Les États postcoloniaux et la problématique de la démocratie
Université de Lubumbashi
Faculté des Sciences Sociales
Politiques et Administratives. R. I. , juillet2013
Draft du mémoire de licence en Relations Internationales
Les États postcoloniaux et la problématique de la démocratie en Afrique.
Un bilan de 50 ans
Présenté par :
Douceur Kadony
Présentation du sujet
A la fin des années 1950 le colonialisme a périclité victime de l’affirmation par la communauté internationale du droit des peuples à disposer d’eux- mêmes et de la coalition des forces politiques, syndicales et sociales des colonies africaines contre l’ordre colonial. C’était un tournant décisif dans l’histoire de l’Afrique qui marqua une ère nouvelle, celle de l’Afrique indépendante.
L’accession d’un grand nombre d’Etats africains à la souveraineté internationale au courant des années 1960 a suscité une vive euphorie de grands espoirs de liberté et de mieux-être économique au niveau des populations1.
Ces années d’euphorie ont pu donner aux pays africains l’impression qu’en se défaisant de leurs liens de domination, ils ne pourraient que marcher, altiers, vers un avenir radieux. L’exaltation a fait place, à travers les expériences manquées, à une réelle angoisse devant l’avenir.
Déjà l’agronome Français René DUMONT s’est démarqué de l’engouement général dès 1962, pour avertir que « l’Afrique noire est mal partie ». 2 Quelques années plus tard, toujours René DUMONT mais, cette fois avec Marie France Mottin vont affirmer que « l’Afrique est étranglée ». 3
L’effet d’entrainement de nouveauté, le triomphalisme du discours politique dans les Etats naissant et la grandeur des rêves ont ôté à ces avertissements toute chance d’être prise au sérieux.
Il a fallu attendre la fin de la décennie ‘’60’’ pour que la floraison des coups d’Etat militaire presque partout en Afrique, la prolifération des dictatures prédatrices, la flambée de la pauvreté pour que les Africains commencent à se débarrasser de leurs illusions.
Contre toute attente survit l’ouverture de la démocratie au début des années 1990, marquant un puissant mouvement de réforme des institutions politiques africaines. Elle a globalement consisté à l’érection sur les cendres des régimes militaires et de partis uniques.
C’est donc, à ne pas douter, une mutation rationnelle d’accession au pouvoir qui faisait cruellement défaut au continent. L’opinion africaine était dorénavant fondée à penser que la venue de la démocratie signifiait la fin de l’ère des coups d’Etats, de la famine, d’absence de liberté et de fin de dictature. Il n’en a été fort malheureusement rien4.
1 SECK, C. Y. , Afrique : le spectre de l’échec, Paris, L’ Harmattan, 2004, P. 11
2 DUMONT, R. cité par Kadony, N. K. , L’introduction aux relations internationales africaines, Paris, l’Harmattan, 2007, pp. 14-15
3 DUMONT, R. , L’Afrique étranglée, Paris, N. E. P, 1982.
Certes, depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours, l’histoire des peuples et des nations a connu un nombre à la fois multiple et varié de formes de gouvernement : autocratique, théocratique, aristocratique, tyrannique, et empire démocratique. Cette dernière forme est admise par toutes les nations civilisées comme le mode de gouvernement le plus humain et le plus acceptable.