La retraite : une rupture dans le cycle de vie

La retraite : une rupture dans le cycle de vie

4.2. La retraite : une rupture dans le cycle de vie

4.2.1. Une retraite envisagée

Les systèmes de représentation distinguent quatre périodes dans le cycle de vie : l’enfance et la jeunesse, l’adolescence, l’âge adulte, et l’âge de la retraite. Les individus interrogés se situent cependant à une période charnière car s’ils sont actifs et adultes, mais ils sont néanmoins proches de la retraite.

En période de transition, comment envisagent -ils alors le passage à la retraite ? L’individu actif est au cœur d’une période où le poids de l’activité professionnelle lui laisse un temps libre restreint. Certains enquêtés envisagent ainsi la retraite comme une opportunité permettant de s’ouvrir à d’autres perspectives que la routine de la vie quotidienne. La retraite est donc perçue comme une ouverture permettant de pratiquer d’autres activités :

« La retraite je ne l’appréhende pas du tout, je l’attends ! Pour pouvoir faire autre chose que le même boulot qu’on a fait depuis 40 ans. C’est très très routinier, donc on a envie de faire autre chose. » (Jacques, H, 51 ans, anesthésiste)

Face à un temps libre retreint du fait de l’activité professionnelle, l’individu projette alors dans la période de retraite toutes les activités qu’il n’a pas eu le temps de pratiquer.

La retraite n’est donc pas envisagée comme un période de « déprise » que J.F Barthe, S. Clément et M. Drulhe définissent comme « un processus de réaménagement de la vie inauguré par une sorte

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Quel avenir pour les 45-60 ans ? L’avancée en âge

Quel avenir pour les 45-60 ans ? L’avancée en âge

4. Quel avenir pour les 45-60 ans ?

La population enquêtée est dans une tranche d’âge où l’avenir se restreint de par de par une perspective temporelle qui se réduit. Mais l’approche future de la retraite ouvre une période de vie où l’individu est libéré des contraintes du travail. L’avenir est donc à la fois restreint par le temps mais ouvert par un temps libre plus abondant. Face à ce double rapport au temps comment l’individu envisage-t-il son avenir ?

4.1. Des perspectives d’avenir intégrées dans un nouveau rapport au temps

4.1.1. Un avenir actif dans la continuité

Certains enquêtés envisagent leur avenir dans une perspective de continuité. Cette continuité est celle du maintien d’une vie sociale dense. C’est aussi conserver une qualité de vie permettant de maintenir un niveau d’activité marqué notamment par les loisirs. A l’approche de la retraite l’individu ne conçoit donc pas un mode de vie nouveau. Les repères de la vie quotidienne sont d’une part rassurants.

D’autre part, la volonté de maintenir une qualité de vie comme celle acquise aujourd’hui reflète un sentiment de bien-être que l’individu souhaite conserver. La retraite est donc envisagée comme un continuum par rapport à la vie active :

« Je veux garder une ouverture intellectuelle, pouvoir avoir des contacts sociaux, faire des choses intéressantes, ne pas être repliée dans une routine. Je ne veux pas vivre entre mes quatre murs, ma télé, mes courses. J’ai envie de continuer l’université,

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Le vieillissement : un nouveau rapport au temps

Le vieillissement : un nouveau rapport au temps

3.2. Un nouveau rapport au temps

3.2.1. Utiliser de manière constructive le temps restant

L’avancée en âge permet une prise de recul sur la vie et le temps passé. Ce recul fait naître le sentiment d’un temps qui passe vite, plus vite qu’auparavant. En effet, aux premières années de la vie, le temps alloué paraît abondant.

Cependant l’entrée dans la vie active change le rapport au temps. Le temps qui structure la vie des individus est celui du temps de travail. Le temps libre se raréfiant, l’individu a alors le sentiment de ne pas voir le temps passer. Ainsi, certains enquêtés considèrent n’avoir pas pris conscience de leur avancée en âge et dans le temps :

« Mais c’est vrai que la vie passe très très vite, on est accaparé par beaucoup de nos préoccupation professionnelles, et à un moment donné on se dit mais c’est pas possible, j’ai une fille de 15 ans, 20 ans, et maintenant 30 ans.

C’est assez époustouflant. Au départ de la vie quand on commence on se dit c’est long, c’est loin. Mais mes anciennes collègues qui étaient plus âgées que moi me disaient toujours tu verras ça passer très vite à un moment donné parce que le temps que tu te retournes tu te dis j’ai déjà fait 20 ans. Et c’est le cas pour moi maintenant. » (Laurent, H, 54 ans, capitaine de police)

Le rapport de l’individu au temps est également lié au temps à venir. Face à une perspective temporelle qui se raccourcit le temps devient une denrée précieuse. Elle est d’autant plus précieuse que les

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L’angoisse de mort : un autre rapport à la mort

L’angoisse de mort : un autre rapport à la mort

Phénomène de vieillissement : un autre rapport à la mort

3. Face à une perspective temporelle qui se raccourcit…

Etudier le phénomène de vieillissement, c’est aussi étudier le rapport au temps qu’entretiennent les individus. Le vieillissement est un processus qui commence à la naissance et se termine à la mort.

Avec l’avancée en âge, la perspective temporelle se raccourcit. Or l’individu ne se positionne pas de la même manière selon s’il a toute la vie devant lui ou non.

De quelles façons le rapport au temps se modifie-t-il alors avec l’avancée en âge ?

3.1. Un autre rapport à la mort

3.1.1. Une distanciation face à l’angoisse de mort

Vieillir c’est se rapprocher peu à peu de la mort. L’homme naît pour vivre, mais il naît aussi pour mourir. Entre élan de vital et cheminement progressif vers la mort, le sens même de la vie apparaît alors paradoxal.

Cependant l’approche de la fin de vie au fur et à mesure qu’avance le vieillissement change-t-il le regard porté sur la mort ? La mort est-elle toujours aussi paradoxale ?

Tout comme le vieillissement est un processus naturel, la mort est une fin naturelle bouclant le cycle de vie de l’homme. Aux yeux de certains, la mort n’est donc pas un paradoxe. Elle est une logique naturelle.

La mort ne leur fait donc pas peur, elle ne les préoccupe pas non plus. Arrivés aux alentours du milieu de leur vie, certains enquêtés sont conscients d’avoir pu profiter, découvrir une partie du monde dans lequel ils vivent.

Ce sentiment de vie bien remplie amène à apprécier la mort d’une autre façon. Aux premières années de la vie au contraire, la mort est conçue comme un phénomène abrupte et injuste. Lorsqu’elle arrive trop tôt et que l’individu n’a pas eu le temps de découvrir le monde qui l’entoure, elle est perçue comme un paradoxe.

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La jeunesse : rupture ou continuité ?

La jeunesse : rupture ou continuité ?

2.2. La jeunesse : rupture ou continuité ?

2.2.1. Des étapes marquant la fin de la jeunesse

La jeunesse est définie comme une période de vie entre l’enfance et l’âge adulte. Néanmoins comme l’appréhende O. Galland dans Sociologie de la jeunesse36, la jeunesse est une catégorie aux contours incertains.

Est-il juste de définir un âge biologique ou encore des rites de passage explicatifs de la fin de la jeunesse ? Le vieillissement est un sentiment, en est-il de même pour la jeunesse ? Une partie des enquêtés considèrent leur jeunesse terminée.

Le passage de la jeunesse à l’âge adulte est en effet marqué par des étapes marquant une transition. Pour certains, l’entrée dans le monde professionnel constitue un rite de passage à l’âge adulte.

Celle-ci implique en effet une prise de responsabilités caractérisant un mouvement d’individualisation.

Ce passage trouve également sa forme concrète dans les rapports humains.

Le passage à la nomination impersonnelle « monsieur » dans l’espace professionnel indique alors un changement de statut et ainsi la fin de la jeunesse :

« Ma jeunesse s’est arrêtée quand dans les hôpitaux les internes d’appellent monsieur. Là tu sens que tu as passé un cap, tu as passé de l’autre côté de la barrière. » (Jacques, H, 51 ans, anesthésiste)

La mise en ménage et l’arrivée des enfants marquent pour d’autres la fin de leur jeunesse. Leur conception de la jeunesse s’assimile alors à un mode de vie libre et autonome.

La jeunesse est donc

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A la recherche de la jeunesse passée ? Le rapport à la jeunesse

A la recherche de la jeunesse passée ? Le rapport à la jeunesse

2. Le rapport à la jeunesse

La vieillesse rappelait Simone de Beauvoir dans La vieillesse « modifie le rapport de l’individu au temps, donc son rapport au monde et à sa propre histoire ». Avec l’avancée en âge, la période de jeunesse est de plus en plus éloignée temporellement parlant.

Cependant, l’individu a suffisamment de recul pour se replonger dans les souvenirs de jeunesse. Quel rapport à la jeunesse entraîne cette prise de recul sur le passé ? L’avancée en âge fait-elle de la jeunesse une période de vie de plus en plus éloignée ? Ou la période de jeunesse en tant que période clé de l’individu est-elle toujours une réalité de proximité ?

2.1. A la recherche de la jeunesse passée ?

2.1.1. Une jeunesse mise à distance

Avec l’avancée en âge, une distance se crée face à la période de jeunesse. Après l’adolescence, l’autonomisation de l’individu entraîne une distanciation face à l’éducation de jeunesse. Au cours de la socialisation primaire, le cadre familial et scolaire impose des normes, valeurs et rôles sociaux, qui amènent l’individu à intérioriser la réalité sociale.

En dépit du déterminisme de la socialisation primaire engendrant une reproduction sociale, l’individu se distancie face à son éducation de jeunesse dans le cadre d’un processus d’individualisation et d’autonomisation. Ainsi une enquêtée ayant eu une éducation marquée par un mode de vie économe malgré des dispositions financières permettant aisément la consommation, s’est distanciée de ce

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Impacts du vieillissement sur le regard des autres

Impacts du vieillissement sur le regard des autres

1.3. Impacts du vieillissement sur le regard des autres

1.3.1. Le poids des signes physiques de vieillissement dans l’image de soi

Pour l’individu, le vieillissement n’altère pas son identité puisque celle-ci est solidement construite dès l’enfance. Au contraire, il cherche à la maintenir et la préserver. Néanmoins, le vieillissement impacte sur le regard des autres dans certaines mesures.

Les signes physiques marqueurs de l’avancée en âge font en effet pour certains, l’objet de réflexions de la part de l’entourage. Au fur et à mesure que l’individu vieillit, l’image qu’il véhicule évolue du fait des changements physique :

« Je véhicule une certaine image, en vieillissant les gens vont me voir différemment, ils vont me voir vieillir. Donc l’impact sur les autres va forcément être différent. Les autres vont faire la remarque « tiens elle a vieilli, elle a pris un coup de vieux ».

Donc on véhicule une autre image, mais c’est physique. Mais sinon par rapport à la façon d’être, au caractère, je pense pas qu’il y ait de modifications. C’est plus par rapport à l’apparence. » (Marie, F, 49 ans, pharmacienne)

L’avancée en âge assigne également progressivement à l’individu une qualification de « has been ». Les individus vieillissant ayant fait leur temps peuvent être perçus comme des acteurs sociaux qui n’ont plus rien à apporter. Pour certains, les signes physiques du vieillissement leur donne une image moins confiante. En effet, ils sont perçus comme une

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Des pratiques musicales de jeunesse persistantes

Des pratiques musicales de jeunesse persistantes

1.2. Un fossé culturel entre générations ?

1.2.1. Des pratiques musicales de jeunesse persistantes

La musique est nostalgie. Les pratiques musicales des individus laissent transparaître une persistance des goûts musicaux de jeunesse. L’éducation et la culture musicale sont en effet un des piliers de la construction identitaire. Leur persistance au fil du temps assure donc une stabilité identitaire :

« J’écoute l’opéra, les grands classiques, Schubert, Chopin, Schumann. J’ai une formation de base classique, donc j’ai toujours écouté ça. » (Claudine, F, 60 ans, médiatrice familiale)

Pour certains, Internet a constitué un vecteur de retour aux pratiques musicales de jeunesse. Si la technologie aspire un pas vers la modernité, elle ne se met cependant pas en opposition avec l’aller-retour vers le passé. Internet favorise ainsi le rapprochement des individus avec leurs pratiques musicales de jeunesse :

« Et maintenant on retrouve la musique de notre jeunesse qu’on n’écoutait plus pendant un certain temps, grâce à Internet. Donc j’ai retrouvé les disques que je n’aurais jamais pensé à acheter. » (Jacques, H, 51 ans, anesthésiste)

L’écoute des musiques de jeunesses est un moyen pour les individus de se projeter dans le passé. Arrivés à un âge où la vie passée est équivalente, voire supérieure au temps alloué à l’avenir, les individus ont davantage de marge pour prendre du recul sur le passé. Ainsi, certains réécoutent seulement depuis peu leurs

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Rapports intergénérationnels, temps et identité

Rapports intergénérationnels, temps et identité

Partie IV – Rapports intergénérationnels, temps et identité

La population enquêtée appartient d’une part à une même génération. Des traits culturels sont donc communs et participent à la construction identitaire des individus.

Mais tant dans les interactions que dans les pratiques individuelles, les individus ont-ils pour autant une identité générationnelle ? D’autre part, la population enquêtée est face à une perspective temporelle qui se raccourcit. Cela engendre ainsi un nouveau rapport au temps. Quel rapport les individus entretiennent-ils alors face au passé, au présent et à l’avenir ?

1. Une identité générationnelle ?

D’un point de vue macro-social, une même période historique et notamment des évènements qui y sont associés, rattache l’individu à une génération. Le poids du contexte culturel propre à une époque impacte sur le construction identitaire de l’individu.

Cependant quel est le poids de la culture d’origine de l’individu dans sa construction identitaire ? De même qu’une génération n’est pas définissable uniquement par le contexte historique qui l’entoure, l’identité de l’individu est elle aussi complexe. Au fil de l’avancée en âge l’individu est-il imbriqué donc dans une identité générationnelle ? Dans un cadre interactionnel, quels rapports entretient-il alors avec les autres générations ?

1.1. Des rapports intergénérationnels disparates

1.1.1. Des groupes de pairs multi-générationnels

Certains enquêtés ont des groupes de pairs

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Le vieillissement : un phénomène « parasite »

Le vieillissement : un phénomène « parasite »

2.2. Le vieillissement : un phénomène « parasite »

2.2.1. Des normes sociales à l’encontre du vieillissement

Bien que les représentations sociales face à la vieillesse aient évoluées dans le sens d’une meilleure intégration sociale, des normes sociales se positionnent à l’encontre du vieillissement.

Les standards de beauté portent en effet la minceur ou encore la jeunesse dans les hautes sphères de l’idéal de beauté. Face à ces normes, vieillir est alors appréhendé comme un phénomène à occulter. Le développement des pratiques de chirurgies esthétique ou encore de pratiques de camouflage des signes du temps sont d’ailleurs évocatrices de cette représentation :

« C’est une image négative. Pour la femme c’est pas bon, il faut être mince, il faut avoir un certain tour de poitrine. Il y a une standardisation même mondiale, alors qu’il y a des femmes rondes qui sont jolies. » (Claudine, F, 60 ans, médiatrice familiale)

2.2.2. Une image restreinte aux problèmes médico-économiques du vieillissement

Face à un accroissement de la population vieillissante, le vieillissement devient un problème de société. En effet, le problème de financement des retraites est un sujet d’actualité. Vieillir est ainsi restreint à une image économique péjorative :

« Le vieillissement, c’est péjoratif de plus en plus. Je trouve qu’il y a de plus en plus d’éléments pour aider les gens à ne pas vieillir. C’est d’autant plus stigmatisé qu’il y a de plus en plus de vieux et

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Une évolution des représentations sociales du vieillissement

Une évolution des représentations sociales du vieillissement

2. Images sociétales du vieillissement

« Le jeunesse n’est qu’un mot » écrivait Pierre Bourdieu dans un article de 1974. L’âge est en effet une construction sociale dictée notamment par le poids des représentations sociales.

Dans L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime31, P. Ariès met en évidence que « tout se passe comme si à chaque époque correspondait un âge privilégié et une périodisation particulière de la vie humaine : la jeunesse est l’âge privilégié du XVIIIème siècle, l’enfance du XIXème siècle, l’adolescence du XXème siècle ». Ainsi, avec l’évolution historique des sociétés, chaque période de vie est plus ou moins intégrée socialement.

Alors qu’aujourd’hui le poids démographique de la population vieillissante s’intensifie, les représentations sociales face à la vieillesse ont-elles évoluées ? Le XXIème siècle devient-il l’âge d’apogée de la vieillesse ?

2.1. Une évolution des représentations sociales du vieillissement

2.1.1. Une image de la vieillesse « active »

L’image de la vieillesse a évoluée. Certains individus indiquent en effet une image de la vieillesse active. Cette image est étroitement liée au contexte scientifique de progrès médical, ainsi qu’au contexte d’augmentation de l’espérance de

vie. Ainsi, à la vieillesse est associée une image de l’individu actif, profitant de la vie :

« En même temps les gens vivent plus longtemps, je trouve qu’il y a maintenant une image des personnes âgées qui

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Beauté et vieillissement sont-ils compatibles ?

Beauté et vieillissement sont-ils compatibles ?

1.4. Beauté et vieillissement sont-ils compatibles ?

1.4.1. Vieillir altère la beauté

Les signes de vieillissement altèrent l’apparence physique des individus. Or « L’image de soi est la matière première de la construction identitaire »28. Les représentations des individus entre beauté et vieillissement apparaissent alors fondamentales dans l’image qu’ils portent sur eux.

Comme le décrit Simone de Beauvoir dans La vieillesse29, beaucoup de peintres ont dénoncé la laideur de la vieillesse, à l’image de l’œuvre Le vieillard et le petit-fils peinte vers 1490 par Domenico Ghirlandaio qui dépeint les traits d’un homme âgé avec un réalisme poussé jusqu’à la cruauté. Ainsi, l’image de la vieillesse n’est pas celle de la beauté. Aujourd’hui encore, les critères de beauté sont à l’effacement de tout signe de vieillesse.

Il semble donc qu’entre le XVème siècle et le XXIème siècle, les représentations entre beauté et vieillissement n’aient pas virées totalement de bord. Ce ne sont pourtant que des représentations collectives. Il convient alors d’explorer les représentations qu’ont les individus sur leur propre vieillissement et sur le rapport établi entre beauté et vieillissement. Certains individus se considèrent moins séduisants.

Les changements physiques amorcés par le vieillissement sont alors décrits comme une atteinte à leur apparence :

« Je dirais que je suis moyennement séduisant. […]Parce qu’on change physiquement. Je pense que je suis moins qu’avant, surtout au

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Le vieillissement n’est pas qu’un effet d’âge

Le vieillissement n’est pas qu’un effet d’âge

1.2. Le vieillissement : une évolution de la vie vers la mort

1.2.1. Un processus naturel : le cheminement vers la mort

Le vieillissement est défini par certains comme un processus naturel qui commence à la naissance et se termine à la mort. C’est le cheminement progressif de l’individu, son corps et son esprit vers la mort. C’est aussi un processus inévitable :

« Le vieillissement c’est l’évolution naturelle de l’organisme dans le temps. On est programmé comme ça. Ça peut être accéléré, ralenti, mais c’est naturel. Le vieillissement c’est la naissance. A H plus une seconde, on vieillit déjà. » (Jacques, H, 51 ans, anesthésiste)

Le vieillissement est présenté comme un phénomène commençant après la jeunesse et avant la mort. C’est pourquoi certains enquêtés considèrent être dans une période charnière, entre la vie caractérisée par la jeunesse, et la mort. Le sentiment d’être dans l’entre-deux caractérise donc la période de vie 45-60 ans :

« Vieillissement ça veut dire qu’on arrive au bout du rouleau. Pour moi le vieillissement c’est après la jeunesse et avant la mort. On se trouve un peu au milieu. De toutes façons ça se suit, c’est le chemin, le bout du chemin. La jeunesse c’est le début du chemin et la vieillesse c’est la fin du chemin, mais c’est la vie. Chacun suit son chemin, on suit le chemin et puis il est droit, il ne fait pas demi-tour, c’est ça qui est dommage. » (Carole, F, 52 ans, mère au foyer)

Finalement, le

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Le vieillissement : une évolution de la vie vers la mort

Le vieillissement : une évolution de la vie vers la mort

1.2. Le vieillissement : une évolution de la vie vers la mort

1.2.1. Un processus naturel : le cheminement vers la mort

Le vieillissement est défini par certains comme un processus naturel qui commence à la naissance et se termine à la mort. C’est le cheminement progressif de l’individu, son corps et son esprit vers la mort. C’est aussi un processus inévitable :

« Le vieillissement c’est l’évolution naturelle de l’organisme dans le temps. On est programmé comme ça. Ça peut être accéléré, ralenti, mais c’est naturel. Le vieillissement c’est la naissance. A H plus une seconde, on vieillit déjà. » (Jacques, H, 51 ans, anesthésiste)

Le vieillissement est présenté comme un phénomène commençant après la jeunesse et avant la mort. C’est pourquoi certains enquêtés considèrent être dans une période charnière, entre la vie caractérisée par la jeunesse, et la mort. Le sentiment d’être dans l’entre-deux caractérise donc la période de vie 45-60 ans :

« Vieillissement ça veut dire qu’on arrive au bout du rouleau. Pour moi le vieillissement c’est après la jeunesse et avant la mort. On se trouve un peu au milieu. De toutes façons ça se suit, c’est le chemin, le bout du chemin. La jeunesse c’est le début du chemin et la vieillesse c’est la fin du chemin, mais c’est la vie. Chacun suit son chemin, on suit le chemin et puis il est droit, il ne fait pas demi-tour, c’est ça qui est dommage. » (Carole, F, 52 ans, mère au foyer)

Finalement, le

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Qu’est-ce que le vieillissement ? Eléments déclencheurs

Qu’est-ce que le vieillissement ? Eléments déclencheurs

Qu’est-ce que le vieillissement ? Eléments déclencheurs

Partie III

Représentations face au vieillissement

L’étude des représentations sociales est une forme de connaissance du sens commun. Mais les représentations sont aussi mobilisées pour construire le sens de l’expérience vécue.

La population enquêtée est à un âge de transition, entre l’âge adulte et la vieillesse. Le sentiment de vieillissement n’est donc pas encore arrivé à maturité.

Ainsi dans le vécu du vieillissement, les représentations sociales concourent à former ce sentiment.

1. Qu’est-ce que le vieillissement ?

Quand commence le vieillissement ? Dans Anthropologie du corps et modernité, D. Le Breton met en avant une dimension imperceptible du vieillissement.

Parce que « l’image du corps se remodèle sans cesse, retraduit fidèlement ce dont le sujet est physiquement apte à accomplir, accompagne les remaniements physiologiques dont il est l’objet, le sujet n’a pas l’impression de vieillir »26.

Cependant, le vieillissement n’est pas si transparent. Il est identifié par les individus au travers des signes de vieillissement. Ces signes peuvent être de l’ordre d’une constatation de changements physiologiques. Mais le vieillissement est également un sentiment.

Interroger les éléments déclencheurs de ce processus en prenant en compte tant les données objectives que subjectives, permet ainsi de cerner ce qui éveille le sentiment de vieillissement.

1.1. Eléments déclencheurs du vieillissement

1.1.1. Des petits signes physiques

Le vieillissement commence par des petits signes. Ces signes distinctifs sont multiples. Pour certains, l’arrivée des rides ou encore des cheveux blancs marque le commencement du vieillissement. Des changements dans l’apparence véhiculent donc le sentiment de vieillissement.

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