Propositions de typologie des adolescents

Propositions de typologie - Stratégie identitaire

Propositions de typologie des adolescents – Stratégie identitaire

6. Propositions de typologie

Au final, on pourrait envisager d’appliquer l’analyse des figures du monde réalisée par Eric Landowski aux stratégies de parcours identitaires par des logiques intersubjectives. Apparaissent alors une série de figures emblématiques qui sont autant de manières respectives de s’orienter en ressemblant ou en se différenciant de la norme des pairs.

Au centre, nous placerons l’adolescent standard en tout point conforme aux normes du groupe, en l’occurrence Philippine et Salomé.

L’adolescent dandy, prêt à tout pour se démarquer des pairs et se disjoindre de la même société ; il lui faut se hausser au-dessus du lot commun. C’est le cas de Dan, de Edouard, d’Axelle, de Valentine, Laetitia, Laurence et Mathilde. Mais le plus emblématique est David qui méprise et refuse la norme locale (93) du jogging pour adopter le look minoritaire des skaters et arborer sa Maguen David qui lui a occasionné violence physique et verbale.

L’adolescent caméléon s’appuie sur un savoir-faire qui consiste à s’intégrer à la culture et au look des pairs tout en restant joint à son univers maternel africain dont elle suit les normes lors des fêtes. Il pourrait s’incarner en Maïmouna, avec des nuances.

L’adolescent ours à qui nul autre que lui-même ne peut indiquer le chemin à suivre et qui ne déviera pas quoi qu’il arrive, quelle que soit l’intervention des professeurs, de sa propre trajectoire, quitte à laisser se rompre la plupart de ses liens avec ses pairs. Il est hors norme.

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La bande, un imaginaire médiatisé et L’exclu

La bande, un imaginaire médiatisé et L’exclu

4. La bande, un imaginaire médiatisé

Que ce soit à la télévision, dans les fictions cinématographiques ou « littéraires », les adolescents sont souvent représentés en bande. À ce titre, la dernière couverture du Nouvel Obs consacrée aux ados parisiens est emblématique.

La société toute entière est devenue une immense machinerie à fabriquer les repères du juste et du vrai, du bon et du bien, de la normalité, et les medias sont au centre de ce dispositif. « Ce sont les medias qui détiennent désormais les clés de l’application réflexive et transformatrice de la société elle-même » .

Interrogés sur la médiatisation des bandes adolescentes, beaucoup d’interviewés ont cité les séries télé d’origine américaine comme High school Musical, One tree Hill ou Buffy contre les vampires, qui leurs sont destinées ou la littérature girly.

« Newport Beach saison 1 et les Frères Scott(saison 1), on y voit beaucoup les bandes, surtout au début quand on montre le cadre. Un film, ce serait Thirteen qui montre l’influence des gens. Une jeune fille prude va rencontrer une fille.

Pour se rendre populaire, elle va prendre de la drogue. Sinon, il y a Hell de Lolita Pill, j’ai vu le film, je n’ai pas lu le livre. Gossip Girl, la série existe sur Daily Motion. Titres de la littérature girly : « ça fait tellement bien de se faire du mal » ou « Vous m’adorez, ne dîtes pas le contraire », ce sont des satyres. » (Laetitia, 2nde, 16 ans, Paris 16)

Les medias offrent un prisme à la réalité adolescente

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Les tribus, une juxtaposition de styles hétéroclites

Les tribus, une juxtaposition de styles hétéroclites

3. Les tribus, une juxtaposition de styles hétéroclites, source d’affirmation

Aujourd’hui, il n’est plus question d’une mode, mais d’une pluralité de modes qui obéissent à un ensemble de processus compliqués : la sensibilité propre des créateurs, assurément, mais aussi les aspirations diverses venant de la rue et finissant par se constituer en autant de modes qui marquent l’appartenance à tel groupe ou à telle tribu. Le résultat en est celui de la « multiplication et la fragmentation des canons du paraître, de la juxtaposition des styles les plus hétéroclites » .

S’il y a tant de modes ou de styles différents, c’est qu’il y a beaucoup de groupes d’appartenance ou de tribus. La théorie de Maffesoli repose sur « un paradoxe essentiel : le va et vient constant qui s’établit entre la massification croissante et le développement de micro-groupes » qu’il appelle tribus.

Animés par un fort désir de lien social et la volonté d’affirmer leur moi, les adolescents montrent leur appartenance à leur groupe de pairs, en se démarquant pour mieux s’intégrer au groupe. C’est la différence des choix d’une tribu à l’autre et leur ressemblance à l’intérieur d’une même tribu qui nous incite à considérer le comportement de l’adolescent consommateur comme un phénomène tribal.

Les tribus sont des instruments de l’affirmation individuelle : ce n’est plus les normes collectives qui s’imposent à l’adolescent, c’est l’adolescent qui y adhère délibérément par volonté privée de

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Les signes objectifs des goûts musicaux ou sportifs

2. Les signes objectifs des goûts musicaux ou sportifs

Selon Pascal Monfort , sociologue et professeur à l’ISEM, la mode et la musique sont mutuellement sous influence depuis longtemps, mais « la naissance des idoles », dans les années 50, a donné un coup d’accélérateur au phénomène, particulièrement en ce qui concerne la consommation des adolescents. Les jeunes et la mode jeune se sont organisés autour des différents univers musicaux qui émergeaient.

Pour Dominique Pasquier, la manière de porter son sac à dos, la forme et la marque d’une paire de baskets peuvent signaler l’amateur de rap ou au contraire le fan de foot. Les tee-shirts annoncent les supporters d’un club de foot ou les passionnés de mangas, le pantalon large et les cheveux ébouriffés l’adepte du skate. Tous ces signes peuvent être difficiles à décrypter pour les adultes, ils sont cependant clairs dans la société de pairs.

Faire partie d’un groupe, c’est aussi montrer qu’on en fait partie au travers de signes explicites :

Pour les rappeurs, les adolescents interrogés nous ont cité le pantalon baggy ou e jean très large, agrémenté du collier et de la casquette

Pour les skaters, le signe est avant tout les Vans, chaussures de skate.

Pour les fans de foot, c’est le jogging, le sweatshirt à capuche.

Dans un sens, l’adoption d’un look ne signifie pas obligatoirement la pratique de la musique ou du sport, ce peut être davantage l’envie d’afficher l’esprit attaché à cette pratique. Dans l’autre sens,

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Catégorisation des adolescents selon l’apparence au lycée

Catégorisation des adolescents selon l’apparence au lycée

C. L’exclusion

La présentation physique de soi semble valoir socialement pour une présentation morale. La mise en scène de l’apparence livre l’acteur au regard évaluatif de l ‘autre (David le Breton, 1992, p 97). Le pair, le semblable, le proche et même l’ami, sont des évaluateurs.

Le regard des pairs est «très lourd » comme le souligne Laurence, il peut être impitoyable car pour D. Le Breton, leur jugement s’énonce moins sur un monde moral que dans la coïncidence ou non à des modèles ambiants et provisoires du groupe. Il conduit ainsi à la catégorisation, à l’étiquetage, voire à l’exclusion sociale en fonction de la parure et de la présentation de soi.

Au-delà des attractions interpersonnelles, la stylisation des goûts tend à donner un pouvoir classant fort à l’apparence physique et vestimentaire. Ainsi, se construisent des catégorisations plus globales qui organisent le collectif en groupes homogénéisés sur la base des appréciations de la beauté et de son mode de mise en valeur par les signes vestimentaires. L’adolescence est une période importante de catégorisation et de stigmatisation entre groupes de pairs, entre tribus (les fashion victimes versus les skaters , rappeurs, tecktoniques, chals…).

L’enquête de l’Insee « Histoire de vie- Construction des identités » de 2003 a montré que les jeunes se sentent beaucoup plus souvent discriminés ou stigmatisés que les adultes, en premier lieu, sur leur apparence physique et vestimentaire..

1. La catégorisation

L’apparence est

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Leaders de goûtvestimentaire et poids des marques

Leaders de goûtvestimentaire et poids des marques

7. L’aura des leaders

Le désir de choisir son apparence se reflète dans l’admiration vouée au trendsetter, le dandy des temps modernes, ou à celui qui soigne son look, tandis que les adolescents se moquent des snobs ou de ceux qui affichent trop de marques (les chals, les Fresher). Au sein de sa classe, l’adolescent est capable d’identifier un leader de goût qui revêt à ses yeux des caractéristiques héroïques et dont l’avis fait loi.

a) Les leaders de goût

Ce héros peut être choisi pour sa stratégie de distinction, son style personnel que ce soit par des collégiens ou des lycéens. Cette stratégie peut passer par l’acquisition de marques jouissant d’un prestige auprès des autres élèves ou par le choix de vêtements singuliers auxquels s’ajoute la touche personnelle.

Ce choix peut être commun à toute la classe, ses qualités étant reconnues par tous. Le charisme peut s’étendre au-delà des vêtements et l’élu peut occuper la fonction de délégué de classe.

« La mieux habillée, c’est une fille, ma voisine. Elle est assez fine, à la mode et originale à la fois, elle est la seule à s’habiller comme ça, je ne pourrais pas, moi. Elle assume totalement son style, elle est à la mode très poussée.

Elle personnalise complètement ses vêtements, personne ne penserait à les acheter. C’est une question de goût, elle est attirée par ces vêtements. Elle ne cherche pas à être originale, elle fréquente le même style de boutiques que moi. » (Mathilde,1ère, 16 ans, Asnières)

A

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Normes vestimentaires selon le territoire : Cité et Perpignan

Normes vestimentaires selon le territoire : Cité et Perpignan

6. Les normes selon le territoire

La dimension locale interfère, voire domine la mode de la rue et celle véhiculée par les magazines d’adolescents et les séries télévisée visant une audience adolescente. C’est l’environnement local des pairs qui modifie les normes et également la propre perception de l’adolescent.

Le témoignage d’Axelle, à ce titre, est particulièrement éloquent. Transplantée durant sa colonie estivale dans un environnement de pairs non-parisiens, elle a modifié son comportement vestimentaire et ses points de repère ou normes. Il lui a fallu ensuite une période de réadaptation après son retour en milieu parisien.

« Cet été, la mode à Paris, c’était le slim, ballerines et compagnie. En colo, personne n’était habillé comme à Paris, ils avaient plus un style baba cool, pas de slim, plus de couleurs vives. En rentrant de ma colo, j’avais ces goûts-là. » (Axelle, 3ème, 14 ans, Paris)

L’enquête a mis en évidence l’importance de la domination masculine dans les cités et la spécificité des normes perpignanaises. La dimension locale peut même s’appliquer à l’arrondissement parisien.

a) La domination masculine dans les cités

L’enquête réalisée par P.Duret a montré combien les valeurs masculines ont de poids dans les cités et qu’elles pénètrent l’univers féminin. Les garçons des milieux populaires fondent la masculinité sur la matérialité des corps, la force. L’obsession de la force dans les cités est moins entretenue par le poids des

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Les normes vestimentaires par genre : masculinité et féminité

Les normes vestimentaires par genre : masculinité et féminité

5. Les normes vestimentaires par genre

Si l’uniforme a été largement supprimé en classe, les jeunes se sont donnés de nouvelles consignes vestimentaires que nous allons analyser par genre. Pour David le Breton , « dépouillement des investissements de l’enfance, l’adolescence est cheminement vers un autre sentiment de soi intégrant la sexuation ».

Les garçons ressentent souvent la crainte de ne pas être à la hauteur et les filles, à l’exception de Maïmouna, représentative de certaines filles des cités, de ne pas susciter le désir, de manquer de séduction. Le corps devient une surface de projection dont il faut contrôler l’apparence en le parant, en le siglant éventuellement, en le dissimulant (Maïmouna), en l’arborant… Les manières de s’habiller traduisent les tensions du jeune au regard de son identité sexuelle, de ses relations avec ses pairs, éventuellement ses parents et de sa prise en compte des normes sociales.

Pour appréhender leur poids, nous avons interrogé chaque adolescent sur le comble de la masculinité, de la féminité et de l’unisexe en termes vestimentaires. La seconde moitié du XXe siècle a été marquée par l’annexion du masculin par le féminin, illustrée par le port du pantalon.

Mais chez les adolescents, n’observons-nous pas, au-delà de tendances unisexes (les Converse, le jean), l’annexion du féminin par le masculin ? Il existe visiblement des passerelles comme semble le montrer l’adoption du pantalon slim par les adolescents alors qu’il avait été lancé par les filles et

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Au lycée les normes vestimentaires sont plus tolérantes?

Au lycée les normes vestimentaires sont plus tolérantes?

4. Une plus grande tolérance au lycée ?

La présentation de soi, c’est aussi l’exposition de soi au regard des autres, à leur jugement et à leurs critiques. « Les nébuleuses, les cercles sociaux et les « relations fluides » sont reconnus comme jouant un rôle structurant dans la confrontation avec le monde social, dans la mesure où ils constituent des arènes sociales plus diversifiées et plus critiques que la sphère des amis, des espaces de lutte et d’ajustements identitaires plus aigus », pour C.Bidart . Or, la critique adolescente est virulente, le regard aiguisé et le poids des normes collectives du paraître important, davantage semble-t-il au collège qu’au lycée.

De plus, au lycée, l’autonomie vis-à-vis des prescriptions parentales est plus homogène entre les élèves qu’au collège. Ils bénéficient d’une plus grande liberté dans le choix de leur pratique de loisir, de leurs vêtements, de leurs fréquentations, et même dans certaines limites, de leurs sorties.

Aussi la mode semble être un moindre facteur d’intégration au lycée qu’au collège grâce à un gain en maturité. Les témoignages de Mathilde et Pierre confirment la baisse des critiques.

« Au lycée, il y a des groupes mais tout le monde se parle. Il n’y a pas d’élève exclu du groupe au lycée. Au lycée, c’est pas parce que la personne est mal habillée, qu’on ne va pas lui parler. Certains sont encore restés dans le modèle collège. ll n’y a plus de clan, on est plus ouvert au lycée, les groupes sont plus mixtes. »

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Signes religieux stigmatisants et liberté vestimentaire

Signes religieux stigmatisants et liberté vestimentaire

b) Des signes religieux stigmatisants, source d’exclusion et de violence

Bien qu’interdits par les règlements, les signes religieux sont souvent arborés au collège, période ou les croyants, catholiques, juifs ou musulmans, confirment leur foi. Ils sont sources de tensions, de constitution de clans et peuvent handicaper les rapports entre garçons et filles.

« Ils affichent beaucoup leurs signes religieux au travers des bijoux : les « manguen-david » mayen David. C’est pas du tout planqué, c’est de l’ostentation complète. C’est à cause de leur éducation, ça crée des gros groupes. Y a des groupes par religion, c’est même pire que les vêtements. Y a des écarts. Les juifs sont en majorité dans les classes du collège et du lycée. Le sentiment d’appartenance est le plus fort en 5ème et en 4ème (année des bar mitsva).

T’es-tu prises des réflexions? Moi, je ne me suis pas prise de réflexions, mais j’ai eu des questions en 6ème : « de quelle religion es-tu ? ». Ça m’a choquée. Au collège, y avait des clans. Une jeune juive ne peut pas sortir avec un garçon non-juif, c’est à cause des parents. Y en a qui montrent plus ou moins la religion. » (Valentine, 2nde, 15 ans, Neuilly)

Lorsqu’ils désignent une minorité, ils peuvent être à l’origine de violence verbale ou physique.

« Les problèmes au collège : ce sont des agressions verbales, des insultes, des menaces, ça venait un peu de n’importe qui. En général, c’est des gens qui veulent prendre du pouvoir. Ils vont

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Tenues et Vêtements interdits au collège et lycée

Tenues et Vêtements interdits au collège et lycée

3. L’homogénéité au collège

L’adolescent est marqué dans son rapport au monde par son appartenance sexuelle, son lieu de vie, son origine culturelle, ses convictions religieuses, son histoire personnelle, sa situation relationnelle au sein de sa famille, il est immergé dans une configuration propre. Aucun ne ressemble à un autre, mais dans les circonstances sociales, nombre de traits les réunissent.

Au collège, la normativité est forte : sur chaque pratique vestimentaire individuelle pèse le regard des autres. Si les parents ont perdu une partie de leur pouvoir de prescription, les individualités des collégiens peuvent difficilement s’exprimer librement. Mes observations au sein du coIlège d’Epinay sur l’homogénéité vestimentaire se sont vues confirmées par les feedbacks des « anciens collégiens » que sont les lycéens.

« Au collège, ce sont des prototypes (stéréotypes), beaucoup de copies, notamment de tecktonik. » Avant au collège, on pouvait être critiqué, en général si tu sais te défendre, y a pas de problème. (Dan, 2nde, 15 ans, 93 Gagny)

D.Pasquier le pointe également : on a supprimé l’uniforme en classe, mais les jeunes se sont donnés de nouvelles consignes vestimentaires, parfaitement rigides. Cette affirmation est plus flagrante pour les collégiens que pour les lycéens, comme le souligne Mathilde avec son propre recul.

« Au collège, on suit la mode à la lettre, les baskets à la mode. Au collège, tout le monde est habillé pareil. Au collège, on allait plutôt vers les

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L’intégration, Norme vestimentaire des pairs de l’adolescent

L’intégration, Norme vestimentaire des pairs de l’adolescent

B. L’intégration, la norme des pairs

Le cadre de l’institution scolaire s’est profondément élargi avec l’abandon de l’uniforme, celui des parents également avec la volonté d’autonomisation, les repères collectifs se sont ainsi atténués.

Mais face à cette ouverture, l’angoisse monte à mesure que ces repères deviennent moins contraignants (J.C.Kaufmann, 2002). Les pairs fabriquent et actualisent leurs propres repères en établissant leurs propres normes : le bon, le beau, le normal en termes vestimentaires… Ces normes diffèrent d’un cycle à l’autre, entre le collège et le lycée, d’un territoire à l’autre (cités, Paris et les milieux favorisés).

Dans le domaine de la mode vestimentaire, chaque adolescent doit prendre parti, choisir avec qui il est. Certains goûts partagés rapprochent et sont susceptibles de structurer les réseaux sociaux.

Pour Claire Bidart, les réseaux sociaux juvéniles ont une configuration particulière : à la fois très étendus et très actifs, et très resserrés en termes d’âge.

1. La perception de soi par les autres

Le pair, le semblable, le proche et même l’ami, deviennent aujourd’hui des évaluateurs et des concurrents potentiels. L’esprit de compétition peut faire des ravages. Le retour positif d’autrui donne à l‘adolescent plus d’assurance sur sa personnalité et sa présentation.

« Physiquement, on en parle pas vraiment. Quand on sort avec un garçon, ses copains sont plus critiques. Pour les compliments, c’est tout le monde pareil, on est

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Identité personnelle et générationnelle de l’adolescent

Identité personnelle et générationnelle de l’adolescent

3. Signe de distinction : une identité personnelle

La recherche de la provocation ou l’évitement des extrêmes (ni trop conforme, ni trop original), la recherche du regard, de l’attention d’autrui, garçon ou fille, semblent des axes de construction. L’adolescent est tiraillé entre la tendance à fusionner avec son groupe social, ses pairs et la tendance à s’en dissocier individuellement (G. Simmel, 1988, p89).

Chaque adolescente, et peut-être plus encore chaque lycéenne cherche en accord avec sa personnalité la différence qui la fera être elle-même (par son style, mais aussi par la « customisation » des vêtements ou des accessoires). G. Lipovetski souligne qu’avec la mode, commence le pouvoir social des signes infimes, « les petits riens qui font toute la différence », l’étonnant dispositif de la distinction sociale conférée au port des nouveautés tenues, c’est la différenciation marginale.

C’est d’autant plus vrai que l’adolescent est à la fois en quête de sa personnalité et qu’il la construit. La personnalisation, quête d’identité, de statut et de standing, se fonde sur des signes muets, non pas sur des objets ou des biens, mais sur des différences.

J.C. Kaufmann souligne que lorsque rien n’est imposé, il devient encore plus important d’avoir l’idée de ce qui est peut être considéré comme normal. Il s’agit de toujours se positionner devant les normes et de se construire dans la référence permanente aux autres. Vincent, même s’il se distingue de tous les autres collégiens par

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Le cercle intime de l’adolescent : la sphère chaude

Le cercle intime de l’adolescent : la sphère chaude

2. Le cercle intime : la sphère chaude

Le cercle intime intègre dans ce mémoire les amis proches et la fratrie proche pour des besoins de simplification. En effet, les pratiques de prêt de vêtement, de shopping ensemble et de conseils ou influences sont communes.

En revanche, la fratrie n’est pas choisie par l’adolescent. Même si l’amitié réalise une sphère plus chaude, plus positive, elle reste inscrite dans ces jeux d’affiliations et de jugements, dans ces environnements soumettant la personne à des classements subtils et perpétuels. Les amis, encore plus proches et « similaires », émettent des avis certainement plus nuancés, plus indulgents et « enrobés » dans une protection affective.

Comme la famille avec laquelle l’adolescent s’apprête à prendre des distances, ils contribuent à fournir une interprétation bienveillante et valorisante des confrontations et jugements émis par les pairs. Dans la sphère amicale, les contrastes sont relativement réduits, les modes de communication plus doux, les évaluations plus positives. Ce cercle proche et plus positif joue en quelque sorte un rôle de « tampon » entre l’individu et le cercle plus large et plus critique des pairs, pour Claire Bidart .

a) L’apparence parmi les critères d’élection

Les amitiés de jeunes naissent très souvent sur des proximités de circonstance, d’attirance spontanée et impalpable, un feeling, ainsi que sur des attraits simplement physiques Une attention importante est portée au physique et au style vestimentaire et les

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Adolescent et ses pairs : L’apparence (La mode, jalousie…)

Adolescent et ses pairs : L’apparence (La mode, jalousie…)

III. L’adolescent et ses pairs : le rôle de l’apparence dans les liens sociaux

Les vêtements sont des médias de communication induisant des logiques d’identité, d’inclusion et d’exclusion, notamment au sein du groupe de pairs et du cercle des amis intimes, qui constituent les deux groupes de référence des adolescents. Ce mélange de sympathie et d’hostilité caractérise les relations humaines, notamment parmi les adolescents.

Au sein de nos sociétés, le souci de l’apparence oblige à composer avec la mode, autrement dit avec les choix collectifs opérés en faveur de certaines tendances. À l’intérieur de ces différentes propositions, l’individu fait son choix en intégrant les normes des pairs et les normes parentales, et non de façon purement rationnelle comme aime à le penser G.Erner (2004).

Pour les adolescents, la mode contribue à l’identité générationnelle, mais aussi à l’identité personnelle, elle apparaît pour G. Lipovetski comme l’agent par excellence de la spirale individualiste, son mimétisme favorise l’individualisme. « Le propre de la mode a été d’imposer une norme d’ensemble et, simultanément, de laisser place à la manifestation du goût personnel ».

En même temps, elle permet l’expression de l’émotionnel au quotidien, et la théorie de M.Maffesoli sur le néo-tribalisme y trouve un champ d’application chez les adolescents.

De manière délibérée, l’individu cherche à conjuguer distinction et imitation pour devenir celui qu’il souhaite être. Pour les adolescents, le

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