Marché des biens et services au Maroc : composition et évolution

Marché des biens et services au Maroc : composition et évolution

Le Marché des biens et services – Paragraphe III

I – Sa composition

Le contrôle par le marché des biens et services contraint le dirigeant à gérer dans l’intérêt des actionnaires. Ainsi, un dirigeant qui opte pour une stratégie visant à satisfaire seulement ses intérêts au détriment des actionnaires peut avoir des conséquences sur les coûts de production et le prix de vente proposé sur le marché.

A brève échéance, la firme est moins compétitive à l’égard des clients et devient insolvable à l’égard des fournisseurs, voire de l’Etat54. Plus la concurrence sera forte et plus efficace sera ce mécanisme. Dans ce sens, la pression concurrentielle est souvent présentée comme un facteur dynamique et stimulant entre firmes, dans la mesure où elle conduit à l’élimination des dirigeants les moins performants.

II – Son évolution

L’adoption par le Maroc de la loi 6-99 sur la liberté des prix et de la concurrence est de nature à renforcer les mécanismes du marché des biens et des services et à le rendre plus efficace en tant que mécanisme de contrôle.

En adoptant cette loi, le Maroc visait à moderniser l’environnement juridique et institutionnel de l’entreprise marocaine pour leur permettre d’exercer dans un environnement concurrentiel et de se mettre au niveau requis par la compétition internationale, dans un contexte économique marqué par l’ouverture du commerce, par la globalisation des échanges et par l’internationalisation des marchés55.

Cette loi pose le principe de la

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Le marché financier au Maroc : organisation et évolution

Le marché financier au Maroc : organisation et évolution

Le marché financier au Maroc : organisation et évolution

Paragraphe II

Le marché financier au Maroc

I- Son organisation

En cas d’opportunisme avéré ou de mauvaise gestion, les actionnaires peuvent vendre leurs titres pour exprimer leur mécontentement par leur droit de vote, selon le principe d vote par les pieds.

Cependant, la part du flottant à la Bourse de Casablanca reste très faible pour la plupart des sociétés cotées, le capital des entreprises cotées étant verrouillé par des intérêts de groupes familiaux49 et les petits actionnaires n’ont pas de rôle actif et sont généralement tributaire de la bonne volonté des dirigeants.

49 Selon les propos de Dounia TA présidente du (CDVM) recuillés par L’Economiste du 21 avril 2003.

En outre, les marchés financiers ont des difficultés à refléter en temps réel l’information financière.

Au plan mondial, c’est la pression des investisseurs institutionnels qui a modifié les relations entre actionnaires et les dirigeants avec l’émergence de la création de valeur actionnariale qui s’est imposée à la fois comme le critère de décision stratégique pour l’entreprise et comme l’indice de satisfaction de son actionnariat.

Cette situation est susceptible de se produire au Maroc si les investisseurs étrangers reviennent à la bourse de Casablanca.

Actuellement, le marché boursier reste peu dynamique et le cours de la bourse est déconnecté de la valeur intrinsèque des sociétés.

Les prises de contrôle ou les OPA traduisent la fonction disciplinaire exercée par le marché financier au Maroc sur la gestion des entreprises (soit mal gérée ou disposant d’un potentiel de croissance intéressant).

Mais en raison du manque du dynamisme de

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Le marché des dirigeants des entreprises au Maroc

Le marché du travail des dirigeants au Maroc

Le marché des dirigeants des entreprises au Maroc

Chapitre 2 : Le fonctionnement externe des gouvernements des firmes marocaines
Paragraphe I : Le marché du travail des dirigeants au Maroc

I- La composition du marché des dirigeants des entreprises

L’entreprise est un lieu de rencontre entre plusieurs partenaires dont les principaux sont les actionnaires et les dirigeants entre lesquels se tissent des relations et des conventions caractérisées par une asymétrie d’information, des conflits d’intérêt et des conflits d’agence.

Les premiers sont les apporteurs de fonds qui délèguent le pouvoir de gestion aux dirigeants et visent le profit le plus élevé compatible avec un degré raisonnable de risque37.

34 /35 Article 135 de la loi sur la S.A.

36 Article 11 de la loi sur la S.A.

37 Edith GLINGLINER, « L’actionnaire comme contrôleur », Revue française de gestion : n° 141- novembre/décembre 2002.

Les seconds développant des stratégies personnelles, peuvent utiliser leur position stratégique à la tête de la firme et la latitude managériale qui en découle pour accroître leur pouvoir et leur prestige ou augmenter leur rémunération ou tout simplement pour se maintenir en place38.

Cette attitude des dirigeants s’explique par la théorie de l’enracinement.

Cette théorie traduit la volonté du dirigeant de s’affranchir, au moins partiellement du contrôle des actionnaires, en vue de conserver sa position, d’accroître sa liberté d’action et/ou de maximiser ses rentes.

Le développement de ces stratégies d’enracinement suppose la neutralisation des mécanismes de contrôle comme le conseil d’administration ou de surveillance, et la mise en place de réseaux relationnels bienveillants à l’égard de ces dirigeants.

Il est prouvé que le fait d’être diplômé d’une grande école prestigieuse fait bénéficier le futur dirigeant d’un réseau organisé des anciens diplômés souvent eux même occupant des postes clés dans des grandes entreprises ou au niveau de l’économie nationale même39.

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Gouvernance des firmes à structure duale : direction et contrôle

Gouvernance des firmes à structure duale : direction et contrôle

Les firmes à structure duale – Paragraphe II

I : Le rôle des organes de direction

II : Le rôle des organes de contrôle

1. Le conseil de surveillance

2. L’assemblée générale

I- Le rôle des organes de direction

Le directoire est le mécanisme de direction collégiale pour les sociétés anonymes à structure bicéphale. Il est composé de cinq membres au maximum, toutefois ce nombre peut être porté à sept lorsque la société est cotée. Ces membres sont nommés par le conseil de surveillance qui désigne parmi eux un président31.

Ce dernier peut être un directeur général unique lorsqu’il assume tout seul les fonctions dévolues au directoire. Par contre, le directoire est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société.

La durée du mandat du directoire est de quatre ans. Cependant, elle peut être déterminée par les statuts dans la limite comprise entre deux ans et six ans.

Contrairement aux administrateurs, les membres du directoire sont plus ménagés. Nommés par le conseil de surveillance, ils ne peuvent être révoqués par l’assemblée générale sans juste motif. L’administrateur du directoire révoqué peut prétendre à une indemnisation s’il arrive à démontrer que sa révocation a été abusive. En outre, le « contrat de travail du membre du directoire révoqué, qui se trouve être en même temps salarié de la société, n’est pas résilié du seul fait de la révocation », précise l’article 80 de la loi sur la

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Les principes de gouvernance des firmes à structure moniste

Les principes de gouvernance des firmes à structure moniste

Deuxième partie

Les principes de gouvernance d’entreprises au Maroc

Introduction

Le gouvernement d’entreprise (corporate governance) concerne la gestion de la relation actionnaires-dirigeants. Selon Bancel (1997), « il propose un certain nombre d’outils de contrôle et d’incitation des dirigeants susceptibles de rétablir l’équilibre en faveur des différents groupes de partenaires (actionnaires, créanciers, salariés, etc.), d’aboutir à une répartition de la richesse créée plus équitable afin d’améliorer l’efficacité des firmes »17.

Au Maroc, la plupart des acteurs économiques considèrent qu’il est encore tôt pour parler de gouvernement d’entreprise. En effet, le contexte d’exercice de l’activité entrepreneuriale n’a rien à voir avec celui des pays où la problématique de gouvernement d’entreprise s’est posée avec acuité.

Le Maroc se trouve encore dans une phase de transition d’une économie de rente à une économie de marché. En plus, les fonds de pension qui ont poussé au corporate governance ne sont pas encore présents au pays.

Néanmoins le législateur a inséré dans le texte de la loi sur la SA (loi 17-95), entrée en vigueur en janvier 2001, des dispositions ayant trait au gouvernement d’entreprise. De cette manière, il a appelé l’ensemble des acteurs économiques à entamer une réflexion sur la gouvernance des entreprises au Maroc. Cela peut s’avérer, à moyen terme, bénéfique pour l’ensemble du tissu économique national d’autant plus

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La bourse de Casablanca: réforme de 1993 et évolution

Evolution du marché boursier marocain

La bourse de Casablanca: réforme de 1993 et évolution

Paragraphe II

Bourse marocaine : léthargie ou dynamisme

I : Aperçu historique

Créée en 1929, la bourse de Casablanca a connu plusieurs réformes12. La première en 1948, a attribué à la bourse des valeurs la personnalité morale. La seconde en 1967, a permis de la réorganiser juridiquement et techniquement et de la définir comme un établissement public.

Enfin, la réforme de 1993 a donné à la bourse de Casablanca le cadre réglementaire et technique indispensable à son émergence. L’activité sur le marché boursier marocain est restée limitée et de loin en deçà du potentiel de l’économie marocaine.

Cette situation trouvait sa justification essentiellement dans la marginalisation de ce marché en tant que source de financement pour les entreprises marocaines qui se tournaient de manière systématique vers le circuit bancaire, et même en situation d’endettement difficile.

Le véritable décollage de l’activité boursière n’a eu lieu qu’avec les premières opérations de privatisation en 1993 transitant par la bourse de Casablanca puis la réforme boursière la même année.

II- La réforme de 1993

Cette réforme (loi n° 1-93-211/212/213) a porté sur trois axes essentiels :

1- Cadre juridique et réglementaire de la Bourse de Casablanca

la société gestionnaire est la société de la bourse des valeurs de Casablanca (SBVC) devenue la Bourse de Casablanca depuis décembre 2000.

C’est une société anonyme de droit privé, son capital étant détenu à parts égales par l’ensemble des

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Le système bancaire marocain : performance et cadre réglementaire

Le système bancaire marocain : performance et cadre réglementaire

Chapitre 2 – La mutation du système financier

Paragraphe I : Système bancaire et financier marocain

I : Système financier

Le système financier marocain est constitué d’un ensemble complexe d’institutions plus ou moins spécialisées, fruit de son évolution socio-économique propre. Dès les premières années de l’indépendance, le souci d’assurer le financement de l’économie avait conduit à la création ou la réorganisation d’établissements financiers spécialisés, tels que la CDG (Caisse de Dépôt Générale), la BNDE (Banque Nationale de Développement Economique), la CNCA (Caisse Nationale de Crédit Agricole), la Caisse d’Epargne Nationale, la CNSS (Caisse Nationale de la Sécurité Sociale) et le CIH (Crédit Immobilier et Hôtelier).

Chacun de ces établissements s’est vu confier une mission bien déterminée dans la collecte de l’épargne et le financement des investissements ainsi que des diverses activités des secteurs privés et publics. De même certains organismes bancaires ont été chargés de missions spécifiques.

Il est résulté de cette architecture un système d’intermédiation certes complet, mais compartimenté et où, de surcroît, les règles de fonctionnement et de gestion étaient administrées par l’Etat, suite à l’instauration de l’encadrement du crédit et à l’institution de nombre de coefficients d’emploi obligatoire.

En raison des distorsions qu’il avait engendrées, le système mis en place s’était avéré inapte à mobiliser les ressources financières

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Privatisation et actionnariat des entreprises marocaines

Privatisation et actionnariat des entreprises marocaines

IV : Perspectives de l’économie marocaine

Le Maroc est parmi les pays qui cherchent à miser davantage sur les forces du marché et sur l’entreprise privée. En libéralisant l’économie et en mettant en place un cadre de réformes institutionnelles et de mise à niveau de son économie, le Maroc s’est voulu un pays attractif pour les investisseurs et cherche à s’intégrer progressivement dans l’Union Européenne.

Ainsi, le Maroc s’est résolument engagé dans la voie d’un accord d’association avec l’union européenne qui est entré en vigueur le premier mars 2000, l’instauration progressive d’une zone de libre-échange s’installera sur une période de 12 ans.

Par voie de conséquence, la restructuration du tissu industriel marocain et la mise à niveau des entreprises s’imposent pour assurer la survie et la pérennité de l’entreprise marocaine face à la concurrence européenne dont les effets commencent déjà à se faire sentir.

Les entreprises marocaines en quête de compétitivité doivent entreprendre un effort majeur d’adaptation et de mutation de leurs méthodes et pratiques d’organisation, notamment en matière de technologie, d’innovation, de gestion et de gouvernance d’entreprise.

Cette mutation peut être favorisée, d’une part, par le chantier lancé par l’Etat marocain en matière de transparence et de moralisation : pénalisation de la fraude fiscale, pacte de bonne gestion, code des marchés publics et lancement de la modernisation de l’administration, d’autre part par une éventuelle

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L’économie marocaine : 3 handicaps, évolutions et endettement

L'économie marocaine : atouts, évolutions et endettement

L’économie marocaine : atouts, évolutions et endettement

Université de Bretagne Occidentale

Institut d’administration des Entreprises

de Bretagne Occidentale

DESS : Ingénierie Financière

Mémoire du Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées en Ingénierie Financière

Sous le thème

L'économie marocaine : atouts, évolutions et endettement

Le gouvernement d’entreprise au Maroc

Réalisé par :

Hicham Belkadi

Sous la direction de :

Mlle Elisabeth GENAIVRE

Maître de conférence en Gestion

IUT de Lannion-Université de Rennes 1

Responsable du DESS :

Mr. Christian CADIOU

Professeur Agrégé des Universités en Gestion

IAE de Bretagne Occidentale

Année Universitaire

2002-2003

Introduction générale

Depuis l’indépendance, le Maroc était réputé un pays libéral. Néanmoins, l’Etat a toujours gardé un rôle prépondérant dans l’économie. Le pays a ainsi vécu depuis des années dans l’attente de réformes économiques.

Or, jusqu’au début des années 1990 rien de particulièrement important n’a été entrepris à part un programme d’ajustement structurel (PAS) douloureux, imposé par les instances financières internationales notamment le FMI.

Ce n’est qu’à partir de 1993 que le pays a entrepris un ensemble de réformes. Il a ainsi choisi la libéralisation économique interne et l’ouverture sur l’économie mondiale.

Le royaume a compris qu’il y a des exigences incontournables, comme la modernisation de son économie et la mise en place d’un cadre incitatif qui puisse libérer les énergies locales et attirer les investisseurs étrangers.

La mondialisation impose au Maroc en tant que pays en développement de s’aligner aux normes internationales et d’être capable de fournir aux investisseurs aussi bien nationaux qu’étrangers les mêmes conditions que celles qu’ils peuvent obtenir ailleurs.

Le respect des principes de gouvernement d’entreprises constitue l’une de ces conditions. En effet ce sujet est actuellement au centre des débats.

Les enjeux sont importants, car il s’agit de générer la confiance et de permettre aux investisseurs d’obtenir les moyens d’exercer un véritable contrôle sur la gestion de leurs actifs.

Dans les pays en développement ce débat n’est pas posé avec la même acuité. Toutefois, le Maroc ne peut pas se permettre de rester à l’écart.

De ce fait le législateur marocain a introduit dans le texte de la loi (17-95), relative à la SA et entrée en vigueur en janvier 2001, des dispositions ayant trait au gouvernement d’entreprises.

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