Dynamique familiale perturbée – la maladie d’Alzheimer 

Dynamique familiale perturbée – la maladie d’Alzheimer

II- Dynamique familiale perturbée

a) Classification NANDA

Selon la classification des diagnostics infirmiers NANDA, la dynamique familiale perturbée est définie comme suit :

« Définition : modification des relations familiales ou du fonctionnement familial.

Les caractéristiques essentielles (au moins une doit être présente) :

  • – incapacité ou refus du réseau familial de s’adapter de façon constructive à une crise,
  • – difficulté de communication entre les membres de la famille.

Les caractéristiques secondaires :

  • – incapacité ou refus du réseau familial de répondre aux besoins physiques de ses membres,
  • – incapacité ou refus du réseau familial de répondre aux besoins affectifs de ses membres,
  • – incapacité ou refus du réseau familial de répondre aux besoins spirituels de ses membres,
  • – incapacité ou refus du réseau familial d’exprimer ou d’accepter certains sentiments,
  • – incapacité ou refus du réseau familial de chercher ou de recevoir de l’aide. »31.

31 CARPENITO L. J., op.cit., p.165.

b) NIC (classification des interventions de soins infirmiers)

Quand j’ai recherché les différentes interventions infirmières pouvant être mises en place, j’ai cherché dans la classification des interventions de soins infirmiers.

J’ai alors trouvé une grande intervention infirmière que j’aurais placée : protection de

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La famille d’un malade d’Alzheimer : les problèmes rencontrés

La famille d’un malade d’Alzheimer : les problèmes rencontrés

Chapitre III – Le cadre pratique

I- Les différents problèmes rencontrés par la famille

Lors de mes différents jobs étudiants, j’ai pu rencontrer plusieurs familles consacrant leur temps, leur disponibilité pour prendre en charge leur proche atteint par cette maladie.

C’est ainsi que j’ai pu voir les problèmes rencontrés par les familles. Ici, je relaterai et définirai les différents problèmes dont j’ai connaissance et pour cela j’utiliserai la classification NANDA (North American Nursing Diagnosis Association).

Exemple 1 :

M. L., âgé de 81 ans et ancien général, est atteint d’une démence mixte (maladie d’Alzheimer et démence vasculaire) depuis décembre 2004. Il est entré aux Jardins de la Mémoire en septembre 2005.

Depuis son entrée, son fils aîné vient le voir deux à trois fois par semaine et son épouse lui téléphone régulièrement.

Lorsque j’ai demandé au fils de M. L. pourquoi il avait placé son père en MRS (maison de retraite et de soins), ce dernier m’a répondu :

« Vous savez, mon père est ancien général et il aime bien commander et avoir le dessus sur les situations. Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, il ne contrôlait plus rien et il était en proie à des crises ce qui devenait ingérable à la maison autant pour ma mère que pour ses enfants. De plus la maladie a très vite évolué, en cinq mois, son état de santé s’est dégradé ! Vous savez c’est très dur de voir que mon père est

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Le maintien à domicile d’un malade d’Alzheimer : les changements

Le maintien à domicile d’un malade d’Alzheimer : les changements

III- Les changements nécessaires pour le maintien à domicile

Pour maintenir un proche atteint de la maladie d’Alzheimer à domicile, il sera peut être nécessaire de modifier l’aménagement de ce dernier.

Les divers objectifs de ce réaménagement sont :

  • * Faciliter la vie quotidienne,
  • * Apporter un sentiment de sécurité au proche,
  • * Maintenir une certaine autonomie, le plus longtemps possible.
  • * L’aider à se retrouver s’il est désorienté.

Ces changements sont à la fois positifs et négatifs. Positifs dans le sens où le malade d’Alzheimer sera en sécurité et maintiendra une certaine autonomie et négatifs dans le sens où le réaménagement d’un domicile demande au malade d’Alzheimer de se réadapter ce qui n’est pas toujours évident chez ces personnes.

Quels changements peut-on apporter pour pouvoir maintenir, à domicile, le plus longtemps possible son proche ?

Le domicile doit être aménagé de manière à assurer la sécurité du malade d’Alzheimer mais aussi celle de l’aidant.

La réadaptation du domicile concerne aussi bien les pièces communes telles que la cuisine, la salle de bain, le salon que les autres pièces comme la chambre à coucher.

Tous ces changements seront détaillés en annexe en raison de l’importance des conseils à donner aux aidants naturels.

La prise en charge est le plus souvent réalisée par la famille proche, à savoir le ou la conjoint(e) dans la majorité des cas, ou encore par un des enfants (le plus souvent la fille ou la

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Mécanismes de défense de la famille face à la maladie d’Alzheimer

Mécanismes de défense de la famille face à la maladie d’Alzheimer

II- Les mécanismes de défense de la famille

Avant de parler des différents mécanismes de défense de la famille, il faut aborder le ressenti des familles face à la maladie d’Alzheimer.

Les premières inquiétudes débutent lorsque les familles perçoivent un changement dans le comportement ou le langage de leur proche, changement d’autant plus visible qu’il perturbe la vie personnelle et/ou professionnelle de leur proche.

Dans un premier temps, la famille n’en tient pas rigueur mais, au fur et à mesure que le temps passe, ces changements vont de plus en plus être présents jusqu’au jour où la famille prend conscience qu’il y a un vrai problème.

C’est souvent à l’aide d’une ruse qu’elle amènera son proche jusqu’au médecin. Et, c’est à ce moment que la souffrance débute réellement, lorsque le médecin pose le diagnostic tant redouté : « c’est probablement la maladie d’Alzheimer ».

Le médecin commence alors à expliquer ce qu’est la maladie, le plus souvent à l’aide de termes médicaux auxquels la famille ne retiendra que deux mots « démence » et « irréversible ».

La maladie étant incurable et dégénérative, la famille devra accepter l’idée que cette épreuve durera longtemps et qu’elle verra son proche régresser au fil des jours, jusqu’à devenir totalement dépendant de son entourage et plus dur encore, que son proche oubliera tous les moments vécus ensemble voire même ne la reconnaîtra plus.

Tous les projets d’avenir s’effondrent !!!!

Les

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Relation l’infirmier et la famille avec le malade d’Alzheimer

Relation l’infirmier et la famille avec le malade d’Alzheimer

Le cadre théorique – Chapitre II

I- Relation infirmier/famille

Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, l’infirmière a plus un rôle propre qu’un rôle de collaboration.

En effet, l’infirmière de par ses connaissances peut informer les familles en rapport à la maladie d’Alzheimer, leur donner des conseils sur le réaménagement du domicile dans le cas du maintien à domicile, sur les différentes structures d’accueils, …

En tant qu’infirmière, elle doit être à l’écoute (active et passive) de la famille, elle doit faire preuve de discrétion et de respect envers ses familles. Elle peut les orienter vers un autre professionnel de la santé, par exemple vers un psychologue dans le cas où elle s’apercevrais que la famille ne fait plus face à la maladie et à la lourdeur de la prise en charge.

Cependant, l’infirmière peut aussi avoir des difficultés pour parler et écouter les familles et réagir de manière personnelle selon le problème.

Les mécanismes de défense des infirmières sont :

* L’esquive

Ce mécanisme de défense est un moyen d’éviter la personne ou le questionnement de quelqu’un adroitement c’est à dire que la personne va répondre aux questions mais de manière superficielle, sans rapport direct avec la question.

L’infirmière peut ne pas connaître de manière détaillée la maladie d’Alzheimer ou ne pas se sentir à l’aise pour répondre aux questions des familles si bien qu’elle esquive les

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Le malade d’Alzheimer et la famille : Soins et Aides à domicile

Le malade d’Alzheimer et la famille : Soins et Aides à domicile

IV- La famille/l’aidant proche

Pour moi, la famille représente un ensemble d’individus proches (père, mère, frère, sœur, etc.) ou éloignés (ami(e)s) qui s’occupent de leur proche malade d’Alzheimer (Alzheimer) et qui comptent pour ce dernier.

En cours de sociologie, Mme Gruslin nous a expliqué que définir la famille était complexe car :

  • * La famille est un objet sociologique relativement récent.
  • * La famille est à la fois trop ou mal définie car on pense avant tout à divers éléments qui en font partie et non au concept en tant que tel. (Ex : notion de structure, mode fonctionnement, réseau des relations, …)
  • * La famille se situe juste à la jonction entre le secteur privé et le secteur public (notion d’enjeux politiques et sociaux).
  • * Évolution complexe et dynamique de la famille au cours de l’histoire. Elle a plus ou moins suivi l’évolution de la société. Elle ne se représente donc pas sous forme d’un schéma linéaire.

Il n’existe donc pas de définition unique de la famille, seulement des repères pour nous donner une image de ce qu’elle est.

Claude Lévi-Strauss, ethnologue belge, définit la famille comme étant « un groupe social offrant au moins trois caractéristiques :

  • * Il a son origine dans le mariage.
  • * Il comprend mari, femme et enfants nés de leur union bien que l’on puisse concevoir la présence d’autres parents agglutinés à ce noyau.
  • * Les membres de la famille sont unis par des légaux, par des droits et obligations de nature

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Perte de mémoire et recherche sur la maladie d’Alzheimer

La Pertes de mémoire et la recherche sur la maladie d’Alzheimer

II- Le stade II

J’ai choisi de faire mon travail de fin d’études sur le patient atteint de la maladie d’Alzheimer au stade II aussi ne développerai-je que ce stade.

Les troubles de la mémoire sont reconnus dès le début de la maladie, cependant ils n’affectent que la mémoire des évènements récents.

Cet oubli des faits récents s’explique par la perte des neurones cholinergiques et de leurs connections au niveau de l’hippocampe.

Au cours de cette phase, on note une détérioration des capacités mentales et physiques de la personne.

Les pertes de mémoire s’aggravent et la personne en vient à ne plus se souvenir de sa propre histoire et à ne plus reconnaître sa famille et ses amis.

La confusion et la désorientation spatio-temporelle exigeront l’aide d’autrui pour certaines tâches de la vie quotidienne comme se laver, s’habiller, aller faire ses courses.

Au fur et à mesure que la maladie évolue, d’autres symptômes apparaissent c’est pourquoi au stade II, on peut voir comme signes :

Atteinte des capacités mentales

(atteintes des lobes temporal et pariétal) :

  • La perte de mémoire des faits anciens s’ajoute à celle des évènements récents,
  • Perte de la faculté à reconnaître les membres de sa famille, les objets familiers,
  • Désorientation spatio-temporelle.

Troubles de l’humeur

  •  Changements de personnalité,
  •  Confusion, colère
  •  Méfiance, hostilité
  •  Sautes d’humeur,
  •  Tristesse/dépression,

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La maladie d’Alzheimer : comment se manifeste-t-elle ?

La maladie d’Alzheimer : comment se manifeste-t-elle ?

Chapitre I – Cadre conceptuel

I- La maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer est avant tout une maladie neurodégénérative dont l’évolution conduit à la démence et se termine par le décès du malade.

La démence est un syndrome consistant en un ensemble de symptômes dont les pertes de mémoire, la modification du jugement ainsi que les troubles de l’humeur et du comportement.

Ces symptômes peuvent altérer le fonctionnement de la personne dans son travail, ses relations sociales, ses relations familiales et dans ses activités de la vie quotidienne.

Il existe plusieurs types de démences (démence vasculaire, maladie de Parkinson, …) mais la maladie d’Alzheimer est « de loin la plus répandue car 60 à 70% des personnes présentant une démence ont la maladie d’Alzheimer »1.

La maladie d’Alzheimer se manifeste par une dégradation des capacités mentales, à évolution lente et progressive, dans laquelle la mémoire, les pensées, le jugement et les capacités d’attention et l’apprentissage se retrouvent diminués avec pour conséquence une détérioration de la personnalité du malade.

Elle est caractérisée par la présence de lésions cérébrales :

  •  Les plaques séniles : « petits dépôts répartis sur l’ensemble du cerveau qui, à des concentrations élevées, deviennent toxiques pour le cerveau »2.
  •  La dégénérescence fibrillaire correspond à l’accumulation de filaments anormaux dans les neurones, essentiellement composés de protéines tau

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Aider la famille à accepter la Maladie d’Alzheimer chez un proche

Haute Ecole Galilée

Institut Supérieur de Soins Infirmiers Galilée I.S.S.I.G.

Travail de fin d’études présenté en vue de l’obtention du Baccalauréat en Soins Infirmiers

LA MALADIE D’ALZHEIMER

Comment aider la famille à accepter et à gérer la Maladie d’Alzheimer

chez un proche atteint de cette maladie, au stade II et vivant à domicile ?

Mlle DAMMAN Virginie

Année académique

2007/2008

J’aime ces gens étranges

Des trous de plus en plus profonds se creusent dans leur mémoire,

Des trous qui se remplissent de peurs, présentes ou passées, de plaies jamais guéries, Des trous qui délogent les interdits et les normes, d’où émergent des élans de vérité, Cette vérité commune à tous quand les masques ont fondu,

Vérité nue, crue, intolérable, parfois cruelle, Vérité qui aime et déteste sans contrainte,

Ce que la raison camoufle, l’Alzheimer le fait éclater au grand jour.

L’inconscient se lézarde,

Les blessures enfouies refont surface,

Les photos flétries reprennent vie, comme les

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Prise en charge en psychomotricité des difficultés émotionnelles

Prise en charge en psychomotricité des difficultés émotionnelles

c. Prise en charge psychomotrice

La prise en charge en psychomotricité des difficultés émotionnelles peut s’orienter autour de 3 axes de travail : le versant du décodage des expressions émotionnelles, le versant expressif et le versant du contrôle des émotions.

Lors d’un travail spécifique sur la reconnaissance des émotions, le psychomotricien amène le patient à explorer les distinctions entre la peur, la colère, la joie, la tristesse. Pour cela il apprend au sujet à identifier les émotions en lui présentant, par exemple sur support photographique, des expressions faciales lesquelles il doit décoder et ensuite il amène l’enfant à les relier à une expérience émotionnelle qu’il a déjà vécue.

Ainsi apprendre à l’individu à nommer et à distinguer les expériences émotionnelles, c’est lui permettre d’être en contact avec ce qu’il vit, ce qu’il ressent, et donc à se connaître mieux soi-même.

L’entraînement aux habiletés sociales et à la gestion émotionnelle, auprès de schizophrènes par exemple, fait parti du champ de compétence du psychomotricien. La rééducation psychomotrice doit tenir compte des conséquences cognitives, sociales et environnementales de la pathologie psychiatrique. La réhabilitation porte notamment sur les capacités de communication non verbale, laquelle est abordée par exemple lors d’un atelier de reconnaissance des émotions visant les habiletés de décodage et d’émission des expressions émotionnelles (Rebelle, 1994).

D’autres ateliers peuvent permettre un

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L’intervention psychomotrice et la communication non verbale

L’intervention psychomotrice et la communication non verbale

3) Intervention psychomotrice et communication non verbale : aspect clinique

a. Ajustement du thérapeute

Au niveau tonique, il est important que le psychomotricien soit lui-même conscient de son propre état dans la relation à l’autre et en repère les éventuelles modifications. Il devra être attentif aux émotions que suscitent chez lui le sujet pour y répondre ou non, selon l’interaction, sa réponse pourra situer sur le plan corporel et/ou verbal.

La relation thérapeutique demande au psychomotricien une écoute de son propre comportement, de ses propres désirs par rapport au sujet. La façon d’accueillir celui-ci dans la salle, de lui parler, de lui expliquer les consignes, avec des mots simples, la façon de vivre cette relation dans son propre corps, le repérage des tensions musculaires soudaine, les blocages respiratoires, tout cet ensemble peut donner des indications sur le mal être de l’autre (Contrant & Calza, 2002, p39).

Ainsi elle se fonde sur l’adaptation du thérapeute, dans cette situation de communication, aux expressions et aux compétences du sujet.

C’est par le corps, notamment, que la thérapie va s’organiser et l’émotion, avec toute la charge affective qu’elle comporte, sera donc le moyen privilégié d’échange et de communication avec autrui.

b. Evaluation des communications non verbales

Considérant les différentes données recueillies au sujet de personnes souffrant de troubles de la communication, on s’aperçoit qu’elles possèdent une reconnaissance émotionnelle

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Emotions et psychopathologie : Anxiété, Phobies et Schizophrénie

Emotions et psychopathologie : Anxiété, Phobies et Schizophrénie

2) Emotions et psychopathologie

a. Trouble envahissant du développement

La vie sociale des personnes autistes est considérablement entravée par leurs troubles sévères de la communication, de la socialisation et de l’adaptation. Elles ont des difficultés à attribuer à autrui des émotions ou des intentions.

L’hétérogénéité de l’expression de leurs émotions est immense, en effet, les personnes autistes peuvent avoir une grande pauvreté dans le registre de leurs expressions faciales ou éprouver des difficultés à ajuster leurs expressions émotionnelles selon le contexte ; certains sourient en permanence, d’autres sont inexpressifs la plupart du temps sauf en cas d’émotion forte. Certains enfants autistes ne montrent aucune peur devant des situations effrayantes ce qui peut les conduire à adopter des comportements à risque.

De nombreuses expériences ont mis en évidence les difficultés des enfants autistes au niveau de la reconnaissance des émotions d’autrui, les différents résultats montrèrent que le problème se trouve davantage dans l’interprétation dans l’ici et maintenant des émotions changeantes et fugaces plutôt que dans la reconnaissance d’expressions émotionnelles figées (Lescoart, 2005).

Par ailleurs, des recherches montrèrent chez des personnes atteintes d’autisme un défaut d’activation des neurones miroirs. De plus, il semblerait que certaines connexions entre les régions du cerveau ne s’établissent pas ce qui pourrait expliquer les difficultés à comprendre l’expression émotionnelle

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Le phénomène émotionnel et la psychomotricité

Le phénomène émotionnel et la psychomotricité

III. Le phénomène émotionnel et la psychomotricité

Depuis de nombreuses années, le concept de psychomotricité a été l’objet de nombreuses tentatives de définitions, qui ont souvent utilisé des voies différentes pour le cerner.

Ainsi, sans vouloir prendre position sur la dialectique interne qui régit le concept de psychomotricité et sans être exhaustive, je citerai les apports de la neurophysiologie avec Wernicke et Dupré au début du XXe siècle, de la psychologie avec l’approche constructiviste de Piaget, lequel impute à l’expérience une importance clé dans le développement, de la psychobiologie avec Wallon qui souligne l’importance accordée au prélangage affectif des émotions, des postures et des mimiques.

Les travaux de De Ajuriaguerra mais aussi l’apport de la psychanalyse complète la notion de psychomotricité ; pour Reich, notamment, le corps est le lieu d’inscription des conflits psychiques matérialisés par des tensions musculaires, lesquelles sont sous-tendues par la vie émotionnelle.

Dans les années 80, Corraze, définit les troubles psychomoteurs comme étant l’expression d’un désordre d’ordre supérieur et comme étant souvent associés à des troubles affectifs.

Dans ce qui suit, je développerais plus particulièrement le phénomène émotionnel que l’on retrouve dans le développement normal et en psychopathologique, tant sur le versant du décodage, de l’expression que du contrôle des émotions.

1) Emotions et développement normal

a. Adaptation « affectivo-motrice » mère bébé

Dès la fin des

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La perception des comportements et la compréhension des émotions

La perception des comportements et la compréhension des émotions

4) Vers une explication…

La perception des comportements d’autrui permet de reconnaître, de comprendre et d’inférer ses intentions et ses émotions. Leur dimension expressive apparaît dans les postures, les gestes et les mimiques faciales.

Ces capacités de prédire des intentions et d’imiter à partir de l’observation, pourraient reposer sur l’existence d’un système de représentations, à la fois de nos propres actions et de celles d’autrui, et d’un lien entre ces deux représentations.

Depuis une dizaine d’années, G Rizzolati et son équipe (Rizzolatti et coll., 2001) ont découvert dans le cerveau des singes macaques une classe de neurones prémoteurs qui déchargent non seulement quand le singe exécute des actions de la main tendant vers un but mais aussi quand il observe d’autres individus exécutant des actions similaires.

Ils appelèrent ces neurones des « neurones miroir » parce que l’action observée semble refléter, comme dans un miroir, dans la représentation motrice de la même action chez l’observateur. Ces neurones ont été découverts au niveau de la zone F5 du cortex prémoteur ventral, plus récemment d’autres neurones aux propriétés similaires ont été localisés dans le cortex pariétal postérieur, une zone connectée à F5 (Grèzes & DeGelder, 2005).

Plusieurs études, répertoriées dans les articles de Rizzolatti, utilisant les techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle, ont aussi montré dans le cerveau humain l’existence d’un système de neurones miroirs qui

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Les compétences de production émotionnelle chez l’enfant

Les compétences de production émotionnelle chez l’enfant

3) Les compétences de production émotionnelle

a. Les capacités expressives faciales du nourrisson

Tous les parents en ont fait l’expérience : les bébés expriment des émotions. Même s’ils ne communiquent pas de façon intentionnelle, les signaux qu’ils émettent ont un sens pour l’environnement.

On sait aujourd’hui que tous les nourrissons imitent leurs parents, notamment à travers des expériences faites sur des mouvements de bouche. Le bébé exprime quelque chose, qui est alors interprété par la mère, cette dernière le lui renvoie alors en le ressentant. Et la mère heureuse de voir son bébé s’exprimer, reçoit l’image de contentement (Nadel, In Denigot, 2005a).

Ainsi le nourrisson imite toutes les émotions maternelles mais on ne peut savoir s’ils ressentent ce qu’ils expriment.

Le tout-petit manifeste progressivement des expressions prototypiques de joie, de tristesse, de dégoût, d’intérêt, de surprise, de colère, de peur et il différencie les expressions en fonction de la valeur hédonique (appétence/aversion) de l’émotion maternelle. J. Nadel explique que « c’est bien le bébé qui dirige son propre comportement émotionnel, sur la base des attentes qu’il a pu développer vis à vis de sa mère » (In Denigot, 2005a, p29).

Ainsi l’enfant va peu à peu enrichir son répertoire émotionnel.

Vers 2 mois, il apparaît la véritable fonction de communication des émotions avec notamment le « sourire social ». Entre 4 et 6 mois, c’est tout le corps qui entre en scène dans

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