Erasmus : une période moratoire ? – Chapitre 4 :
Pour articuler l’ensemble des dimensions que recouvrent l’étude des pratiques étudiantes à l’étranger, il faut en première instance définir une grille d’analyse qui trouve sa pertinence dans l’articulation théorique. Nous avons donc tenu compte d’une part, de l’existence d’un système de reproduction sociale des pratiques et, d’autre part, des orientations par rapport auxquelles les étudiants construisent leurs trajectoires, en tant qu’agents sociaux ayant une certaine marge de liberté et n’étant pas seulement mus par leurs origines sociales et scolaires. Cette perspective, adoptée également par Valérie Erlich44 dans sa thèse, permet à la fois de saisir les « facteurs » d’homogénéisation et les « facteurs » d’hétérogénéité des pratiques étudiantes. Elle est un parti pris théorique déductible de la problématique de recherche choisie : l’emprise d’une démocratisation ségrégative sur l’expérience Erasmus. Les aspects de cette expérience, qui s’insèrent au croisement des différentes dimensions des systèmes éducatifs, méritent une attention significative, car la vie étudiante, comme l’attestent de nombreuses études45, est l’un des moments où se tissent le plus de relations notamment amicales avec le groupe de pairs, que ce soit au café, chez les amis ou à l’occasion de sorties par exemple.
La sociabilité étudiante ne peut pas, pour autant, être séparée des conditions et rythmes de travail, pas plus que de
Les apports des TIC à l’apprentissage ce qu’en pensent les enseignants qui utilisent les ateliers d’informatique avec leurs élèves
Université de Genève
Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education
Mémoire de Diplôme d’Etude Supérieure Spécialisée TECFA
Les apports des TIC à l’apprentissage
ce qu’en pensent les enseignants qui utilisent les ateliers d’informatique avec leurs élèves
Analyse qualitative menée dans le cadre du projet ‘Apprendre à Communiquer’ au PO/Genève
Catherine BULLAT-KOELLIKER
Directeur de mémoire :
Daniel Peraya, MER à TECFA, UniGe
Membres du jury :
Bernadette Charlier, Professeur à l’Université de Fribourg
Nathalie Deschryver, Assistante à TECFA, UniGe
STAF Gina
Octobre 2003
Liste des abréviations
Domaine informatique :
TIC : Technologies de l’Information et de la Communication
TICE : Technologies de l’Information et de la Communication pour l’éducation
Contexte institutionnel genevois :
AàC : projet ‘Apprendre à Communiquer’ DIP : Département de l’Instruction Publique
PO : enseignement postobligatoire (secondaire supérieur)
DGPO : Direction Générale du Postobligatoire
GIPO : Groupe Informatique du Postobligatoire
CPTIC : Centre Pédagogique des TIC
AMP : Aide Méthodologique de Proximité
CO : Cycle d’Orientation (niveau secondaire inférieur)
Différentes écoles du PO :
CEC : Collège et Ecole de Commerce
ECG : Ecole de Culture Générale
CEPTA : Centre d’Enseignement Professionnel, Technique et Artisanal
EAD : Ecole des Arts Décoratifs
SCAI : Service des Classes d’Accueil et d’Insertion
Table des Matières :
Introduction
Chapitre 1. Etat de la question
1. Les TECHNOLOGIES dans la société
L’importance de l’outil et de l’activité
2. Le monde de l’enseignement
Le système éducatif en crise ?
Les résistances du système scolaire
3. Le CHANGEMENT en éducation
Les représentations des acteurs
Les modèles de changement planifiés
Trois scénarios pour l’enseignement
4. L’INNOVATION dans l’enseignement
Qu’est-ce que l’innovation ?
Innover à quel niveau et pour qui ?
Pourquoi innover ?
Comment innover ?
Quels effets ?
5. L’INTEGRATION des TIC dans l’enseignement
De quelle innovation s’agit-il ?
Quels usages avec les TIC ?
Pour résumer ce point :
6. Les TIC et la PEDAGOGIE
Les technologies dans les différentes approches pédagogiques
L’apport des TIC en pédagogie
7. L’APPRENTISSAGE et les TIC
L’apprentissage versus élève
L’apprentissage versus enseignant
Compétences
8. EVALUATION et/ou SOUTIEN de projets innovants
Démarche de soutien
Evaluation et/ou Soutien de projets éducatifs innovants
8. EVALUATION et/ou SOUTIEN de projets innovants
Pour évaluer les aspects innovants d’une activité pédagogique il s’agirait tout d’abord de s’accorder sur ce que l’on entend par innovation, mais il faudrait aussi cibler dès le départ les effets produits, ce qui est pratiquement impossible car d’excellentes innovations n’ont pas eu les effets escomptés mais d’autres tout aussi pertinents (Cros)33.
De Ketele (2002), nous rappelle d’une part qu’une évaluation par les acteurs du terrain est une garantie qu’ils se donnent pour se garder de l’illusion qu’il suffit de faire des choses nouvelles pour innover et obtenir un changement en terme de résultats attendus, et d’autre part que les effets les plus intéressants de l’innovation sont ceux qu’on identifie dans le long terme, alors qu’à propos de l’amélioration de la qualité des apprentissages on se donne rarement ce temps.
Une innovation est bénéfique si elle induit des pratiques et des attitudes positives chez les élèves, les enseignants et dans l’environnement, sans provoquer de dégradation dans les acquisitions des élèves. Si ces deux conditions sont remplies, on peut conclure à une plus-value à court terme et en espérer une à long terme, y compris dans le domaine des acquisitions scolaires. On peut d’autant plus parler d’innovation qu’on y trouve conjointement un triangle d’inédits pour les élèves, pour les enseignants et pour l’institution, un inédit étant ce qui caractérise fondamentalement l’innovation, en sachant que
L’apprentissage et les TIC : élève, enseignant et compétences
7. L’APPRENTISSAGE et les TIC
« Apprendre, c’est construire des savoirs en interaction avec autrui. » (Stambak, 1999)28
Apprendre signifie avant tout changer, car il s’agit de mettre en œuvre de nouvelles pratiques dans un contexte social et si possible réflexif. L’apprentissage se réalise par la description, l’analyse et la formalisation de pratiques, qui sont autant d’étapes permettant aux individus de vivre une transition entre leurs connaissances antérieures et les nouvelles, en traversant des paliers de stabilité provisoire (Charlier, Bonamy et Saunder, 2003).
Apprendre n’est ni une simple acquisition, ni un traitement d’informations, mais une activité cognitive complexe qui impose de remanier ses acquis, de les dépasser en les conceptualisant (Linard, 2001).
L’apprentissage se définit comme un changement dans les structures mentales par un processus de construction et de reconstruction de connaissances au travers d’interactions avec le monde physique, social et/ou virtuel (Basque, Rocheleau et Winer, 1998).
Dans le domaine des apprentissages, les TIC peuvent être considérées comme des amplificateurs mentaux, des catalyseurs cognitifs qui décuplent les moyens d’exécution et de contrôle des actions, par l’utilisation d’outils fonctionnels, particulièrement efficaces pour agir, interagir, s’informer, explorer, échanger, expérimenter, créer… (Linard, 2001).
Différents types d’apprentissages peuvent être décrits, ils concernent l’acquisition de connaissances déclaratives
Les technologies et la pédagogie, l’apport des TIC en pédagogie
Les technologies et la pédagogie, l’apport des TIC en pédagogie
6. Les TIC et la PEDAGOGIE
Dans le domaine de l’enseignement, l’apport de toute innovation et des technologies informatiques en particulier, doit être pensé en terme de pédagogie et deux tendances se confrontent encore.
Il s’agit soit insérer ces nouveaux outils dans des pratiques traditionnelles, en se réjouissant d’une plus grande rapidité de traitement, tout en déplorant les contraintes et pertes de temps dues à l’apprentissage de la manipulation de ces technologies, soit de saisir l’occasion de l’intégration des TIC dans le système scolaire pour repenser le rapport à l’enseignement et à l’apprentissage et développer de nouvelles pratiques pédagogiques plus en accord avec les besoins des principaux concernés : les élèves (Basque, Rocheleau et Winer, 1998).
Les recherches sur l’intégration des TIC dans l’enseignement identifient d’ailleurs deux courants majeurs (Larose, Grenon et Lafrance, 2002) :
- l’intégration de type néo-comportementaliste et pragmatique qui considère les TIC comme de simples outils compatibles avec un enseignement traditionnel,
- l’intégration fondée sur une épistémologie socio-constructiviste, favorable à la modification des pratiques d’enseignement.
Une certaine hésitation se manifeste parmi les praticiens pour toutes les raisons évoquées précédemment même si l’on constate actuellement une sur-valorisation des approches collaboratives et de résolution de problèmes avec le recours aux TICE (Charlier, Bonamy et Saunder, 2003).
Les technologies dans les différentes approches pédagogiques
Avant de poursuivre, il me semble judicieux de reprendre quelques éclairages sur les rapports qui se sont développés entre les technologies informatiques et les différentes approches pédagogiques de ces dernières décennies, tout en me limitant qu’aux principales.
Le béhaviorisme
Le béhaviorisme s’appuie principalement sur l’exposé magistral, la pratique répétée (drill and practice) afin d’augmenter la rétention des savoir et savoir-faire, et le renforcement pour motiver l’élève. Les objectifs d’apprentissage sont précis et se définissent en terme de comportements observables.
Intégration des TIC dans l’enseignement, Quels usages avec les TIC ?
Intégration des TIC dans l’enseignement, Quels usages avec les TIC ?
5. L’intégration des TIC dans l’enseignement
Depuis qu’elle existe, l’école a été de nombreuses fois confrontée à l’intégration de nouveaux outils technologiques et ces innovations ont chaque fois réveillé passions et résistances parmi les acteurs scolaires.
Guir (2002) cite l’exemple des tableaux noirs qui ont mis 20 ans à être utilisés dans les classes ! Tardif (1998) évoque l’intégration de l’audiovisuel ou de la calculatrice en déplorant leur limite d’utilisation par les enseignants.
Entre l’engouement et les résistances des différents acteurs, les opportunités d’apprentissage rendues possibles par une nouvelle technologie sont difficiles à estimer.
Les apports d’une innovation ne sont que lentement perçus par l’ensemble du système scolaire.
En sera-t-il de même avec les TIC ?
De quelle innovation s’agit-il ?
Il est essentiel de rappeler ici que même si les technologies de l’information et de la communication ne se sont pas développées dans ni pour le système scolaire, c’est avant tout sur le plan pédagogique que leur intégration dans l’enseignement représente une innovation, sans oublier bien sûr le domaine technologique et celui du service, ni le contexte économique, puisque l’école se trouve au carrefour des désirs de différents partenaires sociaux qui exercent sur elle de fortes pressions pour qu’elle corresponde à leurs besoins (Charlier, Bonamy et Saunders, 2003).
Le monde de l’entreprise cherche d’ailleurs à définir certaines compétences
L’innovation dans l’enseignement et l’usage des TIC
Découvrez comment l’innovation dans l’enseignement transforme l’apprentissage à travers les TIC, la pédagogie et le changement systémique. Cet article explore la définition de l’innovation, ses niveaux, ses acteurs, ses enjeux et ses effets à long terme sur le système éducatif. 4. L’INNOVATION dans l’enseignement Avant d’approfondir la question de l’innovation liée à l’usage des TIC … Continuer la lecture
Le changement en éducation : modèles et représentations
3. Le changement en éducation
« Les sociétés et les organisations changent, mais en conservant une identité, une structure, une culture, alors même que les acteurs se renouvellent, évoluent, apprennent.
L’on peut s’étonner aussi bien de l’évolution que de l’invariance, parce que ce sont deux faces d’une même réalité, le changement dans la continuité.» (Perrenoud, 2003, p.1)
Le développement de nouvelles technologies dans l’enseignement implique des changements pour tous les acteurs au niveau :
- – des décideurs politiques qui doivent anticiper la direction à prendre afin que les décisions prises donnent des moyens cohérents aux acteurs sur le terrain,
- – de la gestion du système scolaire qui doit fournir non seulement le matériel mais aussi l’infrastructure de développement, de maintenance et de formation des enseignants mais qui doit aussi transformer les curriculums d’enseignement et élaborer des éléments d’évaluation de ces démarches,
- – des enseignants qui doivent apprendre à maîtriser les nouveaux outils et réinventer leur enseignement ainsi que réactualiser leurs pratiques pédagogiques,
- – des élèves (et leurs parents !) qui font face aux tâtonnements pédagogiques et administratifs…
En dehors des questions techniques posées par l’utilisation de l’informatique dans l’enseignement, l’intégration de ces nouveaux outils pose le délicat problème du changement qui interpelle chaque acteur très personnellement, notamment au niveau de ses représentations et des affects qui
L’intégration des technologies dans le système scolaire
4- L’intégration des technologies
Le développement massif des TIC s’imposant dans tous les secteurs de la société, le système scolaire ne pouvait y échapper et elles occupent dès lors une place grandissante dans le marché de l’éducation avec la conception et la mise en marché de produits multimédias soumis au jeu de la concurrence. La production de ce savoir se concentrant dans les multinationales de l’édition et de la communication, on observe une uniformisation de la culture, notamment au niveau des langues.
Parallèlement, le développement des technologies transforme l’école avec d’autres types de programmes et de pratiques éducatives, se déplaçant quelque peu vers l’apprenant, ce qui génère de nouvelles attentes, mais aussi de nouvelles critiques de l’école.
Pour l’enseignement traditionnel, les TIC peuvent apparaître comme ennemies ou des alliées :
– des ennemies, lorsque leur incorporation à l’école donne l’impression de :
o n’obéir qu’aux volontés de l’économie,
o trop accélérer le changement,
o pousser à une prolifération d’informations, impossible à maîtriser.
– des alliées lorsqu’elles permettent à chacun de :
o trouver des ressources de qualité,
o développer la recherche, la création, l’interaction, la communication…
o faciliter/améliorer l’apprentissage.
Par contre pour les enseignants soucieux de faire évoluer le système scolaire, l’intégration des technologies représente une aubaine pour transformer
Le monde de l’enseignement : le système éducatif en crise ?
2. Le monde de l’enseignement
« Une nouvelle représentation du type d’environnement de travail à venir au niveau européen et mondial, relayée tant par les médias que par les textes politiques, pousse les institutions à définir de nouveaux objectifs de formation. » (Charlier, Bonamy et Saunder, 2003, p. 46).
Afin de comprendre le contexte social et politique dans lequel s’insèrent les technologies, plusieurs ressources m’ont été particulièrement utiles. L’une d’elles est déjà ancienne mais très riche dans la description des multiples aspects du monde éducatif, il s’agit de l’ouvrage de L. Savoie-Jazc (1993). L’autre, plus récente, est un article de Cl. Lessard & M. Tardif (2001) décrivant les tendances actuelles de notre société et leurs impacts sur les systèmes scolaires.
Le chapitre de B. Charlier, J. Bonamy et M. Saunder dans l’ouvrage de B. Charlier et D. Peraya (2003) met aussi l’accent sur l’importance du contexte économique et social dans lequel s’inscrit l’intégration des TIC dans l’enseignement et l’apport de Ph. Perrenoud (2001) donne un éclairage très concret sur les difficultés à piloter le changement en éducation.
Autrefois vécu comme une vocation, reposant sur des qualités morales, l’enseignement a été peu à peu reconnu comme un métier dans le contexte de massification de l’éducation et de bureaucratisation des systèmes éducatifs. Il est actuellement appelé à évoluer dans le sens d’une professionnalisation basée sur des compétences spécifiques et
Les technologies et les TIC dans la société
1. Les technologies dans la société
Depuis l’invention de la roue comme l’évoque B. Devauchelle (1999), mais certainement bien avant, dès les premières tentatives d’élaboration du langage, les êtres humains ont toujours cherché à améliorer leur communication pour assurer leur survie, en développant des outils (matériels ou culturels) qui leur permette de se comprendre et de réduire le temps nécessaire à leurs échanges.
D’importantes inventions techniques telles que l’écriture et l’imprimerie sont à l’origine des grandes étapes de civilisation de l’Antiquité et du Moyen Age et il en serait de même actuellement (Cartier, 1997)2.
1- la civilisation de l’écriture (code alphabétique),
2- la civilisation de l’imprimerie (code typographique),
3- la civilisation du numérique, des TIC (code médiatique).
Chaque étape technologique engendre un nouveau mode de communication entre les individus et provoque une augmentation non seulement quantitative mais aussi qualitative des informations disponibles, alliant les aspects de rapidité de transfert, de quantité d’utilisateurs et de capacité d’archivage.
L’impact de ces innovations sur les connaissances transmises aux jeunes générations est évidemment important et nous constatons actuellement sur notre système scolaire les effets de la troisième étape décrite, celle du développement des technologies informatiques. Aujourd’hui plus que jamais il est vain de vouloir maîtriser toutes les connaissances sur un sujet, mais de
Les apports des TIC à l’apprentissage
Ce mémoire analyse les apports des TIC à l’apprentissage à travers le regard des enseignants du secondaire à Genève. Basée sur une étude qualitative, la recherche explore l’intégration des ateliers informatiques, leurs impacts pédagogiques, et la manière dont les technologies transforment les pratiques d’enseignement et l’expérience des élèves. Université de Genève Faculté de Psychologie et … Continuer la lecture