L’avenir du secteur du bio: Futur proche et long terme
III Perspectives d’avenir pour le bio
3-1 Futur proche (l’avenir du secteur du bio)
Dans ce contexte écologiquement, environnementalement, et socialement alarmant il est tout à fait naturel de se tourner vers l’avenir pour construire un bio meilleur.
Il est aujourd’hui évident que l’industrie du bio s’est déconnecté de ses racines profonde et semble avoir oublié la notion d’éthique, de santé et de respect de l’environnement en général, mais ces problèmes ne sont pas sans solutions.
D’un point de vue économique, tout indique que le secteur du bio est fait pour durer, si l’on considère la croissance de l’année 2018 (16% !) la croissance est-elle même en nette augmentation d’année en année et ce malgré le faible pourcentage de terres cultivés en bio en France (6,5%).
L’augmentation de nombre de producteurs à travers par exemple une nouvelle campagne d’aide à la conversion pourrait alors permettre de soulager la pression que subissent le peu de producteurs qui travaillent avec les industriels.
D’un autre côté l’augmentation du nombre de producteurs peut aussi permettre aux distributeurs déjà peu scrupuleux de faire jouer
Le produit bio : le marketing bio et le Greenwashing
2-2 Marketing bio et Greenwashing
Dans la continuité de cette problématique on peut à présent s’intéresser à un domaine moins pragmatique qui ne concerne pas les techniques de productions mais peut avoir un impact tout aussi important sur la population: le marketing.
Au cours de mon stage chez Léa Nature (distributeur et producteur de produit bio et naturels français) j’ai eu l’occasion de m’intéresser aux problématiques uniques qui touchent les acteurs du bio aujourd’hui en terme de marketing.
En effet le marketing représente un moyen de communication essentiel avec le consommateur et il peut être utilisé pour aider un produit de qualité à se démarquer mais il peut aussi servir à brouiller les pistes au profit des industriels peu scrupuleux.
La confusion vient principalement du fait qu’il soit autorisé de faire apparaître des allégations telles que “bio” ou “naturel” sur le packaging d’un produit sans que celui-ci ne possède de certification en réalité.
La confusion est donc très facile pour les consommateurs peu avertis qui sont à la recherche de produits plus sains.
En temps normal pour qu’un produit possède une certification, il faut que l’entreprise fasse appel à des organismes indépendants certificateurs afin de faire contrôler ses produits et obtenir des certifications tel que “Cosmebio” pour la cosmétique (secteur de mon stage).
2-1-2 L’industrialisation du bio : le désastre écologique, environnemental et social.
Sous la pression des grands groupes, la demande augmente en permanence mais les capacités de productions ne sont pas suffisantes.
Rappelons que la consommation du bio est un phénomène qui touche au moins occasionnellement la quasi-totalité des français mais que seulement 6% des terre agricoles n’en permettent la production.
De ce fait le rythme imposé par la grande distribution crée une demande qui se retrouve extrêmement concentré sur une très faible proportion de producteurs.
Dans cette course au profit les valeurs de respect de l’environnement, de l’humain et de la nature se retrouvent complètement oubliés et il est très difficile de continuer à parler de produits “bio” si l’on considère les vocations originelles du mouvement.
Les petits producteurs et les consommateurs très avertis le savent déjà très bien : ce qu’un petit producteur bio local vend directement à sa clientèle fidèle et ce qu’un groupe comme carrefour vend en bio en masse sont deux choses absolument différentes (même si cela vient de petits producteurs) qui sont
II Le bio aujourd’hui, de la paysannerie à l’industrialisation
2-1 Le bio à grande échelle, début de l’industrialisation
2-1-1 Vers un bio de masse, contexte actuel du secteur
A partir de l’entrée dans le cercle de la grande distribution, le bio a le vent en poupe, les ventes décollent et on entend même parler de mode, le bio devient tendance et cela fait vendre.
L’accès à l’information joue également un rôle important dans le développement du secteur, la démocratisation d’internet principalement permet à beaucoup de prendre conscience du caractère néfaste de l’agriculture moderne, pire encore internet permet la mise en lumière de beaucoup de scandales concernant l’agroalimentaire, vache folle, épidémie de grippe aviaire, scandale de la viande de cheval, lait à la salmonelle…
Les scandales sanitaires sont nombreux et le secteur du bio lui, rassure, avec son cahier des charge et son image naturelle tendance il semble être la solution aux problèmes du secteur agroalimentaire que tout le monde attend.
Aujourd’hui le marché du bio français représente presque 8 milliards d’euros de chiffre
1-2 Le développement du secteur, les premiers acteurs du bio français
Conjointement à ces avancées institutionnelle en faveur du bio depuis les années 40, les entreprises de leur côté ont également joué un rôle primordial dans le développement du secteur.
Pour continuer dans notre étude de l’identité du bio il apparaît alors essentiel d’étudier les premiers acteurs qui ont participés à la construction du secteur à travers l’activité entrepreneuriale.
Le commerce des produits issus de l’agriculture biologique est lié de manière inévitable à la lutte menée simultanément par les producteurs d’un côté et les consommateurs de l’autre.
L’un des précurseurs de ce domaine en France est l’entreprise La Vie Claire fondée par Henri-Charles Geffroy, un poilu gazé à la guerre qui se remet sur pied avec une alimentation végétarienne à base de fruits, légumes et céréales cultivés naturellement, fier de son rétablissement au naturel il publie un livre dans lequel il raconte son histoire et ses découvertes en matières d’alimentation ainsi qu’une revue : La Vie Claire.
Dès la fin des années 40 dans le sillon
L’agriculture biologique : naissances des courants
1-1-2 Naissances des différents courants et organisation de la profession
C’est précisément dans ce contexte de crise agroalimentaire globale que la montée du bio prend tout son sens.
Motivé par l’opposition catégorique aux excès de l’industrialisation et à l’économie productiviste, plusieurs mouvements contestataires confluents voient le jour pour avertir sur la nécessité d’agir.
Aux travaux antérieurs de Steiner énoncés précédemment (entre autres) vient s’ajouter une prise de conscience globale en faveur du respect de l’environnement et d’une meilleure qualité de vie par la société.
On peut alors y discerner très tôt d’un côté un courant avec une vision plus technique voir économique composés de distributeurs, et de l’autre côté un courant avec une démarche sociale plus globale composé principalement de médecins et consommateurs avertis qui mettent en lumière le lien entre alimentation et santé, exposant ainsi les dangers des produits de synthèse pour l’humain.
Si dans les détails les motivations divergent quelques peu, l’objectif reste cependant le même pour tous les acteurs de cette petite
1-1 Contexte et histoire de la naissance du mouvement
1-1-1 Brève histoire de l’agriculture française
Pour comprendre l’identité du bio sous tous ses aspects il est d’abord nécessaire d’étudier le contexte d’après guerres de la naissance de ce mouvement, car si le bio apparaît aujourd’hui comme un mouvement positif en marche vers un monde meilleur il est tout d’abord le résultat d’une opposition évidente aux résultats indésirables d’une économie productiviste.
Il est ainsi intéressant de comprendre le contexte socio-économique et politique qui a mené à une industrialisation massive et inévitablement destructrice du milieu agricole.
De ce fait l’origine et l’histoire du bio est intimement lié à l’histoire de la paysannerie française, la base fondamentale du bio étant l’agriculture il est évident que ce dernier est également lié à l’histoire de ses principaux acteurs (producteurs, consommateurs…).
D’un point de vue global le mouvement bio prend principalement ses racines dans le courant de la “biodynamique” dans les années 20 mais
L’alimentation bio est aujourd’hui en phénomène de société global, par conviction, effet de mode ou curiosité ce sont ¾ des français qui déclarent avoir déjà acheté un produit issus de l’agriculture biologique.
Véritable facteur de croissance de l’économie française le secteur du bio représentait en 2017 près de 8 milliards d’euros du chiffre de d’affaire.1
En l’espace de seulement 50 ans le Bio est passé d’un mouvement marginal à une véritable industrie agroalimentaire et cela semble provoquer un certain nombre de réactions contestataires.
1 Le bio : 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, Camille harel, 22/08/2018 https://www.lsa-conso.fr/le-bio-8-milliards-d-euros-de-chiffre-d-affaires-en-2017,281336
Mon intérêt pour le sujet a démarré très tôt, en effet l’alimentation bio a toujours fait partie de mon bagage personnel de par l’éducation que j’ai reçu et j’ai très rapidement revalidé ces principes dès que j’étais en âge d’avoir une analyse critique des différents modes d’alimentations et de productions possibles.
Lorsque j’utilise le mot “bio” je fais par défaut référence à la philosophie qui anime le mouvement ainsi qu’à ses applications techniques en tant que secteur professionnel.
Le bio se définit dans les grandes lignes comme un mode de production qui refuse toute utilisation de produits de synthèse et OGM, mais l’étude de son histoire peut révéler des enjeux bien plus profonds qui sont ancrés dans l’histoire de l’agriculture française même.