant dans le temps les inscriptions d’AP nouvelles. Elle peut également envisager

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Les autorisations de programmes et crédits de paiement AP-CP

Les autorisations de programmes et crédits de paiement AP-CP

II. Les autorisations de programmes et crédits de paiement AP-CP un atout pour la visibilité de l’action

1) Une amélioration du taux de réalisation

Les autorisations de programmes et crédits de paiement AP-CP sont un moyen idéal pour améliorer les taux de réalisation. Grâce aux AP, il n’est plus nécessaire d’inscrire dans un seul et même budget la totalité du coût d’un projet qui sera réalisé sur plusieurs années. Désormais, seuls les crédits dont on prévoit la consommation pendant l’exercice seront inscrits au BP. Il n’est donc plus nécessaire d’avoir recours à une hausse brutale de la fiscalité pour finalement ne réaliser qu’une faible partie des projets.

2) Un rapprochement entre budget et compte administratif

L’amélioration des taux de réalisation ont pour conséquence un rapprochement entre le BP et le compte administratif. En anticipant uniquement ce qui sera consommé pendant l’exercice, le BP se rapproche forcément du compte administratif. Le BP constitue en quelque sorte « une pré-maquette du compte administratif »119.

3) Une disparition des reports

En inscrivant uniquement les crédits dont on a réellement besoin pendant l’année, les documents budgétaires n’ont plus de raison d’être encombrés par des reports de crédits non consommés, ou par d’importants reports d’emprunts visant à assurer l’équilibre du BP, et qui suscitent l’interrogation de l’opposition et des prêteurs. Cela participe à la clarification des comptes, à leur meilleure

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Adaptation du droit budgétaire aux soucis de pluriannualité

Adaptation du droit budgétaire aux soucis de pluriannualité

Chapitre 2 – La gestion en AP-CP, garantie d’une régulation des dépenses de qualité

La gestion financière locale est marquée par le principe très ancien de l’annualité budgétaire, légitimé par le souci de contrôle démocratique de la gestion publique : les autorisations de dépenses et recettes sont décidées chaque année pour une année113. De ce principe découle l’impossibilité d’utiliser par anticipation au cours d’une année, les crédits ouverts au titre de l’année suivante. De même, l’utilisation de crédits de l’exercice antérieur au cours de l’exercice suivant est-il proscrit.

Toujours selon ce principe, l’engagement comptable et juridique des dépenses, qui est obligatoire, doit être annuel (les anticipations de ce qui devra être payé se conçoivent que dans un cadre annuel).

Or, la réalisation d’un équipement s’étale sur de nombreuses années. Le principe de l’annualité conduit les collectivités à inscrire l’intégralité du coût prévisionnel d’un investissement au même budget. La capacité d’engagement annuelle de l’investissement est alors énorme. Bien entendu, seule une partie de ces crédits est consommée pendant l’année. Les crédits engagés qui n’ont pas été mandatés sont alors reportés d’une année sur l’autre, jusqu’à ce que l’équipement soit réalisé.

Cette gestion présente des inconvénients que les autorisations de programmes et crédits de paiement AP-CP entendent dépasser.

I. Une adaptation récente du droit budgétaire aux

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La programmation pluriannuelle des investissements PPI

La programmation pluriannuelle des investissements PPI

La programmation pluriannuelle des investissements PPI

Partie 3 : La performance par le pilotage des dépenses d’investissement

Les analyses techniques et fonctionnelles, économiques, juridiques et patrimoniales ont constitué des critères objectifs permettant aux élus de sélectionner les projets correspondant à la réalisation des politiques publiques.

Pour être mis en œuvre, chaque investissement doit pouvoir être financé individuellement, par des inscriptions de crédits au budget. Alors que le budget local est régi par le principe de l’annualité, un investissement se réalise la plupart du temps sur plusieurs années.

La difficulté est alors de pouvoir acquérir une vision financière pluriannuelle, pour s’assurer du financement des projets sur plusieurs années.

Les collectivités ont alors développé des instruments financiers extra budgétaires à vocation pluriannuelle. Les programmations pluriannuelles d’investissement (PPI) cherchent à garantir la réalisation des investissements dans le respect des équilibres budgétaires.

Elles intègrent pour cela à la fois les préoccupations des projets, et le souci de se conformer à la capacité d’investissement annuelle. Ce type de programmation revêt ainsi une dimension physique et financière. Les PPI sont l’objet du chapitre qui suit.

Le droit budgétaire a beaucoup évolué. En prenant en compte le souci des collectivités de dépasser la simple vision annuelle de la dépense, le législateur a développé les possibilités de recours à des techniques de gestion pluriannuelle, via les autorisations de programmes et

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Gestion optimisée du patrimoine et stratégie patrimoniale

Gestion optimisée du patrimoine et stratégie patrimoniale
II… à la stratégie patrimoniale

Voici quelques atouts de l’inventaire, quand il est exploité comme un outil stratégique. L’inventaire permet de :

1) Régulariser certaines situations par la connaissance du statut juridique des biens, et des utilisateurs

La connaissance de chaque bien permet d’abord d’éclaircir la situation juridique de chacun d’eux. L’enchevêtrement des compétences et l’insuffisance du suivi des accords (parfois implicites) entre collectivités sur les mises à disposition de biens, ont conduit à des situations où l’on finit par ignorer le statut juridique du bien, voire même par avoir des doutes sur le réel propriétaire. L’inventaire a donc pour mérite d’éclaircir la situation juridique des biens, et donc les droits et responsabilités de la collectivité sur ces biens. L’inventaire donne la matière des analyses juridiques (cf. partie 2 chapitre 2).

L’inventaire est le moyen d’avoir une vision exhaustive de l’ensemble des utilisateurs des biens de la collectivité. Les études techniques et fonctionnelles (cf. partie 2 chapitre 1) doivent se référer à l’inventaire, pour être sûr de n’omettre aucun équipement. Mais surtout, l’inventaire permet de déceler les éventuels occupants sans titre du domaine public et d’engager une réflexion sur les ressources perçues des redevances d’occupation du domaine public. C’est alors l’occasion se s’interroger sur la fiabilité des procédures de gestion locative et d’affectation des biens.

C’est ce qu’a

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Gestion du patrimoine, préalable au choix d’investissement

Gestion du patrimoine, préalable au choix d’investissement

Chapitre 4 – La recherche d’une gestion optimisée du patrimoine, un préalable aux choix d’investissements

L’ensemble des analyses évoquées portent sur les projets d’investissement. Mais elles peuvent, et doivent également porter sur les actifs existants qui sont la propriété de la collectivité. La connaissance de données techniques, économiques, financières, juridiques sur le patrimoine de la collectivité, permettent de décider d’actions de valorisation des ouvrages.

Cette valorisation peut permettre de répondre à certains besoins de la population en évitant de nouveaux investissements. Elle est aussi un moyen d’accroître les ressources ou de diminuer les charges de certains équipements. L’optimisation du patrimoine recherche ainsi la rentabilité sociale et économique de l’existant.

La bonne connaissance de l’état du patrimoine doit donc précéder toute décision d’investissement. Il s’agit d’éviter les investissements précipités, qui, rappelons le, engagent des dépenses souvent très lourdes et sur le long terme.

Pour engager des actions de valorisation, les informations sur le patrimoine doivent être regroupées. C’est le but de l’inventaire.

Par les informations qu’il peut contenir, un inventaire interroge sur l’utilité des biens possédés, sur la pertinence de leur affectation, sur leur état physique, sur leur capacité à dégager des ressources, sur les raisons de leur coût, sur leur modalité de gestion …

L’inventaire est le moyen pour les responsable des

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L’externalisation par le recours à des biens privés

L’externalisation par le recours à des biens privés

III. L’externalisation par le recours à des biens privés

L’analyse économique peut avoir convaincu les élus de l’intérêt de développer certains services en se déchargeant entièrement des contraintes liées à la propriété des équipements accueillant ces services. La détention du patrimoine a en effet un coût (entretien, maintenance, assurance,…) qu’il peut être intéressant d’éviter.

L’externalisation ne pose pas de difficulté pour les biens du domaine privé. En revanche, le droit de la domanialité pose l’obligation d’appartenance à la personne publique des biens indispensables au fonctionnement des services publics (c’est-à-dire des biens qui font l’objet d’un aménagement indispensable pour l’exécution des missions de service public). Pour ces biens là, deux exceptions peuvent être évoquées : le BEA et le crédit-bail.

1) La location ordinaire de droit privé pour les biens du domaine privé

Un immeuble qui ne comporte pas d’aménagement indispensable au fonctionnement d’un service public peut donc être loué par la collectivité, comme le ferait un particulier, selon les règles du droit civil et commercial. Sont alors concernés l’ensemble des biens du domaine privé de l’administration.

L’ordonnance du 21 avril 2006 restreint davantage le champ de la domanialité publique en sortant du domaine public les immeubles à usage de bureaux des personnes publiques (art. L2211-1 du CGPPP). Dès lors que ces immeubles ne relèvent plus du domaine public, ils deviennent

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Garanties pour assurer la qualité du service public

La détermination des critères de choix
Garanties pour assurer la qualité du service public

2) La détermination des critères de choix

Ce rapide panorama permet de hiérarchiser les différents instruments juridiques selon le risque financier encouru par la collectivité et la durée de la relation avec le partenaire, pour la réalisation et pour l’exploitation des biens (La particularité de certains contrats empêche de les faire apparaître dans ces schémas).

Chaque mode de délégation présente donc des avantages et des inconvénients. Le critère de choix dépendra de la nature du projet et de l’analyse qui en sera faite.

Le choix final s’effectuera selon les critères suivants (hormis les cas où la loi impose un mode précis de gestion) :

  • -moyens techniques et humains dont dispose la collectivité pour réaliser son projet,
  • -son expérience dans le domaine en question (selon ses compétences),
  • -sa capacité financière (tant pour l’investissement que pour le fonctionnement induit),
  • -la durée de relation qu’elle est prête à assumer avec le partenaire
  • -le risque financier encouru par les différents modes de gestion,
  • -le poids politico-historique local
  • -le choix politique de mettre la collectivité en

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Externalisation de réalisation et d’exploitation des ouvrages publics

Externalisation de réalisation et d’exploitation des ouvrages publics
Externalisation de réalisation et d’exploitation des ouvrages publics

II. Le choix de l’externalisation de la réalisation et de l’exploitation des ouvrages publics

Le tableau suivant liste les principaux outils juridiques dont disposent les collectivités pour gérer leurs investissements, en précisant s’ils ont pour objet la réalisation (ou l’acquisition) et/ou l’exploitation de biens.

Externalisation de réalisation et d’exploitation des ouvrages publics

Il conviendra de dresser une synthèse de ces outils pour comprendre leurs objectifs, les conditions de leur emploi, leurs modalités de financement et de mise en œuvre, pour saisir leurs avantages et inconvénients. Des exemples de recours à ces différents modes illustrent la pertinence de ces instruments. Sur la base de ces analyses, une série de critères se dégage pour choisir le contrat qui correspond le mieux à ce que recherche la collectivité. Si celle-ci opte pour l’externalisation, elle devra prendre des mesures de vigilance pour protéger les services publics.

1) Les différents modes contractuels envisageables

a) Le marché public

L’article premier du code des marchés publics issu du décret du 1er août 2006 définit le marché public comme un contrat de droit public, conclu à titre onéreux entre la collectivité

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L’investissement et l’approche juridique

L’investissement et l’approche juridique

Chapitre 3 : Le choix du montage juridique

Pour réaliser leurs investissements, les collectivités doivent réfléchir au montage juridique qui sera utilisé. Une très large palette d’outils juridiques existe, qui tend à se moderniser. Celle-ci est le moyen d’optimiser la gestion des biens publics (mise en valeur des biens, réduction des charges d’exploitation…).

L’approche juridique invite à anticiper aussi bien le mode de conception, de réalisation que d’exploitation des ouvrages. A cet égard, un même investissement peut faire appel à plusieurs outils juridiques (pour sa conception, sa réalisation et son exploitation). En s’intéressant aux aspects économiques, sociaux et politiques des différents montages, l’analyse juridique revêt en fait une dimension pluridisciplinaire.

Avant de choisir l’instrument juridique qui permettra de gérer l’investissement, les décideurs doivent avoir une connaissance objective des différents outils existants, en étant conscient des avantages et inconvénients de chacun d’eux, et de leurs impacts sur l’efficacité et l’efficience de la gestion de la collectivité.

Une collectivité peut gérer seule son investissement en assumant la maîtrise d’ouvrage intégralement et en l’exploitant par ses propres moyens en régie. Elle en assume alors intégralement la responsabilité. Mais la pression financière et la diversité des compétences que nécessitent certains projets poussent les collectivités à rechercher des partenaires. Ces partenaires peuvent être d’autres

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L’évaluation du rendement de l’investissement

La valeur actuelle nette
L’évaluation du rendement de l’investissement

II. Evaluer le rendement de l’investissement

1) Le rendement financier intrinsèque

a) La valeur actuelle nette (VAN)

La VAN permet d’apprécier le rendement intrinsèque d’un projet. Elle constitue la somme algébrique des dépenses et recettes d’exploitation actualisées (par rapport à un taux d’actualisation prédéfini68) sur une période donnée (en principe la durée de vie du projet). Cette somme est soustraite au coût direct de l’investissement (coût d’acquisition, de travaux…). La VAN s’apprécie donc selon la formule suivante :

Si le résultat du calcul de la VAN est positif, le projet crée plus de richesse qu’il n’en détruit. En revanche, si elle est négative, cela signifie que le projet génère des pertes de richesse (des gaspillages)69. (cf. modèle de calcul en annexe)

La valeur actuelle nette

Si elle permet de mesurer la rentabilité interne d’un investissement, la VAN n’assure pas la comparaison de projets dont la taille ou dont la durée de vie est différente.

b) Le taux de rendement interne (TRI)

Le TRI reprend la même méthode de calcul que celle de la VAN, mais en ne fixant pas de taux d’actualisation. La VAN est en fait

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L’évaluation économique et financière des investissements

L’évaluation économique et financière des investissements

Chapitre 2 – L’évaluation économique et financière des investissements

Cette partie n’a pas vocation à entrer dans le détail de la technicité des outils de l’analyse économique. La littérature qui aborde les instruments économétriques d’analyse de l’investissement est suffisamment abondante. Nous cherchons ici à savoir dans quelle mesure l’analyse économique peut participer à la stratégie de l’investissement, et contribuer ainsi à la performance de l’investissement.

L’évaluation économique de l’investissement est peu développée dans le secteur public local par rapport aux entreprises. Non pas parce que les agents territoriaux n’ont pas les compétences nécessaires, mais parce que le cadre budgétaire basé sur le principe de l’annualité n’incite pas les collectivités à projeter dans l’avenir les impacts des investissements.

Les collectivités ont parfois du mal à prendre en compte l’intégralité des dépenses futures générées par un projet. De plus, si la gestion pluriannuelle de l’investissement tend à se développer, celle-ci omet souvent la prise en compte des futures charges de fonctionnement.

Dans l’entreprise, les méthodes d’analyse ont pour finalité de déceler les investissements qui permettront de maximiser la rentabilité de l’organisation, de plus en plus souvent à court terme. Si le souci de rentabilité n’apparaît pas comme une préoccupation essentielle du secteur public, le calcul économique d’un investissement public est primordial.

« Le calcul

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Le suivi technique et fonctionnel d’un projet

Le suivi technique et fonctionnel d’un projet

II. Anticiper les travaux nécessaires par le suivi technique et fonctionnel de l’existant

1) Les raisons du suivi de l’état physique de l’existant

La recherche d’adéquation entre le besoin et la qualité technique et fonctionnelle ne se pose pas qu’au moment de la conception de l’ouvrage. Tout au long de leur vie, les actifs subissent un certain degré d’érosion, qui varie en fonction du temps, des aspects techniques et des modalités d’utilisation du bien. La vétusté des biens nécessite des investissements pour conserver ou accroître la qualité du bien et pour maintenir ou augmenter sa durée de vie.

Les travaux en cours de vie d’un bien peuvent également répondre à des impératifs de réhabilitation, d’aménagement, d’extension ou de mise aux normes, pour répondre au mieux aux attentes des utilisateurs.

Une collectivité est sans cesse confrontée à des questions de normes techniques. Aucun bien et équipement n’y échappent. Ces normes ne cessent de croître et de se préciser. Les motifs justifiant cet encadrement sont le plus souvent la sécurité et la santé publique (comme les récentes obligations liées à la méthode HACCP).

Ces dernières années, c’est aussi dans le domaine de l’accessibilité des personnes à mobilité réduite56 et de la protection de l’environnement57 que les normes se sont le plus développées, notamment sous l’influence du droit communautaire.

Un rapport de l’inspection générale de l’administration de 200058 regrette « l’absence de méthode

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L’analyse technique et fonctionnelle de l’investissement

La Crèche

L’analyse technique et fonctionnelle de l’investissement

Chapitre 1 – L’analyse fonctionnelle et technique de l’investissement

La stratégie globale a décelé des besoins généraux à satisfaire. La déclinaison de cette stratégie en politiques publiques consiste à préciser les attentes auxquelles il faut répondre et les moyens alloués pour y parvenir.

Le découpage des politiques publiques en actions ou activités (ces dernières pouvant également avoir été segmentées) a supposé des analyses sur les cibles destinataires des actions publiques. Ce sont à ces cibles que s’adresse l’investissement que la collectivité a décidé de réaliser.

Pour sélectionner l’investissement qui répondra le mieux aux besoins, l’analyse fonctionnelle va d’abord confronter le projet envisagé à des alternatives possibles. Pour cela, de nombreux auteurs53 invitent à raisonner en termes de « portefeuilles d’options », en multipliant les projets alternatifs pour disposer d’une large palette de choix permettant de parvenir à l’objectif souhaité. Chaque projet doit ensuite être évalué selon les conséquences qu’il est susceptible d’engendrer sur la collectivité. Ceci suppose alors des études d’impacts.

Le souci de rentabilité socioéconomique des investissements peut conduire à rechercher une diversification des fonctionnalités des équipements.

Après leur construction, les équipements doivent continuer à faire l’objet d’analyses techniques et fonctionnelles, pour veiller à leur adéquation avec les besoins des usagers. Ces analyses permettent d’anticiper

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